Plusieurs groupes environnementaux québécois se sont réunis
aujourd'huipour dévoiler leurs attentes concernant le Plan vert du
gouvernementHarper, dont la publication semble imminente.
L'Association québécoise de lutte contre la
pollutionatmosphérique, la Coalition Québec vert Kyoto,
Environnement Jeunesse,Équiterre, le Jour de la Terre, Nature
Québec, le Regroupement nationaldes conseils régionaux de
l'environnement du Québec, Sierra Club duCanada (section Québec),
Transport 2000 Québec, Vivre en ville etGreenpeace ont d'abord tenu
à rappeler que la Commissaire àl'environnement du Canada, madame
Johanne Gélinas, a indiqué dans sonrapport, publié la semaine
dernière, que le gouvernement « doit prendredes mesures immédiates
et durables sur plusieurs fronts… » afin des'attaquer au problème
des changements climatiques.
Les groupes se sont dit très inquiets des commentaires duPremier
ministre Harper exprimant que les résultats des mesures quiseraient
prises par les Conservateurs mettraient plusieurs années avantde se
concrétiser.
« Il est plus que temps de mettre fin à l'immobilisme de
cedossier. Nous avons besoin d'action et de résultats maintenant
afin deprotéger la santé de la population et l'environnement. Nous
demandonsdonc au gouvernement de proposer des mesures concrètes et
quantifiablesdans son plan d'action. Dans le contexte d'urgence
auquel nous faisonsface, se limiter à de bonnes intentions et à des
voeux pieux estinacceptable et risque de menacer encore plus la
santé de la population», ont déclaré les représentants des groupes
environnementaux.
Selon les groupes, un plan «réaliste» doit inclure, au minimum,
les quatre éléments suivants :
o Un engagement inconditionnel à respecter les objectifs
duProtocole de Kyoto d'ici 2012 et à poursuivre les
réductionsd'émissions de gaz à effet de serre (GES) par la suite.
De plus, lesgroupes s'attendent à ce que le Canada joue un rôle de
'leader' sur lascène internationale dans toutes les négociations
portant sur l'après2012.
o La mise en place d'ici 2008 d'une réglementation pour le
secteurindustriel, incluant les grands émetteurs de GES et le
secteur del'automobile, qui permettra de réduire, de façon
obligatoire, lesémissions de GES et d'autres polluants et
substances toxiques.
o L'abolition des subventions et abris fiscaux pour les secteurs
du pétrole et du gaz.
o L'engagement de publier, dans un délai de 3 mois, des
propositions deréglementations et de les adopter au plus tôt. Une
simple « intentionde règlementer » sera jugée insuffisante, voire
irresponsable.
Les groupes ont tenu à souligner qu'ils considèrent que
lespropos tenus par le Premier ministre lors de l'émission de la
CBC "TheHouse", le 17 septembre dernier, induisent la population en
erreur. «Comment peut-il affirmer que la réduction des émissions de
GESentraînera une augmentation de la pollution atmosphérique ?
Aucontraire, la plupart des mesures de réduction des émissions de
GES,parce qu'elles s'appuient essentiellement sur une meilleure
efficacitéénergétique, entraînent inévitablement une diminution de
la pollutionatmosphérique attribuable à la consommation d'énergie.
Par exemple,l'application des standards californiens sur
l'efficacité énergétiquedes véhicules, comme le propose par
ailleurs le Plan Kyoto adopté parle gouvernement du Québec,
permettra de réduire à la fois les émissionsde GES et les polluants
contribuant au smog urbain. Lancer un programmepour limiter le
smog, on est d'accord, mais il faut aussi un plan deréduction des
GES ».
« Comme le soulignait le rapport de la Commissaire
àl'environnement, les secteurs du pétrole et du gaz au Canada sont
l'unedes sources les plus importantes de l'augmentation des
émissions deGES. Nous croyons que ces compagnies, notamment à la
lumière desprofits record qu'elles encaissent, peuvent assumer le
coût de laréduction des émissions de GES. Les subventions et abris
fiscauxoctroyés à ces compagnies doivent être supprimés dans un
avenir proche», ont ajouté les représentants des groupes.
« Le gouvernement Harper est à la croisée des chemins : ou
bienil cesse de jouer à l'autruche, ou bien il fait la
démonstrationpublique de son incompétence à gérer l'un des plus
grands défisenvironnementaux de ce siècle » ont-ils conclu.