Plan du gouvernement fédéral sur KYOTO - Les groupes environnementaux québécois en ont marre

Communiqué de presse - 2 octobre, 2006
Plusieurs groupes environnementaux québécois se sont réunis aujourd’hui pour dévoiler leurs attentes concernant le Plan vert du gouvernement Harper, dont la publication semble imminente.

Plusieurs groupes environnementaux québécois se sont réunis aujourd'huipour dévoiler leurs attentes concernant le Plan vert du gouvernementHarper, dont la publication semble imminente.

L'Association québécoise de lutte contre la pollutionatmosphérique, la Coalition Québec vert Kyoto, Environnement Jeunesse,Équiterre, le Jour de la Terre, Nature Québec, le Regroupement nationaldes conseils régionaux de l'environnement du Québec, Sierra Club duCanada (section Québec), Transport 2000 Québec, Vivre en ville etGreenpeace ont d'abord tenu à rappeler que la Commissaire àl'environnement du Canada, madame Johanne Gélinas, a indiqué dans sonrapport, publié la semaine dernière, que le gouvernement « doit prendredes mesures immédiates et durables sur plusieurs fronts… » afin des'attaquer au problème des changements climatiques.

Les groupes se sont dit très inquiets des commentaires duPremier ministre Harper exprimant que les résultats des mesures quiseraient prises par les Conservateurs mettraient plusieurs années avantde se concrétiser.

« Il est plus que temps de mettre fin à l'immobilisme de cedossier. Nous avons besoin d'action et de résultats maintenant afin deprotéger la santé de la population et l'environnement. Nous demandonsdonc au gouvernement de proposer des mesures concrètes et quantifiablesdans son plan d'action. Dans le contexte d'urgence auquel nous faisonsface, se limiter à de bonnes intentions et à des voeux pieux estinacceptable et risque de menacer encore plus la santé de la population», ont déclaré les représentants des groupes environnementaux.

Selon les groupes, un plan «réaliste» doit inclure, au minimum, les quatre éléments suivants :

o Un engagement inconditionnel à respecter les objectifs duProtocole de Kyoto d'ici 2012 et à poursuivre les réductionsd'émissions de gaz à effet de serre (GES) par la suite. De plus, lesgroupes s'attendent à ce que le Canada joue un rôle de 'leader' sur lascène internationale dans toutes les négociations portant sur l'après2012.

o La mise en place d'ici 2008 d'une réglementation pour le secteurindustriel, incluant les grands émetteurs de GES et le secteur del'automobile, qui permettra de réduire, de façon obligatoire, lesémissions de GES et d'autres polluants et substances toxiques.

o L'abolition des subventions et abris fiscaux pour les secteurs du pétrole et du gaz.

o L'engagement de publier, dans un délai de 3 mois, des propositions deréglementations et de les adopter au plus tôt. Une simple « intentionde règlementer » sera jugée insuffisante, voire irresponsable.

Les groupes ont tenu à souligner qu'ils considèrent que lespropos tenus par le Premier ministre lors de l'émission de la CBC "TheHouse", le 17 septembre dernier, induisent la population en erreur. «Comment peut-il affirmer que la réduction des émissions de GESentraînera une augmentation de la pollution atmosphérique ? Aucontraire, la plupart des mesures de réduction des émissions de GES,parce qu'elles s'appuient essentiellement sur une meilleure efficacitéénergétique, entraînent inévitablement une diminution de la pollutionatmosphérique attribuable à la consommation d'énergie. Par exemple,l'application des standards californiens sur l'efficacité énergétiquedes véhicules, comme le propose par ailleurs le Plan Kyoto adopté parle gouvernement du Québec, permettra de réduire à la fois les émissionsde GES et les polluants contribuant au smog urbain. Lancer un programmepour limiter le smog, on est d'accord, mais il faut aussi un plan deréduction des GES ».

« Comme le soulignait le rapport de la Commissaire àl'environnement, les secteurs du pétrole et du gaz au Canada sont l'unedes sources les plus importantes de l'augmentation des émissions deGES. Nous croyons que ces compagnies, notamment à la lumière desprofits record qu'elles encaissent, peuvent assumer le coût de laréduction des émissions de GES. Les subventions et abris fiscauxoctroyés à ces compagnies doivent être supprimés dans un avenir proche», ont ajouté les représentants des groupes.

« Le gouvernement Harper est à la croisée des chemins : ou bienil cesse de jouer à l'autruche, ou bien il fait la démonstrationpublique de son incompétence à gérer l'un des plus grands défisenvironnementaux de ce siècle » ont-ils conclu.