Plan vert du Québec et programme Éco-Fiducie Canada

Stephen Harper essaie-t-il d’acheter la population québécoise?

Communiqué de presse - 11 février, 2007
Greenpeace accueille favorablement l’annonce faite ce matin, à Sherbrooke, par les premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest, que le gouvernement du Québec recevra 349,9 M$ du gouvernement fédéral pour financer son plan de réduction des gaz à effet de serre (GES), grâce au nouveau programme Éco-Fiducie Canada.

Greenpeace se réjouit que ce programme, doté d'une enveloppe budgétaire de 1,5 milliard de dollars, s'étende à l'ensemble des provinces qui pourront voir des projets semblables de réduction de GES financés par Ottawa.

Greenpeace estime cependant qu'avec cette annonce, faite tout juste avant le déclenchement probable d'une campagne électorale au Québec, Stephen Harper ne fait que recycler, mais avec la moitié moins de moyens, des programmes libéraux abolis dès l'arrivée au pouvoir des conservateurs, notamment le Fonds de partenariats de l'ex-ministre de l'Environnement Stéphane Dion.

« Nous sommes heureux de constater qu'après plus d'une année de négociation, Québec a finalement obtenu les sommes qui lui permettront de se rapprocher davantage des objectifs de Kyoto », a déclaré Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace au Québec.

Greenpeace s'interroge cependant sur les motivations réelles du gouvernement de Stephen Harper qui, tout en acceptant enfin de financer le plan québécois de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) grâce au nouveau programme Éco-Fiducie Canada, refuse toujours de mettre en place un plan fédéral de réduction des GES.

« Il est ironique d'entendre M. Harper parler de la mise en œuvre d'un programme qui rapproche Québec des objectifs de Kyoto, alors que sur la scène internationale, il peine à prononcer l'expression changements climatiques », lance Steven Guilbeault. « Stephen Harper cherche-t-il à s'acheter au Québec une meilleure réputation en matière environnementale? »

« Stephen Harper espère peut-être que cette annonce fera réduire un peu la tension que son gouvernement suscite au Québec, mais il se trompe », avertit Steven Guilbeault, également responsable de la campagne Climat et énergie de Greenpeace. « Ce n'est pas une question d'argent. Les Québécois veulent plus d'action dans la lutte aux changements climatiques, que ce soit au Québec ou sur la scène fédérale ».

D'autre part, Greenpeace estime que Jean Charest n'agit pas comme le premier ministre de tous les Québécois en complimentant Stephen Harper comme il l'a fait ce matin sur sa parole, son « fédéralisme d'ouverture », citant d'ailleurs la présence du Québec à l'UNESCO. « Où était ce fédéralisme d'ouverture quand il s'agissait de donner une voix au Québec à Nairobi. », lance Steven Guilbeault. « Rappelons que le même gouvernement fédéral a refusé de laisser parler le Québec à Nairobi. Jean Charest a raté une belle occasion de parler au nom de tous les Québécois et de rappeler au premier ministre Harper toute l'importance de respecter les engagements du Canada envers le Protocole de Kyoto ».

En effet, le gouvernement Harper refuse toujours de s'engager à respecter les objectifs du Protocole de Kyoto, qui sont légalement contraignants pour le Canada. Le gouvernement Harper refuse également de mettre de l'avant un plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au Canada.

Pour plus de renseignements :

Steven Guilbeault - directeur Greenpeace Québec - 514-231-2650

Jocelyn Desjardins - Communications - Greenpeace - 514-212-5749