Éric Darier, responsable de la campagne OGM au Québec, s'adresse aux journalistes face à l'Écomusée du fier monde, à Montréal. Greenpeeace et le réseau québécois contre les OGM (RQcOGM) ont déposé un mémoire auprès de la Commmission sur l'avenir de l'agricuture et de l'alimentation au Québec (CAAAQ).
Ce mémoire démontre que non seulement Québec n'a pas mis en
place l'étiquetage obligatoire des OGM, mais n'a également rien
fait au sujet de la biosécurité et, pire encore, n'envisage même
pas d'adopter un cadre de responsabilité civile stricte des
entreprises de biotechnologie responsables de la contamination
génétique dans l'environnement, alors que des contrées comme
l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Suisse et le Vermont l'ont
fait. Cette coalition profite de l'occasion pour lancer à tous les
acteurs de l'industrie et au gouvernement un urgent appel à la
précaution en matière d'organismes génétiquement modifiés ou
OGM.
La coalition exige l'adoption du principe de précaution en
matière d'OGM, telle que recommandée en vain par la Société royale
du Canada et la Vérificatrice générale du Canada. « L'étiquetage
obligatoire des OGM est un strict minimum de précaution », lance
Éric Darier, directeur de la campagne OGM de Greenpeace. « Je
m'attends à ce que les partis d'opposition à Québec forcent le
gouvernement minoritaire libéral à tenir les promesses brisées que
ce parti, alors majoritaire, avaient faites en 2003 ». Rappelons
qu'Ottawa refuse toujours de ratifier le protocole sur la
biosécurité pourtant adopté par 140 pays. Il est temps que Québec
cesse d'attendre Ottawa et… avance sur les OGM.
Jusqu'à ce jour, il y a eu de par le monde plus de 140
contaminations génétiques officiellement répertoriées depuis la
dissémination des OGM dans l'environnement. « L'agriculture
biologique et l'agriculture conventionnelle sans OGM sont souvent
les premières victimes de ces contaminations », affirme Benoit
Girouard, de l'Union paysanne. « Malheureusement, les entreprises
qui vendent ces OGM, comme Monsanto, ne sont pas tenues
responsables de la contamination. Comme en Allemagne, en Suisse ou
au Vermont, il importe que le gouvernement du Québec adopte un
régime de responsabilité stricte en matière de contamination
génétique en provenance des OGM. Il est de sa responsabilité de
protéger adéquatement les agriculteurs qui en sont victimes. Québec
devrait aussi appuyer les alternatives écologiques aux OGM ».
« Le gouvernement du Québec devrait mettre en place un système
de veille pour prévenir les risques des OGM pour la santé, basé sur
un système de traçabilité des OGM dans toute la chaîne alimentaire
», croit Nalini Vaddapalli, d'Option Consommateurs. « Ce système de
traçabilité est essentiel à un étiquetage obligatoire des OGM qui
est un droit fondamental à l'information ».
« Plus de 40 pays reconnaissent le droit fondamental des
consommateurs d'avoir accès à l'information nécessaire sur ce
qu'ils mangent en imposant l'étiquetage obligatoire des aliments
contenant des OGM », conclut Charles Tanguay, de l'Union des
consommateurs. « Il est inadmissible que le gouvernement du Québec
tarde encore à rendre l'étiquetage obligatoire. Cela ne fait
qu'alimenter les craintes des consommateurs, qui se disent que si
les gouvernements nient ce droit pourtant élémentaire, c'est qu'ils
ont quelque chose à cacher au sujet des OGM ».
(1) disponible à
www.greenpeace.org/canada/fr/documents-et-liens/documents/memoire-caaaq-rqcogm
Plus amples renseignements :
Jocelyn Desjardins, Communications, Greenpece - cell. : 514
212-5749
Éric Darier, Greenpeace - cell. : 514 605-6497
Nalini Vaddapalli, Option consommateurs - cell. : 514
241-8162
Benoit Girouard, Union paysanne - cell. : 514 605-6800
Charles Tanguay, Union des consommateurs - cell. : 514
743-0419