Pour Équiterre, Greenpeace, Nature Québec et le Regroupement national des conseils régionaux en environnement du Québec (RNCREQ), la vision d’avenir de l’agriculture proposée dans le rapport Pronovost et le rapport Saint-Pierre, qui en découle, doit servir d’assise à la mise en place d’un nouveau contrat social en agriculture. Cela permettra au secteur agricole de prendre le virage essentiel vers une agriculture plurielle, multifonctionnelle et basée sur une utilisation durable des ressources et des écosystèmes. Cette sortie coïncide avec la sortie de ce matin du rapport Ouimet sur la protection du territoire agricole et le développement régional qui, dans la foulé du rapport Pronovost, propose de renforcer le zonage agricole autour des grands centres et de l’assouplir dans les milieux ruraux.
Un leadership gouvernemental doit se manifester
Les quatre groupes environnementaux s'inquiètent de certaines
décisions récentes du gouvernement, notamment la mise en place d'un
comité bipartite ainsi que la nomination de Michel Morisset à titre
de conseiller à l'élaboration de la Politique agricole. Ces
décisions sèment le doute quant à l'intention réelle du
gouvernement d'intégrer les recommandations du rapport Pronovost
dans les politiques agricoles du Québec. Selon Christian Simard,
directeur général de Nature Québec : « La future Politique agricole
devrait soutenir une agriculture plurielle, c'est-à dire une
agriculture diversifiée par la taille de ses exploitations, par ses
méthodes de production et par la gamme des produits mis en marché.
» En ce sens, les groupes estiment que le gouvernement doit
affirmer son intention d'orienter l'agriculture vers un modèle qui
répond aux aspirations de la société québécoise exprimées lors de
la commission Pronovost.
Un appui au rapport Saint-Pierre
Les recommandations du rapport Saint-Pierre, lequel préconise
entre autres une réforme progressive du programme d'assurance
stabilisation du revenu agricole, devraient aussi être mises de
l'avant. En effet, il est temps que le soutien financier aux
entreprises agricoles soit ajusté aux impératifs du développement
durable. Les propositions du rapport Saint-Pierre, telle la mise en
place d'un régime de protection du revenu global de l'exploitation,
l'instauration de contrats multifonctionnels offrant, entre autres,
des incitatifs pour le maintien d'une surface en aire protégée et
le renforcement de la fonction environnementale de l'agriculture,
et l'écoconditionnalité de l'aide s'inscrivent dans cette voie.
Pour ceux qui craindraient la disparition de fermes lors de ce
virage, le rapport Saint-Pierre prévoit de l'accompagnement et des
services conseils aux producteurs agricoles pour les orienter vers
des entreprises performantes, des modifications de production, de
la transformation à la ferme, le passage à l'agriculture biologique
certifiée. Selon Philippe Bourke, directeur général du RNCREQ, «
L'ensemble de la Politique agricole doit converger vers des mesures
qui assureront une meilleure protection environnementale, notamment
de l'eau, le respect de la capacité de support des rivières et
viser la réduction des émissions de gaz à effet de serre. »
Vers une écoconditionnalité efficace
Sur ce dernier point, les groupes rappellent que la commission
Pronovost recommandait, tout comme le Commissaire au développement
durable, que l'application de l'écoconditionnalité soit appliquée,
non plus uniquement au bilan de phosphore, mais aussi à de
nouvelles exigences reposant tant sur le respect de la
réglementation environnementale que sur l'adoption de bonnes
pratiques. Pour Christian Simard : « On ne peut plus accepter de
soutenir une agriculture qui contribue à la détérioration de
l'environnement. Le soutien à l'agriculture se doit d'être
assujetti à l'écoconditionnalité dans un processus transparent et
dont les effets sur l'environnement sont mesurables. On doit
encourager financièrement les pratiques agricoles durables et
décourager celles qui ne le sont pas. »
Une agriculture multifonctionnelle et favorable à
l'environnement
La multifonctionnalité de l'agriculture doit également être
reconnue et intégrée dans la prochaine Politique agricole. Pour
Sidney Ribaux, coordonnateur général d'Équiterre : « Le
gouvernement doit mettre en oeuvre les recommandations du rapport
Pronovost afin de valoriser les produits locaux, et
particulièrement les produits locaux certifiés biologiques, tout en
soutenant l'ensemble des producteurs qui tentent de diversifier
l'offre de produits québécois. » Le développement de circuits
courts de distribution alimentaire et l'accès aux étalages des
épiceries pour les produits québécois doivent être priorisés afin
de réduire le kilométrage alimentaire et les émissions de gaz à
effet de serre engendrés par le transport de ces denrées.
Enfin, les producteurs biologiques ne doivent pas avoir à subir
la contamination de leurs cultures par les OGM. Selon Éric Darier,
directeur de Greenpeace au Québec : « Le gouvernement doit donner
le pouvoir aux régions de devenir des zones sans OGM comme le
recommande le rapport Pronovost afin de protéger les écosystèmes et
la biodiversité agricole de la contamination génétique provenant
des OGM. »
Le Québec a changé, l'agriculture doit aussi le faire. Voilà
pourquoi un nouveau contrat social fondé sur le développement d'une
agriculture durable doit être au coeur de la future Politique
agricole québécoise.
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Information : Mylène Bergeron, Nature Québec, 418 648-2104 poste
2074 ou 418-931-1131
Éric Darier, Greenpeace, 514 605-6497
Éveline Trudel-Fugère, Équiterre, 514 605-2000
Marie-Line Gagné, RNCREQ, 514 861-7022 poste 24