Communiqué de presse - 6 octobre, 2009
Montréal, le 6 octobre 2009 — L’influent avocat Brian Beresh s’inquiète du fait que le premier ministre de l’Alberta, Ed Stelmach, utilise inconstitutionnellement son statut politique afin d’exercer une influence sur le système judiciaire et bafoue le droit des activistes de Greenpeace à un procès équitable.
Commentant l'action menée par Greenpeace sur les sites de Shell
en Alberta de la fin de semaine dernière, les médias locaux et
nationaux indiquaient qu'Ed Stelmach aurait « fortement critiqué »
l'action et « qu'il s'assurerait que le nécessaire soit fait pour
que les transgresseurs soient punis autant que la loi le permette
». Le premier ministre de l'Alberta a également annoncé « qu'il
travaillait de près avec le Procureur général de la province pour
envoyer un message clair en ce sens ». Les réactions d'Ed Stelmach
survenaient deux jours avant que le Procureur général déclare des
allégations semblables.
Ce matin, lors de la conférence de presse tenue par Greenpeace,
Brian Beresh, l'avocat principal principal du cabinet Beresh
Cunningham qui pratique le droit depuis plus de 30 ans, a dit que
les propos tenus par Ed Stelmach tendent à criminaliser le
mouvement écologique pacifique et soulèvent des questions de droit
constitutionnel, d'interférence politique, de liberté d'expression,
et de capacité des activistes à obtenir des procès équitables en
Alberta. Les propos d'Ed Stelmach dérangent particulièrement, car
ils surviennent au moment où 16 activistes sont inculpés suite à
leur participation à l'action contre Shell.
« Je ne vois pas pourquoi le gouvernement traite mes clients
comme des criminels alors qu'ils exercent simplement leur droit de
parole dans une société libre et démocratique », a affirmé Me
Beresh. En outre, « M. Stelmach suggère de se servir de la loi au
profit de certaines personnes. Une telle allégation montre bien que
le premier ministre de l'Alberta ignore les limites de son pouvoir
et que notre système de justice ne peut subir des interférences ou
se voir manipulé pour des raisons politiques. »
Au total, 37 activistes ont été arrêtés lors des trois dernières
semaines alors qu'ils prenaient part à des actions de désobéissance
civile non violentes visant à dénoncer les crimes humains et
écologiques de l'industrie des sables bitumineux. Plusieurs avocats
de l'Alberta ont critiqué les propos tenus par le ministre
Stelmach. « Il s'agit bel et bien d'un cas d'interférence
politique, affirme Sanjiv Anand, professeur de droit à l'Université
de l'Alberta. Le premier ministre de l'Alberta semble se faire le
porte-voix de l'industrie des sables bitumineux. »
« Nous avons tous appris dès la petite école qu'il est essentiel
pour notre démocratie de veiller à la séparation entre le politique
et le juridique, affirme Virginie Lambert Ferry, responsable de la
campagne Climat-Énergie. Je suis très fière que tous les activistes
aient eu le courage de tenir tête à l'industrie pétrolière.
J'espère simplement que le premier ministre et que nos leaders
mondiaux feront de même ».
Pour plus d'information :
Catherine Vézina, Communication/Relations publiques,
Greenpeace : 514- 212-5749
Virginie Lambert Ferry, Responsable de la campagne
Climat-Énergie, Greenpeace : 514-217-5438