Alors que Québec atteindra les objectifs de Kyoto en 2012

Ottawa fait trop peu, trop tard

Communiqué de presse - 5 décembre, 2007
Greenpeace accueille favorablement les nouvelles cibles chiffrées de réduction de gaz à effet de serre (GES), annoncées aujourd’hui par le gouvernement du Québec en préparation à la Conférence de Bali, et qui ont pour but d’atteindre nos engagements envers le protocole de Kyoto. En effet, Québec souhaite réduire ses émissions de GES de 6 % d’ici 2012 et ce, sous les niveaux enregistrés en 1990.

« Le plan de Québec est aux antipodes de celui d'Ottawa », explique Arthur Sandborn, responsable de la campagne Climat et Énergie de Greenpeace. « Trois ans après l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, Ottawa refuse toujours d'atteindre les cibles de réduction chiffrées prévues dans cette entente internationale. Or, l'atteinte rapide de ses cibles conjuguées avec les résultats éventuels de la taxe sur les hydrocarbures donne une chance réelle à Québec d'atteindre les objectifs de Kyoto ».

Les nouvelles mesures annoncées par la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, visent l'élimination de quelque 4,5 M de tonnes de plus de GES d'ici 2012. Ces mesures couvrent autant l'efficacité énergétique que la conversion du mazout lourd vers des sources d'énergie plus propres ou renouvelables, la captation d'émissions produites par les matières résiduelles, le transport, les nouvelles technologies, etc.

« Le plan de Québec constitue sans l'ombre d'un doute un pas dans la bonne direction », lance Arthur Sandborn. Cependant, Greenpeace rappelle au gouvernement du Québec que la réduction de 6 % telle que projetée doit être atteinte avant 2012 pour officiellement rencontrer les objectifs de Kyoto, ce qui représente une réduction moyenne de 6 % entre 2008 et 2012. « Il faut mettre les bouchées doubles et agir rapidement. Attendre à la dernière minute pour la mise en place de ces mesures ne constitue tout simplement pas une option ».

Greenpeace constate malheureusement que les efforts déployés par le gouvernement du Québec ne permettront pas au Canada de respecter ses engagements internationaux, car ces efforts se heurtent continuellement aux tentatives de sabotage du protocole de Kyoto par le gouvernement conservateur de Stephen Harper. « Le Canada doit changer de direction et tout faire pour atteindre les objectifs tels que prescrits dans le Protocole de Kyoto », exige Arthur Sandborn. « Le Canada figure au rang des pires pays en matière de lutte aux changements climatiques.

Avec des augmentations de GES de 25 % en 17 ans au Canada, en grande partie en raison de l'utilisation du pétrole et du gaz naturel ainsi que l'exploitation des sables bitumineux, les efforts des Québécois et de leur gouvernement ainsi que ceux d'autres acteurs canadiens pour réduire les émissions de GES se retrouvent complètement anéantis ».

Greenpeace invite Ottawa, lors de la Conférence des parties sur les changements climatiques de Bali, à briser son isolement sur la scène internationale et à rejoindre la vaste majorité des pays industrialisés dans la lutte aux changements climatiques.

Pour plus de renseignements :

Jocelyn Desjardins, Communication/relations publiques, Greenpeace - 514-212-5749

Arthur Sandborn, Campage Climat et Énergie, Greenpeace - 514-235-5955