«Québec présente aujourd'hui une cible insuffisante compte tenu
qu'il a tout en main pour être bon premier, mais il assoit son rôle
de chef de file en Amérique du Nord. Grâce à son immense potentiel
en termes d'efficacité énergétique et en énergies vertes le Québec
est la province canadienne la mieux placée pour atteindre une
réduction d'au moins 25% en 2020», affirme André Bélisle
porte-parole de QuébecKyoto et président de l'AQLPA. Les groupes
saluent toutefois l'intention de Québec de faire comme l'Europe qui
s'est engagée à faire passer ses réductions à moins 30% dans
l'éventualité où les autres pays industrialisés feraient des
efforts comparables.
La communauté scientifique internationale représentée dans le
GIEC est unanime: les pays industrialisés doivent réduire d'au
moins 25 à 40% leurs émissions de GES sous le niveau de 1990 d'ici
2020 sinon nous risquons la catastrophe climatique. «Pourquoi le
Québec ne prend-t-il pas exemple sur d'autres pays industrialisés
comme le Japon, la Suède, la Norvège ou l'Allemagne, qui se sont
fixés des cibles plus ambitieuses?», s'interroge Virginie Lambert
Ferry de Greenpeace. «Pourtant, l'avenir appartient à ceux qui
sauront se libérer du pétrole», ajoute André Bélisle, «le Québec
doit réviser sa cible à la hausse, abandonner l'idée d'acheter des
crédits hors Québec et prendre résolument la voie d'un véritable
développement économique vert.»
NON AUX CREDITS CARBONE
Outre la fixation d'une cible de réduction insuffisante, la
proposition gouvernementale est critiquée pour son manque d'actions
ciblées en sol québécois. En effet, le gouvernement mise sur
l'achat de crédits carbone à l'extérieur plutôt que de concentrer
la totalité des efforts de réduction au Québec. «C'est l'admission
d'un double échec», mentionne Arthur Sandborn Responsable climat au
RQGE, «car non seulement le Québec ne réduira pas suffisamment ses
émissions en proposant des réductions de 20% mais les réduira
encore moins sur son propre territoire en profitant des réductions
réelles accomplies par d'autres.» Force est de constater que le
Québec rejette l'idée de se libérer des combustibles fossiles.
UNE CIBLE DE RÉDUCTION DE 25% OU PLUS !
C'est possible, réaliste et souhaitable. L'argument voulant que
le Québec fasse déjà sa part et ne soit donc pas obligé de faire
autant qu'ailleurs au Canada est critiqué de toute part. En 2012,
les émissions de GES au Québec devraient être à moins 6% par
rapport à l'année de référence de 1990. Pour atteindre une
réduction d'au moins 25% en 2020, le Québec n'a, dans les faits,
qu'à réduire que d'un 19 % supplémentaire. À titre comparatif, les
provinces de l'Alberta et la Saskatchewan, aux prises avec des
énergies sales, devront réduire de plus de 50% leurs émissions pour
assurer leur juste part de l'effort de réduction des GES du Canada.
Tout compte fait, les efforts de réduction québécois sont modestes
pour un territoire privilégié.
UN PLAN POUR S'ATTAQUER AUX TRANSPORTS EN PRIORITÉ
Les groupes rappellent qu'il est urgent pour le Québec de
produire un plan d'action 2013-2020 qui permettra d'atteindre les
objectifs susmentionnés et s'attaquera de manière prioritaire au
secteur des transports, responsable de 40% des émissions de GES au
Québec. Il faut donc des actions vigoureuses dans ce secteur comme
le développement du transport en commun, le transfert modal, la
réduction de l'usage du transport par route et l'électrification
progressive des transports. L'économie d'énergie, l'efficacité
énergétique ainsi que le développement d'énergies vertes, telles
l'énergie éolienne, l'énergie solaire et la géothermie, doivent
aussi être privilégiés et accélérés.
De plus, les groupes rappellent au gouvernement qu'une réduction
ambitieuse doit être envisagée non pas comme un frein au
développement mais bien au contraire, comme le début d'une
révolution énergétique et l'émergence d'une économie verte prospère
pour le Québec et la planète.
Pour de plus amples informations :
André Bélisle, président de l'AQLPA et porte-parole de
QuébecKyoto: (418) 386-6992
Virginie Lambert Ferry, Responsable Campagne Climat-Énergie,
Greenpeace, (514) 217-5438
Arthur Sandborn, Responsable climat RQGE : (514) 235-5955