Réactions de Greenpeace au rapport financier d’AbitibiBowater

AbitibiBowater prend des risques

Communiqué de presse - 27 février, 2008
Les récents résultats financiers d’AbitibiBowater amènent Greenpeace à s’interroger sur la direction que prend cette compagnie forestière. Greenpeace estime en effet qu’AbitibiBowater prend de sérieux risques, tant sur le plan financier qu’environnemental, en continuant de nier ses pratiques forestières destructrices, et en n’y apportant pas de changement dans l’immédiat.

Selon Greenpeace, de nombreux clients d'AbitibiBowater se sont montrés préoccupés par l'attitude d'une entreprise qui tarde à mettre en place des solutions concrètes dans la forêt. « Ce faisant, AbitibiBowater prend des risques financiers et environnementaux. Avec pour résultat que la confiance des clients corporatifs de cette entreprise diminuent », lance Mélissa Filion, responsable de la campagne forêt boréale de Greenpeace.

On peut lire sur le site d'AbitibiBowater que celle-ci est déterminée à mener ses activités dans une perspective inégalée de durabilité. « Or, rien n'indique que celle-ci prend cet engagement au sérieux », reprend Mélissa Filion. Selon Greenpeace, des clients ont déjà commencé à réduire leurs achats chez AbitibiBowater parce que cette compagnie continue de couper dans les dernières zones intactes de la forêt boréale du Québec et de l'Ontario .

Depuis plusieurs mois, Greenpeace discute avec d'importants clients d'AbitibiBowater. Ces derniers proviennent de différents pays et de secteurs d'activités, dont les produits du bois, du papier journal et des papiers d'impression. «La compagnie est à la recherche de stabilité financière, mais tarde à démontrer à ses clients qu'elle agit pour préserver les dernières forêts intactes », juge Mélissa Filion.

Le 22 février 2008, le gouvernement du Québec rendait publique la liste des contrevenants à la Loi sur les forêts et AbitibiBowater a obtenu la palme de plus important contrevenant à cette loi. AbitibiBowater s'est en effet rendue coupable de 77 infractions à la loi et devra payer une somme totale de plus de 190 000$, notamment pour avoir coupé du bois hors du secteur prescrit au permis d'intervention. « Il n'est pas surprenant de voir qu'AbitibiBowater se classe au premier rang de cette liste», affirme Mélissa Filion. « Le comportement de pilleurs d'AbitibiBowater est maintenant confirmé par le gouvernement du Québec». Cette situation est d'autant plus déplorable que le président de la compagnie, John Weaver, a reçu une prime au rendement de 5,8 M$ alors même qu'il fait courir une situation risquée à cette entreprise.

Une analyse réalisée par Global Forest Watch Canada révèle que près de 73 % des territoires forestiers sous aménagement d'AbitibiBowater ont été fragmentés ou dégradés. Greenpeace demande à la compagnie de mettre en réserve ses droits de coupe en forêt intacte, le temps que l'on se dote d'un véritable réseau d'aires protégées et de commencer à pratiquer dès maintenant une foresterie durable. Greenpeace entend continuer de mobiliser clients et actionnaires de cette compagnie forestière d'ici à ce que celle-ci change ses pratiques.

Pour plus de renseignements :

Mélissa Filion, campagne Forêt boréale, Greenpeace- 514-581-8216

Jocelyn Desjardins, Communications/Relations publiques-514-212-5749