Communiqué de presse - 3 mai, 2007
Les multinationales des OGM ont accusé hier un très dur coup et un important revers judiciaire. En effet, un juge californien a reconfirmé une décision qu’il avait rendue précédemment, à savoir que le gouvernement américain n’a pas suivi ses propres règles d’évaluation des OGM et, en particulier, de la luzerne OGM (Roundup Ready) de Monsanto. Le jugement d’hier rend donc permanente une interdiction qui était jusque-là temporaire. La luzerne OGM de Monsanto ne peut donc plus être vendue partout aux États-Unis. La luzerne déjà ensemencée sera soumise à des conditions de contrôle pour éviter la contamination génétique.
Dans un jugement extrêmement sévère, le juge Charles Breyer
réaffirmeque cette semence OGM peut nuire à l'environnement et
contaminer touteluzerne plantée naturellement. Il réaffirme
également que leDépartement américain de l'Agriculture a failli à
ses responsabilitésen ignorant le fait que des doutes existaient
sur la possibilité decontamination par cette semence OGM. Il
demande de plus auxcompagnies de faire connaître, d'ici 30 jours,
les emplacements de tousles champs de luzerne OGM Roundup Ready de
Monsanto, aux États-Unis. Lejuge demande également à ces compagnies
de rendre ces informationspubliques dès que possible afin que les
cultivateurs de luzerneconventionnelle et de luzerne OGM puissent
évaluer si leurs champs ontété contaminés ou non. En frappant
d'interdiction cette semence, lejuge Breyer fait de plus valoir que
la contamination de la luzernenaturelle par la luzerne OGM est déjà
en cours, « qu'une tellecontamination fait d'irrémédiables torts à
l'environnement » et « qu'ilest désormais impossible de revenir en
arrière ».
La luzerne OGM de Monsanto est autorisée au Canada depuis le
7septembre 2004. « Elle a été évaluée sur des bases similaires
auxméthodes américaines, que même la Société royale du Canada a
jugé, en2001, peu rigoureuses sur le plan scientifique », affirme
Éric Darier,responsable de la campagne contre les OGM pour
Greenpeace. « On estdonc en droit de douter du sérieux des
évaluations des OGM qu'Ottawa aentreprises ».
Dans un rapport transmis au gouvernement, la Société royale du
Canada arecommandé en vain 58 mesures de précaution concernant les
OGM. Les quatorze experts de cette organisation - la plus haute
instancescientifique indépendante au Canada - avaient entre autres
déplorél'absence de transparence dans les évaluations des OGM. En
effet,pratiquement toutes les données fournies - par les mêmes
entreprisesqui souhaitent faire autoriser les OGM - sont
confidentielles. Aucunscientifique ne peut y avoir accès.
« Il aura fallu un juge aux États-Unis pour confirmer les
pirescraintes que la Société royale a exprimées en 2001 », reprend
ÉricDarier. « Greenpeace exige que le gouvernement canadien
retireimmédiatement l'autorisation de cette luzerne OGM et applique
les mêmesmesures qu'a décrétées ce juge en Californie. Le
gouvernementdoit ensuite réellement mettre en place les 58
recommandations de laSociété royale du Canada et, en attendant,
suspendre toutes lesautorisations d'OGM au pays ».
Greenpeace met en garde Ottawa quant à l'impact qu'un
laisser-fairecanadien pourrait avoir sur les marchés
internationaux. « Si legouvernement ne prend pas des mesures
immédiates concernant cetteluzerne OGM, le Canada risque désormais
de devenir LE pays de dumpingdes semences de luzerne OGM », prévoit
Éric Darier.
VVPR info: Pour plus de renseignements :Éric Darier, responsable campagne OGM, Greenpeace : 514-605-6497Jocelyn Desjardins, Communications – Relations publiques : 514-212-5749http://blogues.greenpeace.ca/
Exp. contact date: 2007-05-10 00:00:00