« Au lieu d'annoncer une tournée des plans d'eau affectés par
une contamination aux algues bleues, la ministre de
l'Environnement, Line Beauchamp aurait dû annoncer une tournée de
ses collègues au cabinet afin que Québec cesse de se mettre la tête
dans le sable et prenne des mesures plus vigoureuses et
contraignantes pour résoudre la contamination à la source »,
déclare Éric Darier, coordonnateur national de la campagne
Agriculture de Greenpeace.
Selon Greenpeace, la ministre Beauchamp vient de rater une
occasion inouïe de résoudre ce dossier. L'immobilisme du
gouvernement est d'autant plus inacceptable qu'il existe depuis des
années des rapports du Ministère de l'Environnement qui identifient
la cause réelle des problèmes. « Québec n'annonce rien ce matin et
remet à septembre la possibilité d'une annonce de nouvelles
mesures, mais sans en préciser l'étendue », ajoute Éric Darier.
« Cela veut-il dire que l'entente que Québec a signée avec l'UPA,
qui exclut toute nouvelle mesure environnementale en agriculture,
tient toujours? Ou cela veut-il dire que le gouvernement essaie de
gagner du temps en espérant qu'en septembre l'opinion publique ne
se souviendra plus des algues bleues? »
De plus, Greenpeace se demande pourquoi, alors que les mauvaises
pratiques agricoles sont à l'origine de plus de 75 % des excédents
de phosphore dans certains de nos rivières et de nos lacs, le
Ministère de l'Agriculture n'avait délégué personne pour
accompagner la ministre de l'Environnement lors de sa conférence de
presse. « Est-ce que la ministre Beauchamp sert de paravent pour le
MAPAQ et l'UPA ? »
Selon Greenpeace, il est grand temps de changer un modèle
agricole qui, après plus de 40 ans, n'est toujours pas capable
d'éviter les pollutions. « On nous dit depuis des décennies que le
milieu agricole fait des efforts, mais malheureusement, les mesures
entreprises n'ont pas permis d'éliminer les craintes
environnementales. Il faut que le gouvernement et l'UPA arrêtent
de promouvoir un modèle agricole industriel qui n'est plus viable
pour l'environnement ».
Parlant d'immobilisme, la ministre Beauchamp n'a pas annoncé
l'interdiction des détergents à base de phosphate, comme Greenpeace
le demande depuis le début de cette crise. « Ce serait pourtant un
bon moyen de résoudre une partie des rejets de phosphore
spécialement autour des lacs de villégiature comme le lac Tremblant
par exemple. Depuis 35 ans, les producteurs de détergents de
lave-vaisselle bénéficient eux aussi, comme l'Union des producteurs
agricoles, d'une exemption. Il est temps de mettre fin aux
exemptions de toutes sortes, aux ententes à-plat-ventristes de
toutes sortes que le gouvernement du Québec octroie aux véritables
polleurs de nos lacs et cours d'eau », reprend Éric Darier.
Enfin, Greenpeace rappelle que le seul fait qu'il y ait 85 lacs
contaminés est dû à la vigilance des résidents autour de ces lacs
et non pas aux mesures proactives du ministère de l'Environnement
qui ne fait pas d'inspection systématique des autres 500 000 lacs
au Québec. « La crise actuelle n'est que la pointe de l'iceberg »,
conclut Éric Darier.
Pour plus
derenseignements :
Éric Darier, campagneAgriculture, Greenpeace, cell. : (514)
605-6497.
JocelynDesjardins, Communications-Relations publiques,
Greenpeace, cell. :(514) 212-5749