Communiqué de presse - 13 septembre, 2009
L’idée de la taxe carbone, qui s’appelle en France, la Contribution Climat Energie, est d’inciter à la sobriété et à l’efficacité énergétique en matière de consommation et, en terme de production, de diminuer les émissions polluantes et d’inciter au développement des énergies propres et renouvelables.
C'est une très bonne initiative à condition que le prix du
carbone ne soit pas trop faible et que la taxe s'applique à un
champ large de secteurs sans exclure certains secteurs. En bref,
tout dépend de la taxe carbone qu'on met en place.
En France, le prix du carbone a été fixé a 17 euros la tonne de
carbone mais son prix doit augmenter progressivement. C'est un prix
de départ faible. Par comparaison, la société civile française
(ONG, syndicats, monde, entreprises, administration…) avait
souhaité de manière commune que son prix de base soit fixée à 32
euros la tonne, soit le double de ce que le président Sarkozy a
décidé.
En savoir plus sur la Taxe du président
Sarkozy
L'Allemagne a imposé une taxe carbone sous évaluée qui n'a pas
marché, la Suède au contraire a fait le bon choix et a permis de
réduire ainsi substantiellement ses émissions de gaz à effet de
serre.
Par ailleurs, le système français fait échapper le secteur de
l'électricité à cette taxe carbone arguant du fait que la majeure
partie de l'électricité française provient du nucléaire, une
énergie qui, en dépit des très nombreux problèmes qu'elle pose,
n'émet pas de gaz à effet de serre. Il est regrettable que
l'électricité soit exemptée de la Contribution Climat Energie
française dont le but est de faire des économies d'énergie et de
l'efficacité énergétique.
Le gouvernement Harper est fermement opposé à ce type de taxe
carbone. Elle est un pourtant un élément important pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre, notamment au Canada. Il en
existe déjà une en Colombie-Britannique et une au Québec qui
fonctionnent de manière différente et qui ne s'appliquent pas aux
mêmes secteurs. Celle de Colombie-Britannique s'applique à de
nombreux secteurs, mais pas celle du Québec qui s'applique aux
produits a l'entrée aux frontières de la province.
Une taxe carbone étendue à tous les secteurs polluants
permettrait d'envoyer un message clair aux industries et à la
population. Il est temps d'entrer dans l'ère de l'après pétrole et
des énergie renouvelables et de la sobriété énergétique, nous
devons diminuer nos émissions de gaz a effet de serre.
La taxe carbone n'est pas le seul moyen. Pour permettre une
réelle réduction des émissions de gaz à effet de serre, il est
nécessaire qu'elle soit combinée avec un mécanisme de marché
d'émissions et de quotas de carbone. Le gouvernement Harper planche
sur un de ces systèmes qui devrait sortir à l'automne.
Malheureusement, les échos qu'on a sur le projet, sont très
inquiétants, le gouvernement cherchant à trouver des moyens
permettant à l'industrie pétrolière d'échapper au système de marché
du carbone et donc à une réduction importante des émissions de gaz
à effet de serre dont elle est pourtant responsable.