Un pas en avant, 2 pas en arrière

Communiqué de presse - 3 mai, 2006
Équiterre et Greenpeace dénoncent la timidité de la nouvelle stratégie énergétique du gouvernement Charest, à prendre résolument le tournant du développement durable et atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto. Les écologistes déplorent ainsi les décisions passéistes du gouvernement, peu tournées vers l’avenir.

Le seul développement énergétique majeur de cette politique c'est l'hydroélectricité.

Or les deux organismes s'interrogent sur la pertinence d'une telle décision. En effet, la capacité des barrages à stoker de l'énergie pourrait être compromise si on prend en compte les impacts des changements climatiques. De plus, « la construction de nouveaux barrages entraînera inévitablement l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre du Québec » remarque Steven Guilbeault, Directeur de Greenpeace au Québec. Selon les groupes écologistes, c'est l'efficacité énergétique, et non pas l'hydroélectricité, qui aurait dû être privilégiée et retenir l'attention du gouvernement.

Il est difficile de comprendre comment les émissions de gaz à effet de serre du Québec vont diminuer si l'on développe des combustibles fossiles au Québec, soit par l'exploration gazière du Fleuve St-Laurent, soit par l'exploration pétrolière ou par celle des ports méthaniers. « Comme nous l'avons déjà fait dans le cas du Suroît, nous allons démontrer que ces filières n'ont pas leur place au Québec » déclare Hugo Séguin, coordonnateur communication et changements climatiques chez Équiterre. « Il existe beaucoup de mythes notamment quant aux vertus du gaz naturel liquide, nous allons remettre les pendules à l'heure. La réduction des émissions de GES de 9.4 Mt dans le secteur énergétique constitue-t-elle vraiment une réduction ou est-ce un calcul théorique basé sur nos exportations à venir? » ajoute t-il.

Plusieurs mesures tournées vers le futur

L'annonce d'un nouvel appel d'offre de 500 MW pour l'éolien « communautaire » est une bonne nouvelle pour les écologistes. « Cette démarche permettra aux municipalités, aux MRC et aux Premières nations d'avoir accès à cette source d'énergie propre et à faible coût comme c'est déjà le cas dans d'autres pays comme le Danemark» remarque M. Séguin.

Sur le plan des transports, Equiterre et Greenpeace se réjouissent de plusieurs mesures du gouvernement, et notamment de sa volonté d'adopter les normes californiennes en matière de consommation d'énergie des véhicules. Ils déplorent en revanche l'absence de plan quant à l'électrification des systèmes de transport en commun, ce qui permettrait pourtant de réduire l'utilisation de carburants fossiles dans le secteur des transports et ainsi, de réduire la pollution atmosphérique et les GES.

« Malgré nos critiques, nous reconnaissons que certains éléments de cette stratégie énergétique sont intéressants, comme l'intention de modifier les codes du bâtiment ou de recourir à la géothermie et au solaire. Toutefois, il faudra s'assurer que nous aurons les moyens d'atteindre ces objectifs » conclut Steven Guilbeault.

Enfin, Equiterre et Greenpeace saluent le rôle plus important que jouera dorénavant l'Agence de l'efficacité énergétique.

Other contacts: Hugo Séguin, Équiterre, (514) 247-1006Steven Guilbeault, Greenpeace, (514) 231-2650Pour plus de renseignements...http://www.greenpeace.org