Le seul développement énergétique majeur de cette politique
c'est l'hydroélectricité.
Or les deux organismes s'interrogent sur la pertinence d'une
telle décision. En effet, la capacité des barrages à stoker de
l'énergie pourrait être compromise si on prend en compte les
impacts des changements climatiques. De plus, « la construction de
nouveaux barrages entraînera inévitablement l'augmentation des
émissions de gaz à effet de serre du Québec » remarque Steven
Guilbeault, Directeur de Greenpeace au Québec. Selon les groupes
écologistes, c'est l'efficacité énergétique, et non pas
l'hydroélectricité, qui aurait dû être privilégiée et retenir
l'attention du gouvernement.
Il est difficile de comprendre comment les émissions de gaz à
effet de serre du Québec vont diminuer si l'on développe des
combustibles fossiles au Québec, soit par l'exploration gazière du
Fleuve St-Laurent, soit par l'exploration pétrolière ou par celle
des ports méthaniers. « Comme nous l'avons déjà fait dans le cas du
Suroît, nous allons démontrer que ces filières n'ont pas leur place
au Québec » déclare Hugo Séguin, coordonnateur communication et
changements climatiques chez Équiterre. « Il existe beaucoup de
mythes notamment quant aux vertus du gaz naturel liquide, nous
allons remettre les pendules à l'heure. La réduction des émissions
de GES de 9.4 Mt dans le secteur énergétique constitue-t-elle
vraiment une réduction ou est-ce un calcul théorique basé sur nos
exportations à venir? » ajoute t-il.
Plusieurs mesures tournées vers le futur
L'annonce d'un nouvel appel d'offre de 500 MW pour l'éolien «
communautaire » est une bonne nouvelle pour les écologistes. «
Cette démarche permettra aux municipalités, aux MRC et aux
Premières nations d'avoir accès à cette source d'énergie propre et
à faible coût comme c'est déjà le cas dans d'autres pays comme le
Danemark» remarque M. Séguin.
Sur le plan des transports, Equiterre et Greenpeace se
réjouissent de plusieurs mesures du gouvernement, et notamment de
sa volonté d'adopter les normes californiennes en matière de
consommation d'énergie des véhicules. Ils déplorent en revanche
l'absence de plan quant à l'électrification des systèmes de
transport en commun, ce qui permettrait pourtant de réduire
l'utilisation de carburants fossiles dans le secteur des transports
et ainsi, de réduire la pollution atmosphérique et les GES.
« Malgré nos critiques, nous reconnaissons que certains éléments
de cette stratégie énergétique sont intéressants, comme l'intention
de modifier les codes du bâtiment ou de recourir à la géothermie et
au solaire. Toutefois, il faudra s'assurer que nous aurons les
moyens d'atteindre ces objectifs » conclut Steven Guilbeault.
Enfin, Equiterre et Greenpeace saluent le rôle plus important
que jouera dorénavant l'Agence de l'efficacité énergétique.
Other contacts: Hugo Séguin, Équiterre, (514) 247-1006Steven Guilbeault, Greenpeace, (514) 231-2650Pour plus de renseignements...http://www.greenpeace.org