Au cœur de l’Amazonie brésilienne, le peuple Munduruku se bat contre un projet de nouvelle centrale hydro-électrique. Celle-ci nécessiterait la construction du barrage de São Luiz do Tapajós, sur la rivière Tapajós, au bord duquel les Mundurukus vivent depuis des siècles. Siemens, tout comme d’autres entreprises, pourrait être impliquée dans ce projet. Nous lui demandons de ne pas y participer.

Le problème

Le barrage de São Luiz do Tapajós, s'il voit le jour, inondera une partie importante de la forêt, entraînant le déplacement de plusieurs villages des Mundurukus, un peuple indigène. Ce n’est pas tout : le barrage entravera le cours de la rivière dont ce peuple dépend pour sa nourriture et le transport. Bref, c’est la vie des Mundurukus et la nature exceptionnelle du Rio Tapajós qui est en jeu.

Barrage de Belo Monte

Un tel scénario catastrophe ne semble pas arrêter le gouvernement brésilien, très friand de tels projets pour la production d’électricité du pays. Pour les construire, différents prestataires de services pourraient être impliqués dont Siemens qui, notamment par le biais de sa joint-venture avec Voith, pourrait fournir les turbines et les génératrices pour les centrales hydro-électriques.

Siemens doit se retirer, ouvertement et dès aujourd’hui, de ce barrage. De telles constructions, au cœur d’un écosystème fragile comme l’Amazonie, menacent la survie des peuples indigènes comme les Mundurukus et d’autres communautés locales. Dans pareil cas, un barrage hydro-électrique ne peut être considéré comme de l’« énergie propre ». Le projet ne tient la route ni économiquement, ni écologiquement, ni socialement.  

La solution

Le Brésil n’a absolument pas besoin du barrage sur le Rio Tapajós pour produire de l’électricité en quantité suffisante. Cette énergie peut parfaitement provenir de sources solaire et éolienne, technologies dans lesquelles Siemens est un leader mondial. L’entreprise devrait plutôt promouvoir celles-ci pour aider le Brésil à mettre sur pied un avenir énergétique durable.

Si on lit tout ce que Siemens déclare à propos de l’énergie renouvelable, la protection du climat et les droits de l’homme, on pourrait penser que c’est une des entreprises les plus progressistes au monde. A elle de faire ses preuves aujourd’hui. Si nous arrêtons Siemens, nous enverrons par la même occasion un message sans ambiguïté aux autres grosses sociétés concernées, comme General Electric et Tractebel Engineering, leur demandant de ne pas participer à ce projet.  

L’action

Le 1er juillet, une trentaine d’activistes de Greenpeace Belgique a informé les employés de Siemens Belgique pour les sensibiliser aux dangers de ce projet et demander à leur entreprise d’ouvertement s’en éloigner.

Vous aussi, vous voulez nous aider à faire pression sur l’entreprise et le gouvernement brésilien pour qu'ils s’engagent à ne pas contribuer à la destruction de l’Amazonie ? Signez notre pétition pour préserver le cœur de l’Amazonie !

An Lambrechts habite en Belgique à Gand et est chargée de mission forêts depuis août 2008. Elle a travaillé pour des projets internationaux visant les négociations climatiques, le bassin du Congo et l’Indonésie et assure en ce moment la coordination internationale du projet "bois amazonien". "Combiner campagne et lobby d’une part avec action et mobilisation d’autre part est ce qui m’a attirée chez Greenpeace depuis le début. Et mon envie de continuer à développer ce modèle n’a fait que grandir depuis".