Cette semaine, nous célébrons le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) — et un pas énorme vers le respect de l’héritage culturel autochtone et le droit à l’autodétermination.


Une occasion de nous rappeler que le Canada, l’un des quatre pays à s’être opposé à l’adoption de cette Déclaration, a attendu neuf longues années avant que le gouvernement Libéral de Justin Trudeau ne décide finalement d’en accepter les principes. C’est donc en grandes pompes que Carolyn Bennett, Ministre des Affaires autochtones et du Nord canadien, avait déclaré publiquement que le Canada « appuyait désormais sans restriction la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones » et d’ajouter « Nous avons l'intention d'adopter et de mettre en œuvre la déclaration, en conformité avec notre Constitution». C’était il y a plus d’un an.

Depuis, les communautés autochtones et leurs alliés attendent impatiemment que le gouvernement passe de la parole aux actes et tienne ses promesses, en particulier celles de Justin Trudeau qui a déclaré plusieurs fois qu’« aucune relation n’est plus importante pour moi et le Canada que celle que nous avons avec les Premières Nations ».

Pourtant, dix ans après l’adoption de la Déclaration par les Nations Unies et plus d’un an après l’annonce canadienne, toujours rien. Dans les faits, c’est même le contraire auquel nous assistons avec un gouvernement fédéral qui manque systématiquement à son devoir de demander le consentement libre, préalable et éclairé des communautés autochtones pour les projets de développement touchant leurs territoires, et qui refuse de traiter les représentants des communautés autochtones comme des partenaires égaux.

Et il y a pire. Tout indique que le gouvernement Trudeau envisage de voter contre le projet de Loi visant l’adoption et la mise en place de la Déclaration cet automne (projet de Loi C-262). Voter contre l’implémentation de la Déclaration signifierait que le gouvernement Trudeau tourne publiquement le dos à ses promesses nationales et internationales faites aux peuples autochtones du Canada. 

Nous ne pouvons rester indifférents et inactifs quand nos gouvernements maintiennent un status quo allant à l’encontre des droits humains dans le but de favoriser l’industrie. Il est temps pour le gouvernement Libéral de tenir ses promesses et de remplir ses obligations nationales et internationales en veillant à l’adoption et à la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, et en appuyant le projet de loi C-262.

Joanna Kerr - Directrice générale, Greenpeace Canada

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