Aujourd’hui s’ouvre à Montréal la 46e session du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) qui regroupent les meilleurs scientifiques du monde qui travaillent sur les changements climatiques. En acceptant d’héberger cette conférence, le gouvernement Trudeau lance un message fort en faveur de la science, mais dans les faits ses gestes ne suivent malheureusement pas ses belles paroles… à commencer par le fait qu’il n’y avait aucune présence ministérielle de haut niveau par le gouvernement du Canada (ni du Québec d'ailleurs) lors de l'ouverture du GIEC à Montréal. 

Pourtant, les inondations importantes qui ont frappés le Québec, les feux de forêts record qui ont ravagés louest canadien, les ouragans Harvey et Irma et les nombreux évènements extrêmes qui se déroulent sur la planète devraient rappeler aux politiciens lurgence dagir contre les changements climatiques. La science est claire: nous devons agir maintenant et il n'y a pas de temps à perdre pour limiter le réchauffement planétaire à moins de deux degrés Celsius, idéalement à 1, 5 C. Or, si rien nest fait, nous nous dirigeons vers un réchauffement catastrophique de lordre de 2,8 C.

Pipelines, subventions et recul... versus la science

Justin Trudeau prétend que ses décisions sont fondées sur la science, or, plusieurs de ses décisions sont totalement incohérentes et sont incompatibles avec les exigences de la science du climat, à commencer par sa politique d’approbation de pipelines et d’expansion de la production des sables bitumineux qui va à l’encontre du respect de l’Accord de Paris sur le climat. En effet, depuis son entrée au pouvoir, Justin Trudeau a posé certains gestes en faveur du climat comme la mise en place dun prix sur le carbone et ladoption dun cadre canadien pour la lutte contre les changements climatiques. Or, ce cadre ne permettra pas datteindre la cible de réduction de gaz à effet de serre adopté par le gouvernement Trudeau (-30% dici 2030 par rapport à 2005). En effet, des mesures de réductions de GES de lordre de 44 millions de tonnes par année restent à être identifiés, laissant un trou béant à combler pour atteindre notre objectif. Ajoutons à cela que cette cible adoptée par les libéraux est la même que celle qu Harper avait adoptée et que cette dernière est loin dêtre en ligne avec ce que la science du climat exige.

De surcroît, Trudeau a dans la dernière année donné son appui au pipeline Keystone XL et a approuvé deux dangereux projets de pipelines de sables bitumineux (Trans Mountain de Kinder Morgan et la Ligne 3 d’Enbridge), ainsi qu’un projet de terminal d’exportation du gaz naturel alors que ses propres analyses concluent qu’ils augmenteraient  les émissions de GES de plusieurs millions de tonnes par années. Le gouvernement Trudeau a également conservé les subventions aux pétrolières et aux gazières qui sont de l’ordre de 1,6 milliards de dollars par année et à reculer sur sa réglementation pour réduire les émissions de méthane.

 

Il est temps pour Justin Trudeau de passer de la parole aux gestes, découter la science du climat et de se donner les moyens de respecter et de dépasser ses engagements de manière à accélérer la sortie du pétrole et du gaz. Il serait d’ailleurs temps que le gouvernement Trudeau confirme son financement pour 2017 au GIEC et contribue davantage pour compenser le retrait du financement annoncé par Trump.

 

La science ne sert à rien si on ne la respecte pas...