Greenpeace et les leaders de l'industrie annoncent l'ambitieux moratoire mondial sur le soja issu des coupes en Amazonie.
Greenpeace et les leaders de l'industrie annoncent l'ambitieux moratoire mondial sur le soja issu des coupes en Amazonie.

Résolu a répondu à la campagne pour la forêt boréale de Greenpeace avec une campagne de relations publiques agressive et des poursuites judiciaires de plusieurs millions de dollars. Pourtant ailleurs, de grandes entreprises ont bâti des relations de travail constructives avec Greenpeace et pris des mesures importantes pour transformer leurs pratiques.

D’autres relations ont également débuté de manière conflictuelle, mais les entreprises ayant sérieusement cherché à établir une coopération attestent que Greenpeace peut constituer un allié favorable et compétent dans leurs efforts pour relever de grands défis environnementaux.

« C’était difficile pour nous à l’époque où Greenpeace publiait des rapports à notre sujet, nous attaquait et amorçait des boycotts contre nous, c’était très difficile. Nous avions du mal à comprendre et à nous convaincre que ce qu’ils affirmaient pouvait être vrai, nous étions un peu dans le déni. Nous tentions de justifier ce que nous faisions, mais avec le recul, nous n’en serions pas là aujourd’hui sans leur insistance. C’était important. Nous déclarons publiquement notre reconnaissance envers Greenpeace pour leur rôle dans notre changement de stratégie », affirmait Aida Greenbury, directrice générale pour le développement durable chez Asia Pulp & Paper, dans une entrevue en 2013.

Greenbury a qualifié Greenpeace de l’« une des très, très rares ONG que je respecte pleinement, car les personnes qui y travaillent croient sincèrement à la cause qu’elles défendent. Nous croyons qu’elles veulent nous aider à atteindre ce que nous voulons tous accomplir ».

« Greenpeace a été un partenaire essentiel et un ami critique apprécié dans la conception et la mise en oeuvre de notre politique de conservation forestière, depuis que nous l’avons annoncée en 2013 », expliquait-elle.


Greenpeace et Kimberly-Clark célèbrent la victoire. Suite à la campagne «Kleercut» de Greenpeace, Kimberly-Clark annonce une politique de durabilité qui le place comme un leader de l'industrie.

Suhas Apte, ancien vice-président du développement durable chez Kimberly-Clark, le géant des papeteries, et fabricant de Kleenex, a décrit le responsable de campagnes chez Greenpeace comme « des gens pragmatiques dont l’intention est de mener à un changement, tant et aussi longtemps que vous êtes à l’écoute... S’ils voient des entreprises faire un réel effort, ils feront l’impossible pour les aider ».  

« Ils [Greenpeace] sont de vrais spécialistes en la matière. »

Bob Langhert, ancien vice-président du développement durable chez McDonald’s a également décrit de façon approfondie la manière constructive dont Greenpeace engage ses homologues d’entreprises. « Greenpeace est intelligente et stratégique. Ne prenez pas leurs conseils comme une insulte. Acceptez-les comme un compliment. »

« J’attribue à Greenpeace un grand mérite pour son ouverture pour changer de tactiques à notre égard... La souplesse et la simplicité d’approche de Greenpeace ont engendré du progrès, et ont permis de tracer une feuille de route vers un cadre de responsabilisation qui s’est avérée simple et peu coûteuse. »

Les efforts de Greenpeace vis-à-vis de McDonald’s ont été reconnus l’an dernier par le Keystone Policy Centre, qui leur a décerné le Leadership in Environment Award pour avoir « démontrer combien nous sommes meilleurs et plus forts lorsque nous travaillons ensemble pour trouver un terrain d’entente ». 

Jeff Swartz, PDG de Timberland, donne le crédit à Greenpeace pour son rôle dans l’établissement d’un système de traçabilité au sein de son entreprise afin d’assainir les liens entre leurs produits manufacturés et la déforestation au Brésil. 

« Nous travaillons très fort sur le dossier de la traçabilité, car les consommateurs s’y intéressent... 65 000 adhérents de Greenpeace partout dans le monde nous ont dit : « nous en attendons plus de votre entreprise », alors je les écoute. »

Mike Barry, directeur du développement durable chez Marks & Spencer, a reconnu Greenpeace comme le principal moteur derrière le moratoire volontaire de l’industrie du soja dans des régions récemment déboisées de l’Amazonie brésilienne : « En 2006, Greenpeace avait lancé la campagne Eating Up the Amazon qui avait attiré l’attention du monde sur l’impact dévastateur de l’expansion de la culture du soja en Amazonie. Cette campagne avait révélé le lien entre l’industrie du soja et la déforestation. En quelques semaines, les principales associations commerciales avaient déclaré un moratoire sur la déforestation en s’engageant à ne pas s’approvisionner en soja provenant de terres déboisées après juin 2006... »

« Greenpeace a fourni le soutien technique sur le terrain et gardé un oeil attentif afin d’assurer que l’intégrité de l’entente soit strictement respectée. »

« Ils ont été très dignes de confiance », a dit Bill Weihl, directeur de l’efficacité énergétique et du développement durable chez Facebook, au sujet des négociateurs de Greenpeace. « Certes, au tout début, le climat était conflictuel, mais il s’est transformé en dialogue productif assez rapidement. »

« Nous n’avons pas toutes les réponses, nous ne pouvons pas tout faire par nous-mêmes. Nous devons développer un autre niveau de coopération... Par le passé, nous n’aurions peut-être pas interagi avec Greenpeace ou la WWF, mais aujourd’hui nous sommes en communication hebdomadaire avec eux », a affirmé Paul Polman, PDG de Unilever, au sujet de la réalisation d’objectifs en matière de durabilité. « Qui refuserait d’emboîter le pas; qui refuserait de prendre le train en marche pour un monde meilleur? »

Interrogée sur les conseils qu’elle donnerait à un PDG dont l’entreprise est la cible d’une campagne de Greenpeace, Aida Greenbury de APP a déclaré : « Acceptez vos critiques les plus sévères... Attaquez-vous de front aux problèmes les plus difficiles... Nous ne sommes plus au temps où les entreprises peuvent s’adonner à l’écoblanchiment dans l’espoir que les questions environnementales soient balayées sous le tapis. Nous sommes à l’ère de l’Internet, la transparence totale est de mise. Alors, cessez de tourner autour du pot et parlez de l’éléphant dans la pièce. Trouvez des solutions et mettez-les en oeuvre. »

Quand Resolute embarquera dans la protection des forêts et abandonnera ses poursuites contre Greenpeace?

En savoir plus sur la poursuite de Resolu