Une excellente nouvelle vient de nous arriver du Brésil. L'agence brésilienne pour l'Environnement a annulé la license pour la construction d’un méga barrage sur le rio Tapajos, au coeur de l'Amazonie. Le projet est donc abandonné. C'est une immense victoire pour les indigènes Mundurukus qui auraient été considérablement affectés par le projet.

Cette fois c’est officiel ! Le projet de méga barrage sur le rio Tapajos est abandonné. Merci à tous ceux qui se sont mobilisés aux côtés des Mundurukus et qui ont rendu cette victoire possible.

Tout au long de ces derniers mois, nous avons espéré que l’agence brésilienne pour l’Environnement (IBAMA) reconnaisse les dommages considérables que ce barrage aurait causé à la forêt amazonienne et aux indigènes Mundurukus. La mobilisation a fini par payer. Sans la license de l’IBAMA, le barrage ne pourra pas être construit.

Plus de 1,2 millions de personnes s’étaient mobilisées à travers le monde pour relayer l’appel des Mundurukus et faire pression sur la société Siemens afin qu’elle prenne ses distances par rapport au projet. D’autres organismes officiels au Brésil, comme la Fondation nationale indigène (FUNAI) ou le procureur fédéral de l’état du Para, avait recommandé que cette license ne soit pas octroyée car la construction du barrage aurait impliqué un déplacement complet des populations Mundurukus qui vivent dans la région, ce qui est inconstitutionnel.

Une partie du territoire des Mundurukus – qu’ils nommment Sawré Muybu - et qui aurait été eest en passe d’être reconnu officiellement comme terre indigène. Si le barrage avait été construit, ce territoire aurait été enseveli. Maintenant que le projet est abandonné, le ministère brésilien de la Justice doit aller au bout de sa démarche et faire en sorte que le territoire Sawré Muybu soit officiellement délimité.

Car même si, aujourd’hui, nous célébrons une victoire, nous savons qu’il reste beaucoup à faire pour protéger le rio Tapajos et les affluents de l’Amazone. Il reste, à ce jour, 42 projets de barrage hydroélectrique dans les tiroirs, et une centaine de lieu désignés pour leur construction. Tous ces projets relèvent d’un modèle économique agressif qui ne prend pas en compte l’importance cruciale de protéger la forêt amazonienne et les populations qui y vivent. Des barrages déjà construits ont eu un impact dévastateur sur les communautés locales et sur l’Environnement, sans compter les scandales de corruption. Nous devons continuer la bataille pour les stopper un à un, tous jusqu’au dernier !

Et puis n'oublions pas, il existe une autre voie que les barrages hydroélectrique. En investissant davantage dans le solaire et l'éolien, le Brésil peut créer la même quantité d'énergies renouvelables que ce qu'un méga barrage aurait généré.

An Lambrechts habite à Gand et est chargée de mission forêts depuis août 2008. Elle a travaillé pour des projets internationaux visant les négociations climatiques, le bassin du Congo et l’Indonésie et assure en ce moment la coordination internationale du projet "bois amazonien". "Combiner campagne et lobby d’une part avec action et mobilisation d’autre part est ce qui m’a attirée chez Greenpeace depuis le début. Et mon envie de continuer à développer ce modèle n’a fait que grandir depuis".