Le Rainbow Warrior lors de la réunion de l'OMC à Doha. Greenpeace pousse les USA à ratifier le protocole de Kyoto.
En matière d'environnement tous les indicateurs sont au rouge :
changementclimatique, érosion de la biodiversité, pollution de
l'air, des eaux etdes sols, épuisement des ressources
naturelles. L'environnementplanétaire est aussi menacé par des
risques croissants générés par lesdéveloppements technologiques de
ces dernières années : accumulation de déchets nucléaires et
pollutions génétiques irréversibles.
En plus de cette dégradation croissante des conditions de vie
sur la planète, force est de constater que les disparités sont
également croissantes entre pays riches et pays pauvres, et
même dans les sociétés les plus opulentes les écarts se creusent
entre les plus nantis et les plus démunis.
Ce double constat - dégradation de l'environnement et
augmentationdes disparités - n'est que la triste conséquence des
modèles dedéveloppement mis en oeuvre dans les pays occidentaux
depuis plusieursdécennies. Des modèles qui ne sont ni durables ni
équitables. Il estbon de rappeler que tous les habitants de la
planète ne consomment pasavec la même intensité. Un citoyen
américain émet 20 fois plus de gaz àeffet de serre qu'un
ressortissant indien. Un européen consomme 8 à 10fois plus d'eau
qu'un ghanéen. L'impact de cette surconsommation despays les plus
riches est encore aggravé par la marchandisationcroissante des
ressources et la dérégulation des marchés. Pourtant
nosgouvernements continuent à vouloir nous faire croire que
lalibéralisation des échanges servira l'ensemble des habitants de
laplanète. Quatre décennies de libéralisation forcenée ont
aucontraire fait la preuve d'un impact dramatique sur
l'environnement etles sociétés les plus démunies. Nous sommes
ainsi très préoccupésde constater les difficultés rencontrées pour
faire émerger ou voirepréserver (quand ils existent) des services
publics de distributiond'eau et d'assainissement ou d'accès à une
énergie propre et fiable.Nous sommes également inquiets des portes
ouvertes aux marchands par laprogression de la brevetabilité du
vivant.
Ces disparités et cette dégradation des conditions
environnementalesse traduisent inévitablement par des tensions
accrues à l'échelleinternationale. Les pays qui refusent de
remettre en cause leur modèlede développement insoutenable sont,
par leur propre entêtementcontraints d'assurer par la force le
contrôle des ressources qui leursont prétendument indispensables.
L'intervention militaire américaineen Irak est une illustration
caricaturale de cette tentationunilatéraliste.
De fait, aujourd'hui c'est l'idée même du droit international
quiest remise en cause, alors qu'elle fonde, selon nous,
l'émergence,certes trop lente encore, d'une autre gouvernance
mondiale mettant enavant le respect des droits universels de la
personne, y compris lesdroits économiques sociaux et culturels et
la protection del'environnement global. L'élaboration de cette
gouvernance globale -pour la construction d'un monde plus équitable
dans un environnementpréservé - perd aujourd'hui du terrain par
rapport à la mondialisationcommerciale et financière, encouragée
par les grandes multinationales,soutenue par les pays les plus
riches, G8 en tête suivis de près parl'OCDE, stimulée par les
Institutions Financières Internationales(Fonds monétaires
international, Banque mondiale, Banques régionales),tout cela
orchestré par l'Organisation mondiale du commerce.
Pour toutes ces raisons, Greenpeace
dontla mission est la préservation de l'environnement, doit
impérativementagir sur les leviers les plus pervers et les plus
préjudiciables de lamondialisation libérale. Pour ces raisons, nous
nous efforçons de pesersur le calendrier de travail et les
décisions de l'OMC. Nous sommesprésents dans les grandes
conférences internationales du système desNations Unies, de Rio à
Johannesburg, où nous cherchons à promouvoirune réforme en
profondeur de cette organisation. Nous participons enfinaux grands
rassemblements de la société civile internationale, à PortoAlegre
ou prochainement à St Denis, pour contribuer à la réflexion et àla
construction d'un autre monde que nous savons possible.
Pour en savoir
plus sur la campagne, visitez le site Internet de la
Belgique.