Glaciers à la dérive… La fonte de l’Arctique et de l’Antarctique

Publication - 25 mars, 2008
L’Arctique et certaines parties de l’Antarctique se réchauffent à un rythme beaucoup plus rapide que le reste du monde. Au cours du 20ème siècle, les températures dans certaines parties de l’Arctique ont augmenté de 5 °C environ, soit 10 fois plus vite que la moyenne mondiale.

En Antarctique, la situation est plus complexe, mais l’effondrement de deux barrières de glace au cours de la dernière décennie laisse peut-être présager ce qui est à venir.

Indices du réchauffement climatique

  • Dans l’Arctique, l’épaisseur de la glace a diminué de plus de 40 pour cent, et, chaque annee une zone d’une superficie supérieure à celle des Pays-Bas disparaît. Selon les scientifiques, la banquise de l’Arctique pourrait disparaitre d’ici 70 ans.
  • La masse de la calotte glaciaire du Groenland – la plus importante masse de glace de l’hémisphère nord – diminue en raison du déversement de morceaux de glaciers dans la mer, de la fonte accélérée pendant l’été et de l’écoulement des glaciers.
  • La fonte du pergélisol entraîne la chute des arbres et l’effondrement des bâtiments dans le grand nord. Près d’un quart des terres de l’hémisphère nord sont couvertes de pergélisol. La fonte de ces sols gelés libère le dioxyde de carbone et le méthane emprisonnés dans le pergélisol. Le méthane est un gaz à effet de serre très puissant.
  • Le réchauffement de certaines parties de l’Antarctique a déjà contribué au déclin de certaines populations de pingouins d’Adélie et de manchots empereurs.

Les conséquences du réchauffement climatique

Les écosystèmes marins de l’Arctique dépendent de la présence de glace de mer et de sa dynamique. En Arctique, le premier maillon de la chaîne alimentaire marine est une communauté d’algues qui s’accroche au dessous de la glace durant tout l’hiver, et forme un tapis dense sous celle-ci au printemps. Certaines espèces arctiques parcourent la moitié du globe pour exploiter les ressources alimentaires qui abondent sur les bords de la banquise qui fond. Si elle venait à disparaître, cela aurait des conséquences profondes sur toutes les formes de vie qu’abrite l’Arctique. Si la glace de mer devait diminuer de manière drastique ou si ces changements devaient s’accélérer, cela entraînerait vraisemblablement la disparition de nombreuses espèces dont la vie dépend de cet habitat si particulier.

Les animaux de l’Arctique dépendant de la glace

Les morses, qui parcourent de longues distances en flottant sur la glace de mer, pourraient être particulièrement vulnérables. Dans un avenir plus chaud, il est probable que la glace marine fondra rapidement au printemps, diminuant rapidement sur les plateaux continentaux et reculant jusqu’à l’océan au centre de l’Arctique. Les conséquences pourraient être désastreuses pour les morses, car les femelles se servent de la glace marine comme d’une plateforme sur laquelle elles nourrissent leurs petits et leur apprennent à se nourrir, principalement de crustacés provenant des fonds peu profonds des plateaux continentaux.

De nombreuses espèces de phoques dépendent de la glace, notamment le phoque tacheté, qui, dans la mer de Béring, se reproduit exclusivement sur le bord de la banquise au printemps ; le phoque du Groenland, qui vit sur le bord de la banquise tout au long de l’année ; le phoque annelé, qui donne naissance et nourrit ses petits sur la glace de mer ; le phoque rubané ; et le phoque barbu.

Les ours polaires seraient menacés par le déclin des populations de phoques annelés, leur principale source alimentaire. De plus, les ours polaires utilisent la glace marine pour chasser et se déplacer. Les ours polaires de la baie d’Hudson et de la baie de James jeûnent déjà durant les quatre mois d’été sans glace qu’ils sont obligés de passer à terre, et les femelles en gestation jeûnent pendant huit mois. Le prolongement de cette période sans glace qui a déjà été observé se traduit par une diminution des naissances, et menace les populations locales d’ours polaires de famine, et en définitive d’extinction.

La glace marine est un élément important ou fondamemtale de l’écosystème de l’Antarctique, en particulier pour les communautés d’algues qui y vivent et qui constituent la première source alimentaire du krill durant l’hiver. Le krill est un maillon essentiel de la chaîne alimentaire en Antarctique. Les pingouins, les poissons, les lions de mer, les phoques et de nombreuses espèces qui vivent en Antarctique tout au long de l’année dépendent de cet écosystème. La baleine de Minke parcourt la moitié du globe pour se nourrir de krill chaque printemps.

Le recul de la glace menace les populations et les communautés

«Ce que j’ai observé au fil des ans, c’est que la glace de l’océan se brise plus tôt, et qu’il est beaucoup plus difficile de chasser sur la glace qu’auparavant». — Pete Schaeffer, Kotzebue, Alaska.

Les populations à l’intérieur comme à l’extérieur du Cercle Arctique sont menacées par le changement climatique, mais ce sont les populations autochtones du grand nord qui en subissent les premiers effets. Le changement climatique perturbe la dynamique des écosystèmes marins et côtiers, dont dépendent les cultures autochtones.

Les populations autochtones sont directement liées aux écosystèmes marins locaux puisqu’elles dépendent des poissons et des animaux sauvages pour leurs besoins alimentaires et culturels. Elles sont également tributaires de la glace et de la toundra pour se déplacer et chasser.

De plus, la glace marine protège les villages des tempêtes, et la glace qui se forme le long des côtes protège le littoral de l’érosion. Les villages autochtones sont souvent implantés sur les berges de rivières, sur des promontoires côtiers et sur des îles-barrières qui offrent un accès aux ressources marines. Combinés, l’élévation du niveau de la mer, la diminution des glaces, l’érosion accrue et des tempêtes plus violentes anéantiront des villages entiers – déplaçant de nombreuses populations autochtones de l’Arctique et les contraignant à s’éloigner des terres où elles chassent traditionnellement.