Le Canada et le réchauffement climatique

Publication - 25 mars, 2008
Inaction chronique. Voilà le mal dont souffre le Canada concernant la lutte contre les changements climatiques. Les premiers ministres changent, mais n’agissent pas pour le climat. Un traitement-choc s’impose…

Pourtant, le Canada avait bien commencé. En 2002, le pays ratifie le Protocole de Kyoto et promet au reste du monde de faire sa part pour protéger le climat. Le but ? Réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES) de 6 pour cent en deca du seuil ou du niveau de 1990. Mais rapidement, les premiers symptômes d’une inaction chronique coriace apparaissent… Plutôt que de diminuer, les émissions canadiennes continuent de croître. Aujourd’hui, elles dépassent de 30 pour cent la cible visée pour 2012.

La situation s’aggrave en 2010 avec le gouvernement Harper. Les conservateurs ont pour triste ambition… d’augmenter les émissions de GES canadiennes ! Harper souhaite émettre environ 2,5 pour cent de plus de GES d’ici 2020. C’est pire encore que la cible précédente de ce même gouvernement, déjà médiocre, qui visait une réduction de 3 pour cent par rapport aux niveaux de 1990. Les scientifiques recommandent aux pays industrialisés de réduire leurs émissions d’au moins 25 à 45 pour cent par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020. Par la suite, il faudra poursuivre avec des réductions de 80 pour cent d’ici 2050. Les cibles canadiennes actuelles sont dangereuses, coûteuses et irresponsables.

Il y a anguille sous roche… Et il n’est pas nécessaire de soulever la roche bien haut pour trouver l’anguille! Si Harper s’est donné des objectifs si peu ambitieux, c’est pour permettre l’exploitation polluante des sables bitumineux de l’Alberta. Les émissions du pétrole sale représentent déjà la source d’émissions de GES la plus en croissance au pays. C’est aussi pour cette raison que le Canada a bloqué les négociations internationales sur le climat à Copenhague, en décembre 2009.

La Conférence internationale sur le climat des Nations Unies à Copenhague devait permettre l’adoption d’une entente juste, ambitieuse et juridiquement contraignante. Une telle entente internationale était nécessaire, car le réchauffement climatique est un problème global. Tous les pays doivent faire leur part. Mais a cause du lobbying de pays comme le Canada, l’Accord de Copenhague est un échec. Pourquoi? Parce qu’il n’est pas juridiquement contraignant. Il est taché de sables noirs...

Le Canada a besoin d’un traitement-choc : des actions fortes et du courage politique. Pour ce faire, Greenpeace exerce des pressions sur le gouvernement fédéral pour que le Canada réduise ses émissions de GES d’au moins 25 pour cent en deca du seuil de 1990 d’ici 2020. Nous visons également un objectif de 80 pour cent sous les niveaux de 1990 d’ici 2050. À court terme, Greenpeace demande au Canada de respecter ses engagements du Protocole de Kyoto, c’est-à-dire, réduire de six pour cent ses émissions à l’horizon 2012.

Greenpeace propose plusieurs solutions pour que le Canada respecte son engagement envers le Protocole de Kyoto, notamment :

  • Mettre en place des mesures concrètes et accorder des incitatifs à la réduction des émissions. Le gouvernement s’appuie sur le bon vouloir des entreprises et des industries espérant ainsi, la réduction des émissions de GES. La bonne volonté a ses limites. Pour réduire drastiquement nos émissions, il nous fait appliquer des mesures incitatives et coercitives. D’autant plus que le temps joue contre nous.
  • Forcer les pollueurs à prendre leurs responsabilités. Il faut imposer de sévères plafonds obligatoires aux grands pollueurs, y compris dans le secteur de l’électricité. Il nous faut mettre en place un système d’échange de droits d’émission efficace. À l’heure actuelle, les grands pollueurs sont responsables de la moitié des émissions de GES du Canada. Greenpeace croit considère qu’ils sont tenus de réduire cette quantité de GES.
  • Résoudre le problème ici. En vertu du Protocole de Kyoto, les entreprises peuvent acheter des crédits de carbone à d’autres pays. Cette mesure signifie que nous pouvons échanger notre pollution contre les réductions d’un autre pays. Cette flexibilité du Protocole de Kyoto ne doit pas être la principale stratégie de lutte contre le réchauffement climatique du Canada. Il faut résoudre le problème une fois pour toute, pas exporter.
  • Cesser de subventionner les énergies polluantes. Le Canada ne devrait pas soutenir la production d’énergie issue de combustibles fossiles et d’énergie nucléaire. Ces subventions devraient plutôt servir à financer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Le véritable remède dans la lutte contre le réchauffement climatique, c’est la [R]évolution énergétique. Pour en savoir plus, cliquez ici.