Les impacts du réchauffement climatique : perte de la biodiversité

Publication - 4 mai, 2008
Le réchauffement climatique change rapidement notre habitat. Trop rapidement. Faute de temps, plusieurs espèces disparaîtront suite à la destruction de leur maison.

Le réchauffement climatique détruit et altère certains habitats comme les forêts, les marécages et les pâturages. Coincées, ces espèces en péril ne peuvent migrer. Les routes les bloquent dans leur voyage. Une nature qui n’a pas été modifiée par l’homme est de plus en plus rare. C’est le problème, notamment, du caribou forestier. Le Rangifer tarandus a besoin de grandes aires protégées (plus de 500 000 km2) de forêts boréales pour survivre. Un besoin vital qui, malheureusement, entre en conflit avec l’industrie forestière qui pousse toujours plus loin les limites de coupe.

Au cours des 50 prochaines années, l’augmentation de la température terrestre de 1,8 à 2 °C menace d’extinction un million d’espèces. Si rien n’est fait pour stopper le réchauffement climatique, ce chiffre continuera de gonfler. Selon la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la majorité des espèces en voie de disparition, dont 25 pour cent sont des mammifères et 12 pour cent des oiseaux, vont s’éteindre au cours des prochaines décennies.

De nombreuses espèces peuvent encore être sauvées. Seule une réduction rapide des émissions de GES au cours des prochaines décennies peut éviter cette disparition à grande échelle.

Voici quelques exemples d’habitats et d’espèces en péril :

Récifs coralliens

Les coraux n’aiment pas être dans l’eau et ils en perdent leur couleur! C’est pourtant le sort que leur réserve le réchauffement climatique qui ne cesse d’augmenter la température de l’océan. Si le corail n’aime pas l’eau trop chaude, c’est qu’elle ne peut pas perdre ses algues symbiotiques. Appelées zooxanthelles, ces algues microscopiques lui procurent ses nutriments et sa couleur éclatante. Lorsque la température de l’eau se réchauffe, le corail expulse ses zooxanthelles symbiotiques. Ce phénomène porte le nom de blanchissement des coraux (ou blanchiment corallien) parce que le récif devient blanc. La perte de pigmentation des algues aboutit à la mort du corail. Ce phénomène est en augmentation dans les océans où de vastes zones mortes sont de plus en plus souvent observées en mer.

Il suffit d’une augmentation de la température de 1 °C au-dessus de la température estivale maximale pour que le phénomène se produise. Fait inquiétant : la température des mers tropicales a augmenté de 1 °C au cours du dernier siècle et l’on prévoit qu’elle continuera d’augmenter.

En 2002, le récif de la Grande Barrière en Australie a connu le pire cas de blanchissement corallien observé à ce jour. Plus de 60 pour cent des 2 000 kilomètres de la barrière a été détérioré. Si le rythme prévu du réchauffement climatique suit son cours, le récif sera mort dans dix ans. Une véritable catastrophe pour la vie marine de la région puisque des centaines d’espèces dépendent de ce récif.

Ours polaires

La Terre se réchauffe, ses glaces fondent. Conséquence? Les ours polaires n’ont plus d’habitat et ces animaux puissants doivent maintenant prendre l’avion pour retrouver leur banquise. Oui, oui, vous avez bien lu ! Nous transportons les ours polaires dans le Nord… par avion !

Cette mesure de sauvetage extrême est à l’image d’une situation tout aussi extrême : la banquise de l’Arctique pourrait disparaître d’ici 70 ans, et emporter avec elle, les ours polaires.

Le pays du plus gros prédateur terrestre du monde, c’est la banquise. Pour les ours polaires, les plaques de glace flottante sont des moyens de transport. Pour les femelles en gestation, c’est le lieu où elles donneront naissance à leurs petits. Ces grands ours blancs peuvent survivre longtemps sans manger. Mais pour cela, ils doivent faire leur provision de graisse. Les ours polaires accumulent leurs réserves en mangeant des phoques qu’ils attrapent sur la banquise. Pas de glace, pas de phoque… pas d’ours polaire.

Plantes

Tout comme les animaux et les insectes, les espèces végétales ont leur préférence en matière de climat. À ce titre, le cactus n’apprécie pas les mêmes températures que le bouleau jaune.

Avec l’augmentation des températures due au réchauffement climatique, certaines espèces ne pourront plus survivre là où elles poussent actuellement. Contrairement aux animaux et aux insectes, la plupart des plantes ne peuvent migrer, et Leur mode de reproduction est très lent. Les graines ou le pollen que les arbres diffusent doivent se disperser grâce au vent ou aux animaux. Encore faut-il que la graine trouve un sol qui convienne à ses besoins. À cela s’ajoutent les fermes et les régions urbaines qui entravent également la dispersion des plantes. Pour plusieurs d’entre elles, le climat changera trop rapidement pour qu’elles puissent s’adapter (ou changer d’habitat). De nombreuses espèces végétales vont disparaître, ce qui entrainera l’extinction d’animaux et de plantes puisque la forêt est leur maison.