Greenpeace installe des panneaux solaires dans une école de Palma de Mallorca, en Espagne. © Greenpeace / Clive Shirley

Les scientifiques sont unanimes : le réchauffement climatique est une réalité, et l’activité humaine en est la principale cause. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) n'ont jamais été aussi élevées. Leur rythme d'augmentation dépasse les prévisions les plus pessimistes. Les catastrophes climatiques arrivent plus tôt que prévu. Elles sont évidentes en Antarctique. Le 7 avril dernier, une plaque de 16 000 km2 s'est détachée du continent. Partout dans le monde, les événements météorologiques extrêmes se multiplient : sécheresses, inondations, feux de forêts… La biodiversité animale et végétale est en péril. Dans les cinquante prochaines années, un million d'espèces seront menacées d'extinction. Selon le Global Humanitarian Forum, 300 000 personnes sont victimes des conséquences du réchauffement chaque année.

Le pire est encore possible… D'ici la fin du siècle, la température moyenne mondiale pourrait augmenter de 7°C. C'est la prévision la plus pessimiste. Elle est malheureusement probable. Même une augmentation de 3, 4 ou 5°C serait dramatique. Des zones côtières et des États insulaires disparaîtraient sous les eaux. Les catastrophes climatiques seraient régulières. Les pénuries d'eau, les famines, la malnutrition marqueraient le quotidien de nombreux pays. Les conséquences sanitaires seraient terribles : développement de la malaria et du choléra, surmortalité dues aux températures élevées. Tout cela entraînerait de forts mouvements de populations, encore plus d'inégalités à travers le monde, plus de tensions et de conflits entre pays, entre régions.

Face à l’urgence, le Canada ne propose aucune réponse adéquate. Au niveau national, la cible de réduction du gouvernement Harper est de seulement 3 % sous le niveau de 1990. Celui-ci soutient aveuglement l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Cette industrie est pourtant la principale source de croissance des émissions au pays. C’est aussi l’un des plus grands désastres écologiques de la planète. Au niveau international, les solutions ne sont pas non plus à la hauteur des enjeux. Le protocole de Kyoto, qui expire en 2012, devait laisser la place à un texte plus ambitieux. Un nouveau traité aurait dû être négocié à Copenhague en décembre 2009. Mais Harper a tout fait pour que la conférence soit un fiasco total, cachant mal son parti prix pour l’industrie des sables bitumineux. En 2007, les émissions du Canada étaient de 34 pour cent supérieures à sa cible de Kyoto. Ce qui place le Canada loin derrière les autres pays industrialisés.

Pendant ce temps, Québec s’autoproclame de « leader nord-américain » dans la lutte au réchauffement climatique. Le gouvernement de Jean Charest justifie ce titre depuis qu’il a annoncé sa cible de réduction de GES à l’horizon 2020 : nous réduirons nos émission d’au moins 20 pour cent! Certes, la Belle province fait preuve d’un bel effort. Celui-ci est toutefois nettement insuffisant. Revenons à la science : elle nous dit qu’il faut réduire nos émissions d’au moins 25 pour cent d’ici 2020. La cible de Québec ne répond même pas à la demande minimale de la science! Comment pouvons-nous être leader? M. Charest : les vrais leaders se comparent aux meilleurs. Pas aux pires.

Oser la [R]évolution énergétique

Changeons de scénario énergétique. Le Québec et le Canada ont tout ce qu’il faut pour devenir de véritables leaders dans la lutte au réchauffement climatique. La preuve? La [R]évolution énergétique de Greenpeace. Selon nos études, il est tout à fait possible pour le Canada de réduire ses émissions de 45 pour cent par rapport au niveau de 1990 d’ici 2020. Tout ce qu’il nous faut, c’est une bonne dose de volonté politique.

Vous aussi, luttez contre le réchauffement climatique. Lisez le guide Comment sauver le climat.

Pour plus d’information sur le réchauffement climatique et la [R]évolution énergétique, consultez la section Ressources