Greenpeace réclame des normes plus contraignantes pour le tritium, un produit radioactif dangereux provenant des réacteurs nucléaires

Communiqué de presse - 11 juin, 2007
Selon un rapport récent rendu public aujourd’hui par Greenpeace Canada, l’intensité des émissions de tritium provenant des réacteurs nucléaires du Canada est la plus élevée au monde. En conséquence, l’étude presse le gouvernement ontarien de réduire les rejets en tritium des centrales nucléaires.

Les réacteurs nuclaire CANDU, de fabrication canadienne, laissent s'échapper des quantités préoccupantes de tritium.

Les auteurs du rapport intitulé « Tritium Hazard Report: Pollution and Radiation Risk from Canadian Nuclear Facilities » (Étude sur les dangers liés au tritium : risques de pollution et de radiation provenant des installations nucléaires au Canada.) exhortent les autorités ontariennes à réduire les effluents de tritium des réacteurs ontariens et à former un comité constitué des parties prenantes afin de passer en revue les nouvelles données scientifiques portant sur les dangers que pose le tritium pour la santé humaine. Le rapport recommande également d'alerter la population lorsque les concentrations de tritium dans l'eau potable augmentent; il recommande aussi d'aviser les femmes enceintes et les parents d'enfants en bas âge de ne pas vivre à proximité des réacteurs atomiques.

« Puisque le gouvernement McGuinty est d'accord pour consacrer 40 milliards de dollars pour reconstruire des réacteurs nucléaires vieillissants et générateurs de tritium, il devrait aussi être à même de sauvegarder la santé des Ontariens en obligeant la société Ontario Power Generation à réduire et finalement à éliminer ses émissions de tritium » affirme Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne Énergie et Climat à Greenpeace.

Le Comité consultatif des normes environnementales d'Ontario avait préconisé en 1994 que les concentrations permises en tritium dans l'eau potable soient immédiatement réduites de 7 000 becquerels par litre (Bq/l) à 100 Bq/l, puis qu'elles soient encore abaissées à 20 Bq/l en l'espace de cinq ans. Mais le gouvernement avait lors rejeté la recommandation du comité, se rangeant plutôt à l'avis d'Hydro Ontario, laquelle prétend qui il en coûterait un milliard pour réduire les concentrations de tritium à ce niveau.

Plus tard, en 2006, la Ville de Toronto a exprimé ses inquiétudes concernant les rejets de tritium émanant des réacteurs d'OPG en adoptant une résolution demandant au gouvernement McGuinty d'avaliser les normes plus sévères préconisées par le Comité consultatif des normes environnementales.

« Si les normes de protection européennes s'appliquaient, les émissions de tritium émises par les réacteurs nucléaires d'Ontario seraient considérées comme dangereuses et inacceptables » a affirmé M. Fairlie, Ph.D., l'expert-conseil indépendant en radiation qui a signé le rapport. « Des preuves scientifiques récentes établissent que le tritium est plus dangereux qu'on le croyait autrefois. C'est pourquoi l'Ontario devrait adopter une approche précautionneuse permettant de réduire l'exposition de ses citoyens au tritium. »

Le tritium est un isotope radioactif de l'hydrogène qui se forme dans les réacteurs nucléaires. Comme c'est le cas pour toutes les substances radioactives, le tritium engendre le cancer et des déformations congénitales. Les réacteurs atomiques Candu d'Ontario émettent dans l'atmosphère et dans l'eau des concentrations en tritium beaucoup plus considérables que celles de n'importe quel autre type de réacteur.

M. Fairlie possède des diplômes en chimie et en biologie des radiations. Il a terminé ses études doctorales au Collège impérial de Londres. Il a oeuvré auprès de l'Organisation mondiale de la Santé, du Parlement européen, en plus de servir de conseiller pour divers comités et agences réglementaires du Royaume-uni.

Pour plus de renseignements s'adresser à :

Shawn-Patrick Stensil, responsable de la campagne Énergie chez Greenpeace, 416-884-7053 (français et anglais)

Jane Story, responsable des communications, 416-930-9044

Pour télécharger le rapport complet

(en anglais, sommaire éxécutif en français) :

Tritium Hazard Report: Pollution and Radiation Risk from Canadian Nuclear Facilities