Des activistes de Greenpeace ont bloqué l'entrée de la centrale nucléaire de Pickering avec un panneau géant portant l'inscription : « M. le ministre: n'irradiez pas l'énergie verte ! ». Une caricature du ministre de l'Énergie nucléaire, George Smitherman, qui largue des déchets atomiques sur une éolienne, accompagne le message. © Greenpeace / Anand Maharaj

L’énergie nucléaire n’est pas la solution à la crise climatique. En dépit des affirmations de l’industrie nucléaire selon lesquelles elle serait propre, fiable et bon marché, il suffit de regarder les faits pour voir que l’énergie nucléaire est tout le contraire : sale, dangereuse et si coûteuse qu’elle prive l’énergie verte du financement essentiel à son développement. Malgré cela, l’industrie perpétue le mythe que l’énergie nucléaire sauvera la planète. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, et les preuves de ceci remontent aux origines de l’ère nucléaire.

En juillet 1945, les États-Unis testent la première bombe nucléaire à Alamogordo, au Nouveau-Mexique. En 1953, le président Dwight David Eisenhower lance le programme Atoms for Peace (« Des atomes pour la paix ») aux Nations-Unies, marquant le début d’une vague d’optimisme atomique. Les bombes menèrent aux réacteurs et les réacteurs conduisirent à une remise en cause radicale (et dangereuse) des choix énergétiques de la planète.

Au cours de ces premières années, le vrai prix à payer d’un passage au nucléaire n’était pas clair : les victimes de Tchernobyl, des millions de tonnes de déchets radioactifs et les milliards de dollars du contribuable qui n’iront pas aux sources d’énergie verte qui sont prêtes à être déployées.

La planète a pris conscience des dures réalités de l’ère nucléaire en novembre 2000, lorsqu’elle a reconnu l’énergie nucléaire comme une technologie sale, dangereuse et inutile en refusant de lui accorder des crédits d’émission de gaz à effet de serre lors de la conférence de l’ONU sur les changements climatiques à La Haye. Un autre coup a été porté à l’énergie nucléaire en avril 2001, lorsque l’ONU a refusé de désigner le nucléaire comme étant une technologie durable lors d’une conférence sur le développement durable.

Ceci nous ramène à aujourd’hui : la prétendue renaissance nucléaire du 21ème siècle tuée dans l’oeuf, avec une industrie et des politiciens – au Canada particulièrement – qui travaillent fort pour que cette technologie mortelle et son héritage radioactif fassent partie de la solution miracle à la crise climatique. Leur première mission a été de s’attaquer à l’énergie verte.

L’industrie nucléaire bénéficie de mesures législatives spéciales et a reçu des milliards de dollars en subventions directes et occultes au cours des 50 dernières années. Sans ces traitements de faveur, l’énergie nucléaire n’aurait pas les moyens de se financer. Pour plus d’informations, veuillez vous référer au rapport sur la loi sur la responsabilité et l’indemnisation en matière nucléaire.

Des militants de Greenpeace envahissent les rues de Bangkok. De noir vêtus, ils arborent des verres fumés et des tee-shirts dénonçant l'énergie nucléaire, et participent à un défilé qui ne laisse pas indifférent. Leur but : mettre les gouvernements de l'Asie du Sud-est au défi d’explorer véritablement les technologies nécessaires à la réduction des émissions de CO2, et d'établir des cibles juridiquement contraignantes pour l'énergie renouvelable et l'efficacité énergétique. © Greenpeace / Vinai Dithajohn

L’énergie nucléaire est aussi dangereuse et sale qu’elle l’a toujours été. Le secteur de l’assurance refuse d’assurer les centrales nucléaires, et l’industrie du nucléaire a besoin d’une loi spéciale du Parlement pour la protéger de sa responsabilité financière dans l’éventualité de la fusion du coeur d’un réacteur. Les compagnies d’énergie verte paient des assurances et cela devrait aussi être le cas pour l’énergie nucléaire. Plus de 2,5 millions de gens vivent dans la zone à risque autour des réacteurs Pickering et Greenpeace fait campagne pour obtenir leur fermeture.

Les normes gouvernementales d’émission sont déterminées de façon à favoriser les polluants radioactifs, laissant ainsi l’énergie nucléaire nuire à plus de gens que les toxines chimiques. Aucune méthode n’est sûre à 100% pour stocker les quelques 40 000 tonnes de déchets radioactifs qui s’accumulent au Canada, et les générations futures auront à payer le prix de la pollution radioactive d’aujourd’hui.

Greenpeace a publié le rapport historique « [R]évolution énergétique », qui illustre de quelle façon les canadiens peuvent faire la transition vers une économie énergétique propre qui fait face aux changements climatiques de manière utile sans avoir recours à l’énergie nucléaire.

Nous disposons des outils, de la technologie et du savoir-faire nécessaires pour révolutionner le secteur de l’énergie de façon à répondre au besoin urgent d’agir pour lutter contre les changements climatiques. Pour Greenpeace, le choix est clair : non au nucléaire, oui à l’énergie verte.

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