Menaces : changements climatiques

Publication - 4 mai, 2008
Les gaz à effet de serre (GES) sont nécessaires à la vie sur Terre. Plus il y a de GES dans l’atmosphère, plus la chaleur reste emprisonnée, ce qui entraîne une hausse de la température. Sans cela, notre planète bleue serait trop froide pour accueillir la vie.

Le problème, c’est que nous en produisons trop. À cause du réchauffement climatique, les scientifiques prévoient que les rendements agricoles pourraient être modifiés et des maladies comme le choléra ou le paludisme pourraient s’élargir. De nombreuses populations en croissance qui vivent dans des zones tropicales pourraient en particulier être affectées par le changement climatique. D'autres populations pourraient être déplacées suite à la montée des eaux. À cela s’ajoute l'augmentation des catastrophes naturelles comme les tornades et les inondations.

Le dioxyde de carbone (CO2) est un GES qui pose problème. L’utilisation de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) augmente la quantité de carbone dans l’atmosphère à un rythme très rapide. La Terre n’a pas la capacité de les absorber. Les répercussions sur le climat sont maintenant évidentes. L’hémisphère nord est plus chaud qu’il ne l’a jamais été depuis 1 000 ans, le nombre de catastrophes naturelles est en hausse et le changement du niveau moyen des océans menace la vie marine.

Afin de stopper ou d’inverser le réchauffement de la planète, nous devons réduire de façon importante les émissions causées par les combustibles fossiles. Il faut aussi garantir la protection des puits de dioxyde de carbone comme les forêts par exemple. Malheureusement, les compagnies pétrolières font exactement le contraire en exploitant les sables bitumineux de l’Alberta.

L’industrie des sables bitumineux est la source la plus en croissance de GES au changement climatique au Canada. Son expansion sape toute action effective visant à lutter contre le réchauffement climatique. Elle produit des émissions de 40 millions de tonnes de CO2 par année. Elle rase des milliers d’hectares de forêts boréales anciennes. Et ces chiffres augmentent : d’ici 2011, on prévoit que l’exploitation des sables bitumineux causera l’émission de 80 millions de tonnes de CO2. Ces chiffres ne tiennent compte que des émissions générées lors de la production du pétrole à partir des sables bitumineux. Il faut ajouter les émissions libérées lorsque le pétrole des sables bitumineux brûle pour faire avancer nos voitures. C’est ce que l’on appelle les émissions « d’utilisation finale ».

Le Canada s’est engagé sur la scène internationale à atteindre les objectifs de réduction des GES du Protocole de Kyoto. Nous devions réduire nos émissions de 6 pour cent par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2010. Malheureusement, le Canada n’a pas réussi à atteindre cet objectif, aussi petit soit-il. En 2004, les niveaux d’émissions ont augmenté de façon importante. Nous dépassons en fait de 34 pour cent notre objectif de Kyoto. Afin d’atteindre ces objectifs, les émissions doivent diminuer de 280 millions de tonnes par année. Si l’exploitation des sables bitumineux se poursuit comme prévu, il n’y a aucun espoir de réussir.

Pourquoi les sables bitumineux causent-ils tant d’émissions de GES?

Le pétrole que l’on va chercher dans les sables bitumineux de l’Alberta est littéralement englué dans le bitume. Il est donc très difficile de le séparer de celui-ci. Ces sables sont lourds et de faible qualité. Avant de finir dans nos voitures, les sables bitumineux sont traités et raffinés selon des techniques extrêmement énergivores et polluantes. La production d’un baril de sables bitumineux est trois à cinq fois plus émettrice en gaz à effet de serre (GES) qu’un baril de pétrole conventionnel.

D’énormes engins industriels sont nécessaires pour extraire les sables du sol. Ces machines géantes consomment beaucoup de carburant. Par exemple, les camions qui transportent le bitume sont aussi hauts qu’un immeuble de quatre étages! Pas étonnant qu’il faille extraire deux tonnes de sables bitumineux pour produire un seul baril de pétrole, produisant ainsi l’équivalent de 35 kg de CO2.

Lorsque les sables bitumineux se trouvent à une profondeur de plus de 100 mètres, ils doivent être extraits à l’aide d’un procédé appelé « in situ ». Le processus « in situ » repose sur le forage de trous pour injecter de la vapeur dans les sols. Le bitume est alors chauffé par la vapeur pour le rendre moins visqueux afin de l’extraire à la surface. Cette technique produit encore plus d’émissions que l’extraction elle-même : 55 kg de CO2 par baril de pétrole! Enfin, le chauffage de l’eau pour produire la vapeur augmente l’utilisation de combustibles fossiles.