Vue aérienne d’un conduit d’évacuation de l’usine de Syncrude et d’un bassin à résidus dans la forêt boréale, au nord de Fort McMurray. © Jiri Rezac / Greenpeace

Les sables bitumineux sont un mélange de sable, d'argile et d'un pétrole brut très lourd, appelé bitume, qui ressemble à du goudron et qui est trop dense pour s'écouler par lui-même. Afin d'extraire ce pétrole du sol, on abat les arbres, on creuse une carrière dans la couche de surface et l'on chauffe le mélange sous-jacent à la vapeur pour que le bitume puisse s'écouler.

Les sables peuvent être exploités en surface dans des mines à ciel ouvert ou dans des gisements souterrains dits « in situ ». La technologie utilisée dépend de la profondeur des réservoirs. Le bitume est chauffé par injection de vapeur ou de solvants, afin d’être fluidifié et pompé vers les installations de surface. Les terres détruites pour avoir accès au bitume sont ce que l’industrie appelle les «terrains morts», en réalité rien de moins que la forêt boréale, cet immense réservoir de carbone dont la survie est indispensable à l’équilibre climatique planétaire.

L’exploitation à ciel ouvert se caractérise par une entreprise de déforestation de grande ampleur et de creusage à l’aide d’engins géants (capacité de charge de 400t), les couches supérieures de terre sont supprimées pour excaver le minéral. En 2007, on compte pas moins de 420 km2 de terres détruites pour y établir des mines à ciel ouvert et autres activités liées aux sables bitumineux.

Le processus « in situ » repose lui sur le forage de trous pour injecter de la vapeur et du gaz naturel dans les sols. Le bitume est alors chauffé par la vapeur pour le rendre plus ou moins visqueux afin de l’extraire à la surface.

La production d’un baril de sables bitumineux est trois à cinq fois plus émettrice de gaz à effet de serre qu’un baril de pétrole conventionnel. Pour produire un baril de pétrole, il faut deux tonnes de sables bitumineux, plus de cinq barils d’eau et l’équivalent en gaz naturel d’un foyer pendant une journée et demie. Tous les jours, l’industrie des sables bitumineux utilise plus d’eau qu’une ville de deux millions d’habitants et consomme assez de gaz naturel pour chauffer six millions de foyers canadiens. Si les entreprises étrangères investissent dans les sables bitumineux, c’est parce qu’il est maintenant rentable de le faire. Ils misent sur un prix élevé dubaril dee pétrole justifiant ainsi les investissements monumentaux nécessaires à l’exploitation de ce pétrole. Il est donc le plus sale, mais aussi le plus cher du monde.

L’industrie des sables bitumineux génère 40 millions de tonnes de CO2 par année, soit plus que toutes les automobiles du pays réunies. Selon le rapport Dirty Oil de Greenpeace, si la production de pétrole issue des sables bitumineux passe, comme il est prévu, de 1,3 million de barils par jour à 3 à 5 millions d'ici à 2030, ces projets émettront, sur une base annuelle, plus de CO2 que certains pays européens.

D’après le Rapport d’inventaire national présenté à l’Organisation des Nations Unies en 2009 par Environnement Canada, l’augmentation des émissions de GES a été plus importante au Canada depuis 1990 que dans les autres pays du G8, à cause des sables bitumineux.

Les sables bitumineux sont la source d’émissions de gaz à effet de serre ayant la croissance la plus rapide au pays. L’industrie pétrolière est la principale raison pour laquelle le Canada continue de faire obstacle à un accord international sur le climat juste, ambitieux et contraignant. Loin de consolider l'engagement du Canada envers le protocole de Kyoto, le nouvel objectif canadien de GES pour 2020 est en vérité 9 pour cent au-dessus de l'objectif juridiquement contraignant du Canada de 558,4 millions de tonnes, qui aurait dû être atteint d'ici la fin de l'année 2012.

Le gouvernement canadien ignore les mises en garde de la communauté scientifique qui indique qu’une diminution de la température de 2 °C est nécessaire afin d’éviter des changements climatiques catastrophiques. Avec les cibles actuelles, le Canada dépassera de deux fois les recommandations scientifiques.

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