Forêt boréale et politiques publiques au Québec

Publication - 10 mai, 2008
La forêt boréale est une richesse publique et le gouvernement du Québec est responsable de sa gestion. Ce dernier a distribué des droits de coupe aux compagnies forestières sur presque tout ce territoire. Si bien qu’aujourd’hui, la majorité de la forêt boréale productive au Québec fait l’objet d’exploitation forestière, alors que moins de 5 % de celle-ci est protégée.

Quand le régime forestier actuel a été créé en 1986, on se préoccupait très peu des enjeux de conservation de la biodiversité, de la protection de l’habitat d’espèces menacées, de la mise en valeur de territoire exceptionnel, etc.  Par conséquent, l’ensemble du territoire forestier au sud de la limite nordique de coupe a été alloué à l’industrie.  D’une extrémité de la province à l’autre, le gouvernement a donné aux entreprises forestières le droit de couper la forêt boréale, sans avoir préalablement défini ce qui devait être protégé.

Résultat : moins de 15 % de la forêt boréale du Québec demeure intacte et l’habitat du Caribou forestier, une espèce menacée d’extinction, est morcelé à une vitesse alarmante. À l’heure actuelle, moins de 5 % du territoire québécois est protégé contre l’activité industrielle.

En 2000, le gouvernement a mis en place la Stratégie québécoise sur les aires protégées. Son objectif était d’atteindre, en 2005, la protection de 8 % du territoire de chaque province naturelle. Cet objectif a été repoussé à 2008… et nous sommes encore très loin d’y arriver.

En 2004, la Commission Coulombe (Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise) a fait état de la surexploitation des forêts du Québec et de l’importance de gérer cette ressource en tenant compte de la forêt que l’on veut léguer aux générations futures. Celle-ci a formulé 81 recommandations pour effectuer un virage important dans la façon de gérer la forêt. À ce jour, le gouvernement n’a adopté aucun plan d’action pour en assurer le suivi.

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