La gestion forestière au Québec

Publication - 10 mai, 2009
La forêt québécoise est publique, c'est-à-dire qu’elle appartient à chacun d’entre nous. La prise de conscience de ce précieux bien collectif au début des années 70 amène le gouvernement du Québec à entreprendre une réforme en profondeur du domaine forestier et à prendre en charge la gestion des forêts.

En 1974, une nouvelle Loi sur les Terres et Forêts est adoptée et les territoires qui jusque-là étaient sous la responsabilité des entreprises sont rétrocédés à l’État. La « rétrocession des concessions forestières » rencontre toutefois un succès mitigé puisque dix ans plus tard une quantité importante des terres publiques sont toujours des concessions.

Entre-temps, l’Assemblée Nationale met sur pied le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) en 1978 dont la mission est d’informer et de consulter les citoyens en matière de protection de l’environnement.

C’est dans ce contexte qu’un nouveau régime forestier voit le jour en 1987. Devant l’inefficacité de l’ancienne loi et l’intérêt grandissant de la population pour une meilleure gestion du milieu forestier, une nouvelle Loi sur les Forêts est adoptée. Le gouvernement du Québec établi des contrats d’aménagement et d’approvisionnement forestier (CAAF) donnant le droit aux compagnies forestières de récolter le bois sur les terres publiques. La responsabilité de la gestion de ces territoires est confiée aux compagnies bénéficiaires des CAAF, mais celles-ci doivent faire approuver leurs plans par le ministère et doivent consulter les autres utilisateurs de ces territoires.

Ce mode de gestion, qui est toujours en vigueur, comporte toutefois de grandes failles. 90 % des forêts de notre province relèvent du domaine public, et la majorité de celles-ci sont exploitées par les compagnies forestières. Le gouvernement a donné la mainmise de notre forêt aux industriels sans avoir préalablement défini ce qui doit être protégé.

Cette surexploitation est dénoncée dans le film l’Erreur Boréale de Richard Desjardins en 1999 et, plus tard, par la Vérificatrice générale du Québec en 2002. Le gouvernement du Québec pose finalement un geste historique et met sur pied en 2003 la Commission Coulombe, pour faire état de la gestion de la forêt publique au Québec.

En plus de dresser un portrait clair de la situation, les commissaires confirment dans le  rapport final (2004) la surexploitation de la forêt publique et l’urgence d’agir pour la protection de la forêt boréale. En outre, un virage pour l’aménagement écosystémique de la forêt boréale est fortement recommandé.

Suite à la publication du rapport, une réduction de 20 % de la possibilité forestière est imposée et le gouvernement créé un poste de Forestier en chef pour garantir le renouvellement constant des forêts et s’assurer de la fiabilité des prochains calculs de la possibilité forestière.

Toutefois,  plusieurs grandes recommandations au cœur de la Commission Coulombe ne sont toujours pas mises en œuvre : l’aménagement écosystémique de la forêt, la création d’aires protégées sur 12 % de la forêt boréale d’ici 2010, l’engagement de toutes les unités d’aménagement forestier des forêts publiques du Québec dans une démarche de certification forestière en vertu d’une norme reconnue à l’échelle internationale d’ici la fin 2007.

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