Le gouvernement du Québec est responsable de la gestion des forêts, ce qui explique l’expression forêt du « domaine public ».
En 1974, une nouvelle Loi sur les Terres et Forêts est adoptée
et les territoires qui jusque-là étaient sous la responsabilité des
entreprises sont rétrocédés à l'État. La « rétrocession des
concessions forestières » rencontre toutefois un succès mitigé
puisque dix ans plus tard une quantité importante des terres
publiques sont toujours des concessions.
Entre-temps, l'Assemblée Nationale met sur pied le Bureau
d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) en 1978 dont la
mission est d'informer et de consulter les citoyens en matière de
protection de l'environnement.
C'est dans ce contexte qu'un nouveau régime forestier voit le
jour en 1987. Devant l'inefficacité de l'ancienne loi et l'intérêt
grandissant de la population pour une meilleure gestion du milieu
forestier, une nouvelle Loi sur les Forêts est adoptée. Le
gouvernement du Québec établi des contrats d'aménagement et
d'approvisionnement forestier (CAAF) donnant le droit aux
compagnies forestières de récolter le bois sur les terres
publiques. La responsabilité de la gestion de ces territoires est
confiée aux compagnies bénéficiaires des CAAF, mais celles-ci
doivent faire approuver leurs plans par le ministère et doivent
consulter les autres utilisateurs de ces territoires.
Ce mode de gestion, qui est toujours en vigueur, comporte
toutefois de grandes failles. 90 % des forêts de notre province
relèvent du domaine public, et la majorité de celles-ci sont
exploitées par les compagnies forestières. Le gouvernement a donné
la mainmise de notre forêt aux industriels sans avoir préalablement
défini ce qui doit être protégé.
Cette surexploitation est dénoncée dans le film l'Erreur Boréale
de Richard Desjardins en 1999 et, plus tard, par la Vérificatrice
générale du Québec en 2002. Le gouvernement du Québec pose
finalement un geste historique et met sur pied en 2003 la
Commission Coulombe, pour faire état de la gestion de la forêt
publique au Québec.
En plus de dresser un portrait clair de la situation, les
commissaires confirment dans le rapport final (2004) la
surexploitation de la forêt publique et l'urgence d'agir pour la
protection de la forêt boréale. En outre, un virage pour
l'aménagement écosystémique de la forêt boréale est fortement
recommandé.
Suite à la publication du rapport, une réduction de 20 % de la
possibilité forestière est imposée et le gouvernement créé un poste
de Forestier en chef pour garantir le renouvellement constant des
forêts et s'assurer de la fiabilité des prochains calculs de la
possibilité forestière.
Toutefois, plusieurs grandes recommandations au cœur de la
Commission Coulombe ne sont toujours pas mises en œuvre :
l'aménagement écosystémique de la forêt, la création d'aires
protégées sur 12 % de la forêt boréale d'ici 2010, l'engagement de
toutes les unités d'aménagement forestier des forêts publiques du
Québec dans une démarche de certification forestière en vertu d'une
norme reconnue à l'échelle internationale d'ici la fin 2007.