La forêt boréale, très importante à l’échelle mondiale, est d’une richesse écologique, économique et culturelle inestimable. Pourtant au Canada, les portions de forêt abritant la plus grande biodiversité et les plus grands stocks de carbone ont été allouées à l’industrie forestière. De grandes étendues ont été rasées par les coupes à blanc ou fragmentées par des routes. Les derniers pans de forêt boréale encore vierge sont de plus en plus rares. Le sort d'espèces menacées comme le caribou forestier, ainsi que la capacité de la forêt boréale à purifier l'air et l'eau et stocker le carbone sont plus que jamais en jeu.
Les forêts canadiennes à un point critique
Le Canada, qui possède près du quart des forêts encore intactes de la planète, perd rapidement ses précieux écosystèmes en raison des activités industrielles et de l’exploitation forestière. En 2012, Greenpeace a demandé à l’organisme Global Forest Watch d’effectuer une analyse détaillée des dernières zones de forêt boréale encore vierge, qui sont plus que jamais menacées par l’exploitation forestière.
Au Canada, cinq zones de forêt menacée aux paysages spectaculaires courent un risque particulièrement élevé.
Cliquez sur la carte pour en savoir plus sur chacune d'entre elles.
Pistes de solutions
Greenpeace préconise un mode de gestion de la forêt boréale qui repose sur une coopération accrue (plutôt que la compétition) entre l'écosystème, les communautés locales et les intervenants économiques. Puisqu'à peine 10,7 % de la superficie de la forêt dite « commerciale » est protégée en permanence par des mesures législatives, nous croyons que la création d'un vaste réseau d’aires protégées, qui inclut les cinq zones de forêts menacées, est absolument essentielle. Greenpeace collabore avec les compagnies forestières prêtes à passer de la parole aux actes, ainsi qu'avec leurs clients et les gouvernements, afin de trouver des solutions qui s’appliqueront à long terme. Nous croyons qu'il est à la fois possible de protéger la forêt, d'assurer la prospérité des communautés locales et de garantir l’approvisionnement stable des marchés.
Pour en savoir plus sur la manière dont Greenpeace coopère avec les compagnies forestières écoresponsables, consultez notre rapport Alerte boréale : Plaidoyer pour que cesse la consommation de bois et de papier provenant des forêts menacées.
Les chefs de file
Plusieurs grandes compagnies, dont Rona, Kimberly-Clark et Office Depot, ont d'ores et déjà adopté des politiques d'approvisionnement responsables qui restreignent l'achat de produits issus des forêts menacées et à haute valeur pour la conservation. Nous invitons toutes les parties concernées et les décideurs, incluant les compagnies forestières, leurs grands clients corporatifs et les gouvernements provinciaux, à mettre un terme à l’exploitation forestière dans ces territoires jusqu'à ce que des mesures de conservation adéquates soient appliquées.
À travers le monde, Greenpeace a constitué des partenariats avec des compagnies privées, afin d'atteindre des objectifs précis tout en respectant les droits des peuples autochtones. À l'heure actuelle, l’Entente sur la forêt pluviale du Grand Ours (en Colombie-Britannique), l’Alliance amazonienne (au Brésil) et l’Accord Golden Agri-Resources (en Indonésie) contribuent à réduire significativement les menaces qui planent sur les forêts du globe.
Des coupes à blanc dans les Montagnes Blanches
La retardataire
Active en Ontario et au Québec, Produits forestiers Résolu (PFR, anciennement connue sous le nom AbitibiBowater) est l'une des plus grandes compagnies forestières au Canada. Les activités de cette compagnie menacent quelques uns des derniers pans de forêt boréale encore vierge, dans trois des cinq zones menacées identifiées par Global Forest Watch.
Ce que les consommateurs, compagnies forestières, gouvernements et canadiens peuvent faire
Pour favoriser la protection des zones de forêt menacée, les grands acheteurs de produits issus de la forêt boréale doivent :
- Contacter le gouvernement du Québec pour demander la création immédiate d’une aire légalement protégée de 13 000 km2 dans la Vallée de la Broadback.
- Examiner leur chaîne d’approvisionnement pour identifier les produits issus des zones de forêt menacée décrites dans le rapport Alerte boréale, et cesser d’acheter ces produits.
- Exiger de leurs fournisseurs qu’ils mettent un terme immédiat aux coupes forestières dans les zones de forêt menacée, et qu’ils y planifient la création d’aires protégées.
Les gouvernements et compagnies forestières doivent mettre en œuvre les solutions suivantes :
- Le gouvernement du Québec doit légiférer pour protéger la zone de forêt menacée de la Vallée de la Broadback, en conformité avec la gouvernance et le plan d’aménagement du territoire ancestral de la Première Nation crie.
- Les compagnies forestières doivent suspendre la coupe forestière et la construction de routes dans les régions vulnérables de la forêt boréale, et plus particulièrement dans les zones de forêt menacée identifiées dans le rapport Alerte boréale.
- Avec la pleine collaboration de Greenpeace et d’autres organismes, les compagnies forestières doivent favoriser la mise en œuvre rapide de plans d’action dans les zones de forêt menacée. Ces plans doivent se conformer aux droits et aux aspirations des Premières Nations.