Sanctuaires marins 

Les scientifiques nous disent que ça fonctionne, les pêcheurs aussi;même les gouvernements le disent. Alors, travaillons ensemble pour que les sanctuaires marins deviennent réalité : politiciens, pêcheurs, scientifiques, vous, moi et tous nos amis. Un sanctuaire marin, c’est une aire qu’on n’a pas le droit d’exploiter, de détruire ou de polluer. Peut-on penser à meilleur moyen d’améliorer l’état de nos océans?

« Défense d’exploiter » invoque un principe reposant sur un constat tout simple, illustré dans l’image ci-contre : si on laisse le poisson évoluer librement, il grossira. Autre constat : les gros poissons pondent plus d’œufs que les petits. Ainsi, des œufs, des larves et des poissons s’échapperont en abondance d’un sanctuaire marin, vers des zones où il sera permis de les capturer. Si l’industrie cessait de pêcher au rythme actuel et décidait d’appuyer la création de sanctuaires, ses perspectives de survie augmenteraient. Une abondance de poisson, cela signifie aussi plus de nourriture pour les autres espèces et des océans en meilleure santé.

Fish in Los Islotes Seal Colony. 11/20/2006 © Greenpeace / Alex Hofford

Mais ce n’est pas tout :

« Défense d’exploiter » s’appliquerait aussi aux industries extractives comme les minières et les pétrolières. Toutes les deux sont destructrices et polluent à grande échelle. L’exploitation minière en mer (en anglais) est en train de devenir une véritable menace pour la vie marine. Dans la catégorie « défense de détruire », on trouve les techniques de pêche destructives comme le chalutage par le fond. Les chaluts détruisent tout sur leur passage, avec leurs chaînes et leurs sphères métalliques, privant les espèces marines d’un milieu propice pour se nourrir, se reproduire et s'abriter.

Destructive Fishing Methods in the Gulf of Thailand. 06/17/2013 © Athit Perawongmetha / Greenpeace

« Défense de polluer » : Cela semble aller de soi, mais ce ne sont pas uniquement les déversements de pétrole, très médiatisés, qui polluent nos océans. En effet, les dommages les plus graves viennent du continent. Les égouts laissent s’écouler dans l’océan plus de pétrole que les déversements en mer. Le ruissellement transporte  des engrais qui créent des zones mortes effroyables qu’on peut voir de l’espace. Les dérivés du plastique emprisonnent ou étouffent des animaux et créent, d’immenses dépotoirs flottants, dont la superficie est au moins aussi vaste que celle de l’Alberta.

Manila Bay Clean Up. 08/16/2006 © Greenpeace / Gavin Newman

Pour contrer tous ces facteurs, les océans ont besoin de grands sanctuaires. Un grand nombre de scientifiques ont aidé Greenpeace à réunir les cartes et l'information contenue dans son plan de sauvetage des océans (en anglais ). Selon nous, il faudrait assurer que 40 % des océans soient transformé sanctuaires. À l’heure actuelle, moins de 1 % des eaux internationales sont protégées. Il faut donc augmenter la cadence. Nous vous invitons à télécharger le plan, à le lire, à le faire circuler et à choisir un sanctuaire à défendre.

Les sanctuaires marins ne sont pas des zones aléatoirement dessinées sur une carte. Leurs frontières doivent être déterminées en fonction des besoins, en s'appuyant sur les meilleures données scientifiques disponibles, de façon à en tirer un maximum d'avantages. Même les grands voyageurs comme  le thon et lerequin connaîtront une croissance notable de leur population en établissant des périmètres qui protègent les endroits où ils se reproduisent et se nourrissent. Dans les régions côtières, il faudra établir un réseau de plus petits sanctuaires qui permettront aux habitants d'adopter des pratiques de pêche durable qui  assura que le poisson, source de revenu et de nourriture,  continuera à être présent à long terme. 

Reef Investigation in Apo Island. 07/11/2013 © Steve De Neef / Greenpeace

Pareille expansion du nombre et de la superficie des sanctuaires marins n'est pas forcément hors de prix. Dans une étude où l'on a évalué ce que coûterait l'établissement de périmètres protégés, le chiffre de 12 à 14 milliards de dollars (en anglais) a été avancé.

Vous vous êtes peut-être rendu compte que le rapport que nous évoquons ici remonte à dix ans. Il n'a pas encore été mis à jour, mais, selon le US Bureau of Labor Statistics, 14 milliards équivaudraient aujourd’hui à 17 milliards. Admettons que ça coûte autour de 20 milliards. Et puis? On estime qu'en 2015, les ventes de montres, de sacs à main, de chaussures et de bijoux de luxe dépasseront les 307 milliards dans le monde soit QUINZE FOIS ce qu'il en coûterait pour préserver notre atout le plus précieux : les océans.

Plutôt que le coût, c’est la valeur qu’on en retire qui compte, non?