Pollution marine

Publication - 7 mai, 2008
Pendant des centaines d’années, les océans étaient perçus comme de vastes étendues, laissant les humains et leur impact bien petits en comparaison. Nous avons pillé leurs profondeurs, en pensant que le poisson ne manquerait jamais et permis à des millions de tonnes de déchets de flotter sur leurs eaux, telles des gouttes dans la mer.

Nous avions tort. Les répercussions des humains sur les océans du monde ont créé une situation critique. Aujourd’hui, les déversements de pétrole, les rejets en mer, les écoulements agricoles, urbains et industriels, l’exploitation minière en mer et les déchets marins sont répandus partout dans le monde, si bien que les océans vierges n’existent plus. Les sources terrestres seraient responsables d’environ 44 pour cent des polluants pénétrant dans la mer, les sources atmosphériques, d’environ 33 pour cent. En revanche, le transport maritime ne serait responsable que d’environ 12 pour cent.

Les grands déversements de pétrole découlant d’accidents en mer ravagent la vie sauvage, les plages, le tourisme et les pêches de la région. En réalité, de petits déversements de pétrole se produisent chaque jour. De l’entretien constant des bateaux et des voitures au forage en mer, en passant par les déversements de pétrole relativement secondaires, notre dépendance envers le pétrole s’étend à nos océans. L’impact des déversements de pétrole, grands ou petits, dépend de la sensibilité du milieu, du type de pétrole et de l’étendue des dégâts. Au cours d’un récent accident au large de la côte nord-est de l’île de Vancouver, un camion transportant 10 000 litres de diesel a été renversé dans la réserve écologique de Robson Bight, une réserve d’épaulards. Le camion, intact à 350 mètres sous le niveau de la mer est une bombe à retardement dans un habitat pourtant délicat et voué justement à être protégé contre ce genre de problèmes.

Toutefois, il n’y a pas que le pétrole qui abîme nos océans. Les eaux usées domestiques, déversements industriels, écoulements urbains, accidents, explosions, rejets en mer, fertilisants et pesticides agricoles, exploitation minière et déversements radioactifs flottent dans nos océans, infectant tous les niveaux de la chaîne alimentaire. La population de bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent est malheureusement reconnue pour le niveau de toxines mesuré dans leurs corps. L’estuaire draine certaines des régions les plus industrialisées au monde : les Grands Lacs. En outre, la vallée du Saint-Laurent accueille de considérables activités agricoles. Les épaulards du Saint-Laurent enregistrent le plus haut taux de cancer chez tous les cétacés, représentant la moitié de tous les cas rapportés au monde. Les bélugas morts présentent régulièrement un grand nombre de tumeurs et de lésions et sont si contaminés au mercure, au plomb, PCB, DDT et autres toxines que leurs corps sont traités comme des déchets toxiques.

Les répercussions de la pollution varient. Les éléments nutritifs de fertilisants et de pesticides utilisés en agriculture industrielle sont souvent emportés par les voies navigables puis dans l’océan. L’excès d’éléments nutritifs stimule la prolifération de végétaux planctoniques, qui est aussi causée par les remontées naturelles d’eau froide riche en éléments nutritifs. Bien que cette prolifération soit parfois inoffensive, les végétaux rouges ou brun toxique peuvent être nuisibles pour les mollusques et poissons, causant l’apparition de crises d’empoisonnement marin paralysant chez les humains. Toutefois, même les végétaux verts non toxiques peuvent être nuisibles.

Lorsque les gros végétaux meurent et se décomposent, ils utilisent l’oxygène dans l’eau, créant des « creeping dead zones » (CDZ), où il n’y a pas assez d’oxygène dissout dans l’eau pour soutenir la vie marine. L’Île-du-Prince-Édouard se bat contre des quantités alarmantes de poissons morts (mortalité massive) dans ses fleuves. Depuis 1994, pas moins de 27 cas de mortalité massive ont été liés aux écoulements agricoles, comprenant un grand nombre de saumons et de truites juvéniles, au centre de la lucrative pêche sportive de l’Î.-P.-É.

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