Prises accessoires

Publication - 7 mai, 2008
Dans de nombreux lieux de pêche, les poissons capturés ne sont pas ceux ciblés et, dans de nombreux cas, ils sont simplement rejetés à la mer, morts ou en train de mourir. Dans certaines pêcheries de chalutage de crevette, le rejet peut représenter 90 % de la prise. D'autres pêcheries tuent des oiseaux marins, des tortues et des dauphins, parfois en grands nombres.

Les estimations concernant la gravité du problème des prises accessoires varient. Les derniers rapports suggèrent qu'environ 8 % de la prise totale au niveau mondial est remis à la mer mais des estimations antérieures indiquaient qu'environ un quart de celle-ci pouvait être repassé par dessus bord. Personne ne connaît véritablement la réalité du problème.

La capture accidentelle, ou prise accessoire, de mammifères, oiseaux marins, tortues, requins et de nombreuses autres espèces est reconnue comme étant un problème majeur dans de nombreux endroits du monde. Ce chiffre inclut des espèces non ciblées ainsi que des espèces de poisson visées qui ne peuvent être ramenées à terre car, par exemple, les poissons n'ont pas la taille minimale requise. Bref, entre 6,8 et 27 millions de tonnes de poisson peuvent être jetées chaque année, ce qui reflète les grandes incertitudes quant aux données relatives à cette question cruciale.

L'ampleur de cette mortalité est telle que les prises accessoires dans certains lieux de pêche peuvent affecter la structure et le fonctionnement des écosystèmes marins au niveau de la population, de la communauté et de l'écosystème. Les prises accessoires sont largement reconnues comme l'une des conséquences environnementales les plus graves des méthodes de pêche commerciales modernes.

Les victimes

Différents types de pratiques de pêche entraînent la mort de diverses espèces/animaux dans les prises accessoires : les filets tuent des dauphins, marsouins et baleines, la pêche à la palangre tue les oiseaux, et le chalutage de fond dévaste les écosystèmes marins.

Il a été estimé que 100 millions de requins et de raies au total sont capturés et rejetés chaque année. Les pêcheries de thon qui, dans le passé, comptaient un grand nombre de prises accessoires de dauphins, sont toujours responsables de la mort de nombreux requins. Environ 300 000 cétacés (baleines, dauphins et marsouins) meurent également dans les prises accessoires chaque année car ils ne peuvent s'échapper lorsqu'ils sont pris dans les filets.

Les oiseaux plongent sur les appâts fixés au bout des lignes de pêche, les avalent (hameçons compris) et se noient, incapables de remonter à la surface. La pêche à la palangre est responsable de la mort d'environ 100 000 albatros chaque année, ce qui fait que de nombreuses espèces sont désormais en voie de disparition.

Le chalutage de fond est une méthode très destructrice qui consiste à balayer le fond des océans, afin d'y pêcher les espèces qui y vivent. Outre les espèces de poisson visées, cette méthode entraîne la capture accessoire d'espèces sans intérêt du point de vue commercial comme les étoiles de mer et les éponges. Un seul passage de chalut récolte jusqu'à 20 % de la faune et de la flore du plancher océanique. La pêcherie qui présente le taux de captures accessoires le plus élevé est la pêche à la crevette : le plus souvent, plus de 80 % des prises sont constituées d'espèces marines autres que les crevettes qui sont ciblées.

Technologie

De nombreuses solutions techniques existent pour réduire les prises accessoires. Les dispositifs d'exclusion des tortues sont utilisés dans certaines pêcheries de crevettes pour éviter de tuer des espèces de tortue. Dans le cas de la pêche à la palangre, le processus de mise en place des hameçons peut être modifié et des dispositifs d'effarouchement des oiseaux peuvent être employés pour réduire de manière radicale le nombre d'oiseaux tués. Pour éviter que les dauphins ne se prennent dans les filets, d'autres dispositifs peuvent être utilisés. Les émetteurs sous-marins d'ultrasons sont attachés aux filets et éloignent les dauphins mais ne sont pas toujours efficaces. Les grilles d'évasion, qui consistent en des grilles métalliques à larges ouvertures, conçues pour entraîner les cétacés en dehors du filet ont également été utilisées.

Même si ces dispositifs peuvent être utiles, ils ne sont pas la solution au problème des prises accessoires. L'utilisation de tels dispositifs doit faire l'objet d'un suivi continu qui permette d'évaluer leur efficacité et les impacts négatifs qu'ils pourraient éventuellement avoir. Concrètement, ils seront probablement utilisés uniquement dans les zones disposant d'une gestion des pêcheries très développée et d'organismes chargés de faire appliquer la réglementation.

Au niveau mondial, il est probable que le seul moyen efficace de résoudre le problème des prises accessoires consiste à contrôler l'effort de pêche. La meilleure façon d'y parvenir semble de créer des réserves marines. Cependant, dans les cas d'espèces très mobiles telles que les oiseaux marins et les cétacés, le seul moyen efficace d'empêcher les prises accessoires est de cesser de recourir à des méthodes de pêche particulièrement dévastatrices.

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