Techniques de pêche

Publication - 19 mai, 2009
Certaines méthodes de pêche ont un impact dévastateur sur les autres espèces et sur les habitats marins. Elles ne se contentent pas de détruire les habitats, mais capturent aussi un grand nombre d’animaux marins tels que requins, tortues, dauphins et oiseaux de mer. Les techniques les plus durables n’ont pas d’impact sur les fonds marins et capturent uniquement la ou les espèces ciblées, elles sont non destructrices et sélectives.
Pots and traps

Pièges et nasses

Fonctionnement
Les pièges et les nasses prennent un grand nombre de formes, allant de la cage au panier, à une ou plusieurs ouvertures, avec ou sans appât. Elles sont déposées sur le fond marin, seule ou en ligne, et sont dans ce cas reliées par des cordes. Une bouée signale leur position. Les animaux entrent par une ouverture et ne peuvent ressortir.

Cibles
Les poissons de fond et les crustacés (homards, crabes)

Avantages
Certaines espèces peuvent être ciblées dans des zones spécifiques ou en utilisant certains types d’appât. Tout juvénile ou espèce non ciblée capturée peut être rejetée vivante à la mer sans blessure.

Problèmes
Les cordes peuvent piéger les mammifères marins. Certaines pêcheries rencontrent des problèmes avec de jeunes phoques qui se piègent dans les nasses et se noient, mais des mesures permettent de prévenir cela.


Hook-and-line

Pêche à la ligne et à l’hameçon

Ce terme générique désigne une large variété de techniques de pêche qui emploient de courtes lignes possédant chacune un hameçon (par opposition à la palangre qui sont de longues lignes avec de multiples hameçons). Ces techniques utilisent des appâts ou des leurres de façons très diverses pour attirer leur cible.

La technique manuelle utilise des lignes munies d’hameçons appâtés lancées depuis un bateau stationnaire ou en mouvement. Des systèmes mécanisés permettent de lancer plusieurs lignes simultanément avec un équipage réduit, en automatisant et en réduisant la durée du halage.

La technique recourant à des lignes gréées sur des cannes permet d’attirer près du bateau les bancs de poisson évoluant en surface à l’aide d’appâts vivants ou morts et à l’aide de la projection de jets d’eau qui simulent de petites proies en train de fuir. Les lignes permettent d’hameçonner le poisson, qui est alors propulsé vers le pont du bateau manuellement ou par un système automatisé. Cette technique s’applique surtout aux thons évoluant en surface comme la bonite ou le germon.

La technique à la traine utilise des lignes garnies d’appâts ou de leurres trainées à une certaine profondeur par un bateau. Plusieurs lignes sont trainées à la fois. Cela est aussi utilisé pour le thon.

La technique de pêche à la turlutte utilise des leurres sur une ligne verticale agitée de haut en bas à la main ou mécaniquement. Utilisée la nuit cette méthode est très efficace pour capturer des calamars qui sont attirés par les lumières et reflets.

Espèces ciblées
Une large variété de poissons des fonds marins et pélagiques (de pleines eaux), calamars et seiches.

Avantages
Ces méthodes sont plus sélectives que toutes les autres pour ce qui est de l’espèce et de la taille, et fournissent des prises de haute qualité. Elles peuvent être utilisées dans les frayères dans la mesure où les poissons ne mordent à l’hameçon qu’une fois la reproduction assurée. Les lignes étant jetées pour un temps très court cela permet de rejeter à la mer et vivante toute prise accessoire non désirée.


Pelagic long-lines

Palangres pélagiques

Les palangres sont de courtes lignes portant des hameçons appâtés, attachées à intervalles réguliers à une ligne principale qui repose sur le fond ou qui est suspendue horizontalement à l’aide de bouées. Une ligne principale peut mesurer 150 kilomètres et porter plusieurs milliers d’hameçons.

Espèces ciblées
Un large éventail d’espèces pélagiques (passant la plupart de leur temps en pleines eaux, peu en contact avec le fond), mais cette technique est surtout connue pour le thon et l’espadon.

Inconvénients

Les palangres capturent de nombreux requins menacés, des tortues, des mammifères marins et des oiseaux de mer. Ces prises accidentelles peuvent être réduites grâce plusieurs techniques (hameçon circulaire pour prévenir les captures de tortues, lignes plus profondes pour prévenir les captures de tortues, requins et mammifères). D’autres techniques (mise à l’eau rapide, à une plus grande profondeur, utilisation de repoussoirs à oiseaux ou de dispositifs qui masquent les appâts, pose des lignes durant la nuit) peuvent réduire les captures d’oiseaux de mer qui se prennent aux hameçons ou se noient lorsqu’ils plongent pour attraper les appâts.


Bottom long-lines

Palangres de fond

Les palangres sont de courtes lignes portant des hameçons appâtés, attachées à intervalles réguliers à une ligne principale qui repose sur le fond ou à proximité. Une ligne principale peut mesurer 150 kilomètres et porter plusieurs milliers d’hameçons.

Espèces ciblées
Une large variété d’espèces benthiques et démersales (celles qui passent la plus grande partie de leur vie au fond de la mer ou à proximité), y compris la morue, l’aiglefin et les poissons plats.

Avantages
Elles ont un impact moindre sur le fond marin que d’autres engins de fond tels que les chaluts.

Inconvénients
Il y a des prises accessoires d’espèces non ciblées. Les lignes qui se perdent et restent coincées sur le fond continuent à attraper des poissons pendant un certain temps, elles font ce qu’on appelle une pêche « fantôme ».


Pelagic gillnets

Filets maillants pélagiques

Les filets maillants sont constitués de fils fins et sont maintenus à la surface ou près de la surface par des poids et des flotteurs, ils sont retenus par des ancres. Si la tête d’un poisson passe à travers le filet mais que son corps ne peut pas passer, il se coince lorsqu’il se débat pour en sortir.

Espèces ciblées
Un large éventail d’espèces pélagiques, y compris le saumon et le hareng.

Fonctionnement
Les filets maillants dérivants flottent librement au gré du courant ou sont trainés par un bateau, en travers du passage de bancs de poissons migrateurs.

Avantages
Quand il est pose correctement avec un maillage approprié, ce filet peut être très sélectif : les petits poissons passent au travers et les plus gros ne s’y coincent pas la tête.

Inconvénients
Des filets mal posés ou un mauvais choix de maillage peuvent entraîner un taux élevé de prises accessoires. Les filets maillants sont associés à la prise accessoire de mammifères marins. Des dispositifs acoustiques attachés au filet peuvent éloigner certains mammifères marins, mais l’efficacité de ces dispositifs varie en fonction de la zone de pêche et des espèces de mammifères marins en présence.

Les filets maillants dérivants sont associés à de forts niveaux de prises accessoires et les filets pélagiques de plus de 2,5 km sont interdits par une résolution des Nations Unies. Les filets perdus ou abandonnés sciemment continuent à tuer des animaux marins, ce sont des filets « fantômes ».


Bottom gillnets

Filets maillants de fond

Les filets maillants de fond sont constitués de fils fins. Leur partie basse reposant sur le fond marin et ils sont maintenus en place par des poids, des flotteurs et des ancres. Si la tête d’un poisson passe à travers le filet mais que son corps ne peut pas passer, il se coince lorsqu’il se débat pour en sortir.

Espèces ciblées
Un large éventail d’espèces démersales incluant le cabillaud, l’églefin, les poissons plats et les crevettes.

Fonctionnement
Certains types de filets maillants appelés trémails sont des filets maillants de fond faits de 3 couches de filet, les deux filets externes possédant de larges mailles et le filet interne étant fait de petites mailles lâches. Les poissons se retrouvent coincés dans les petites mailles après être passés au travers d’un des filets externes.

Avantages
Quand ils sont placés correctement et avec une maille adéquate, ces filets peuvent être très sélectifs : les petits poissons passent au travers et les plus gros ne s’y coincent pas la tête. Les filets maillants de fond ont un impact moindre sur le fond marin que les autres engins de fond tels que les chaluts.

Inconvénients
Des filets mal posés ou un mauvais choix de maillage peuvent entraîner un taux élevé de prises accessoires. Les filets perdus ou abandonnés sciemment continuent à tuer des animaux marins, ce sont des filets « fantômes ».

Les filets maillants sont associés à la prise accessoire de mammifères marins. Des dispositifs acoustiques attachés au filet peuvent éloigner certains mammifères marins, mais l’efficacité de ces dispositifs varie en fonction de la zone de pêche et des espèces de mammifères marins en présence.


Purse seines

Senne tournante et coulissante

Les poissons sont encerclés par un large mur de filet déposé par une embarcation auxiliaire du bateau de pêche. Ce mur ce referme lorsque l’équipage actionne les filins qui ferment le bas du filet comme une bourse, ce qui empêche les poissons de sortir.

Espèces ciblées
Les espèces pélagiques (celles qui passent la plus grande partie de leurs vies dans les profondeurs, mais rarement sur le fond) évoluant en bancs telles que harengs, maquereaux, thons et les poissons qui se rassemblent pour frayer comme les calmars.

Avantages
Cette méthode peut être extrêmement sélective, avec peu de prises accessoire, quand elle cible des bancs de spécimens adultes d’une espèce donnée.

Inconvénients
Certaines pêcheries de thon jettent leurs sennes sur des débris flottants ou sur des dispositifs artificiels appelés « concentrateurs de poissons ». Ces derniers attirent beaucoup de poissons tels que thon, requins, tortues et mammifères marins qui viennent se nourrir et trouver un abris auprès de ces concentrateurs. Quand les sennes sont utilisées avec ces concentrateurs, il en résulte un fort taux de prises accessoires de jeunes thons juvéniles et d’autres espèces marines. Dans les pêcheries de thon tropical (Pacifique par exemple), il était courant afin de maximise les prises de traquer puis de jeter les sennes autour des troupeaux de dauphins car, étrangement, ils sont associés à des bancs de grands thons albacore. Avant 1990 cela a conduit à tuer des millions de dauphins, mais à présent il est techniquement possible de permettre aux dauphins de s’échapper. Cependant, pourchasser les dauphins peut conduire à perturber leur comportement ou à les blesser dans les filets. Le stress ou le fait qu’un petit peut être séparé de sa mère, peuvent aussi conduire à leur mort.


Pelagic trawls

Chaluts pélagiques

La partie frontale du filet est souvent faite de très larges mailles ou de cordes, qui conduisent les poissons vers le fond du filet qui est en forme d’entonnoir. Ces filets peuvent être traînés par un voire deux bateaux (chalutage en bœuf).

Espèces ciblées
Un large éventail d’espèces pélagiques évoluant en bancs, tels que anchois, harengs, maquereaux, et les poissons qui se rassemblent pour frayer tels que les bars ou les morues.

Avantages

Cette méthode peut être très sélective, avec peu de prises accessoires d’autres espèces quand elle cible des bancs d’adultes d’une espèce.

Inconvénients
Les chaluts pélagiques, et spécialement le chalutage en bœuf, sont associés à des prises accessoires de cétacés, de tortues et autres mammifères marins dans certaines zones. La prise accessoire de juvéniles de l’espèce cible peut aussi être élevée dans certaines pêcheries.


Danish seines

Seines danoises

Un filet similaire à un petit chalut, avec un filet conique en guise de sac et deux longues ailes en filet. De longues et lourdes cordes attachées sur chaque aile sont utilisées pour encercler une grande zone du fond marin et conduire les poissons dans le filet, puis pour ramener le filet à bord.

Espèces ciblées
Un large éventail d’espèces benthiques (celles qui passent la plus grande partie de leurs vies au fond de la mer), spécialement les poissons plats.

Avantages
Les seines danoises sont plus légères, n’ont pas de lourdes chaînes ou de panneaux et ne sont pas conçues pour racler le fond marin. Elles peuvent donc avoir un impact moindre sur le fond marin, un moindre taux de prises accessoires et utilisent moins de carburant que la plupart des chaluts de fond.

Inconvénients
Les lourdes cordes peuvent perturber le fond marin, et il y a quelques prises accessoires de juvéniles et d’espèces non-commerciales.


Demersal otter trawls

Chaluts de fond à panneau

Un type de chalut de fond qui possède deux lourds panneaux rectangulaire maintenant l’ouverture horizontale d’un filet en forme d’entonnoir quand il est tiré par le bateau. L’ouverture verticale est assurée par des poids pour la partie basse du filet et par des flotteurs pour la partie haute.

Espèces ciblées
Un large éventail d’espèces benthiques et démersales (celles qui passent la plus grande partie de leurs vies sur les fonds marins ou juste au-dessus), incluant la morue, l’églefin, le merlu et les poissons plats tels que la plie et la sole.

Fonctionnement
La partie basse de l’ouverture du filet est traînée le long du fond marin à l’aide de bobines, roues et «sauteurs de roche», qui peuvent rouler sur le fond marin ou le creuser, voire rebondir sur les obstacles.

Inconvénients
Le chalutage de fond et le dragage sont des méthodes destructrices et qui gaspillent énormément d’énergie et de ressources : les écosystèmes présents sur le fond marin sont comme labourés et de nombreux organismes sont écrasés sur le passage du chalut ou avalés par le filet.

Bien que l’importance de ces impacts ne soient pas la même pour toutes les pêcheries recourant au chalutage de fond, et dépende de certains facteurs (par exemple le type de chalut utilisé, la composition de l’habitat, les espèces présentes, les perturbations naturelles), les zones ciblées sont le plus souvent très régulièrement chalutées et ont donc peu de chance de se régénérer, même si il s’agit des milieux benthiques les moins sensibles.

De plus, il y a des niveaux significatifs de prises accessoires. Les poissons trop petits ou d’espèces non-commerciales sont jetées par dessus-bord, morts ou mourants. Les chaluts de fond à panneau rejettent couramment près de 30 % en poids de leurs prises alors que les chaluts à perche rejettent jusqu’à 70 % en poids de leurs prises.

Les organismes de gestion des pêches ayant fait très peu pour limiter les zones ouvertes au chalutage de fond, et sachant qu’il existe trop peu de réserves marines pour permettre la régénération et les comparaisons sur une base scientifique des zones pêchées et des zones non pêchées, Greenpeace ne soutient pas l’utilisation du chalutage de fond.


Beam trawls

Chaluts à perche

Un type de chalut de fond où l’ouverture horizontale du filet est assurée par une lourde perche reliée à chaque extrémité à des guides ou des patins qui glissent sur le fond marin. Sur les fonds sableux ou vaseux, une série de chaînes gratteuses sont attachées entre les deux patins en avant du filet afin de perturber les poissons présents dans les sédiments et les pousser dans le filet.

Espèces ciblées
Un large éventail d’espèces benthiques (celles qui passent la plus grande partie de leur vie au fond de la mer), spécialement les poissons plats et les crevettes.

Fonctionnement
Sur fonds rocheux, ces chaînes sont remplacées par des tapis de chaînes. Plusieurs chaluts sont traînés, un de chaque côté du bateau, et les chaluts les plus larges ont des perches mesurant jusqu’à 12 mètres.

Inconvénients
Le chalutage de fond et le dragage sont des méthodes destructrices et qui gaspillent énormément d’énergie et de ressources, et tout particulièrement les chaluts à perche : les écosystèmes présents sur le fond marin sont comme labourés et de nombreux organismes sont écrasés sur le passage du chalut ou avalés par le filet.

De plus, il y a des niveaux significatifs de prises accessoires. Les poissons trop petits ou d’espèces non-commerciales sont jetées par dessus-bord, morts ou mourants. Les chaluts de fond à panneau rejettent couramment près de 30 % en poids de leurs prises alors que les chaluts à perche rejettent jusqu’à 70 % en poids de leurs prises. Les organismes de gestion des pêches ayant fait très peu pour limiter les zones ouvertes au chalutage de fond, et sachant qu’il existe trop peu de réserves marines pour permettre la régénération et les comparaisons sur une base scientifique des zones pêchées et des zones non pêchées, Greenpeace ne soutient pas l’utilisation du chalutage de fond.


Dredges

Dragues

Une drague consiste en une structure métallique triangulaire munie d’une barre portant des dents, et derrière laquelle est traîné un tapis fait d’anneaux métalliques reliés les uns aux autres (comme un grillage extrêmement grossier). Un épais filet est fixé à ce tapis sur les deux côtés et au fond de manière à former un sac dans lequel les prises sont retenues (le dessin montre 3 dragues attelées côte-à-côte).

Espèces visées
Les coquillages tels que les coquilles Saint-Jacques.

Fonctionnement
Les coquillages sont raclés sur le sable ou le gravier et poussés au fond du sac. Plusieurs dragues sont tirées par une barre d’attelage et les plus gros bateaux traînent généralement deux barres d’attelage, une de chaque côté du bateau.

Dans les dragues hydrauliques de l’eau est projetée sur le fond pour déplacer les coquillages et les pousser au fond du sac, alors que dans les dragues à succion, le tout est aspiré à la surface à travers un tuyau à large section.

Inconvénients
Le chalutage de fond et le dragage sont des méthodes destructrices et qui gaspillent énormément d’énergie et de ressources : les écosystèmes présents sur le fond marin sont comme labourés et de nombreux organismes sont écrasés sur le passage du chalut ou avalés par le filet.

Bien que l’importance de ces impacts ne soient pas la même pour toutes les pêcheries recourant au chalutage de fond, et dépende de certains facteurs (par exemple le type de chalut utilisé, la composition de l’habitat, les espèces présentes, les perturbations naturelles), les zones ciblées sont le plus souvent très régulièrement chalutées et ont donc peu de chance de se régénérer, même si il s’agit des milieux benthiques les moins sensibles.

De plus, il y a des niveaux significatifs de prises accessoires. Les poissons trop petits ou d’espèces non-commerciales sont jetées par dessus-bord, morts ou mourants. Les chaluts de fond à panneau rejettent couramment près de 30 % en poids de leurs prises alors que les chaluts à perche rejettent jusqu’à 70 % en poids de leurs prises.

Les organismes de gestion des pêches ayant fait très peu pour limiter les zones ouvertes au chalutage de fond, et sachant qu’il existe trop peu de réserves marines pour permettre la régénération et les comparaisons sur une base scientifique des zones pêchées et des zones non pêchées, Greenpeace ne soutient pas l’utilisation du chalutage de fond.

Thèmes