Les « Deux de Tokyo » : un message de Junichi Sato

Publication - 8 juin, 2010
Je suis heureux de pouvoir aujourd’hui vous envoyer ce message depuis Tokyo et vous remercier tous pour votre soutien et vos encouragements.

Greeenpeace se bat de manière pacifique pour la protection de l’environnement depuis plusieurs décennies. Cet organisme, qui vit le jour dans une résidence privée à Vancouver avant ma naissance, est maintenant une force internationale de changement pour le bien.

Chacun d’entre vous fait vivre cette histoire et ces traditions. Cependant, comme mon collègue Toru Suzuki et moi l’avons durement appris, s’élever contre la destruction de notre fragile planète peut comporter des risques importants.

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée Mondiale des Océans, nous pouvons célébrer le fait que nous en sachions beaucoup plus sur notre planète bleue que jamais auparavant. Nous avons envoyé des sous-marins dans les canyons les plus profonds et nous avons parcouru les quatre coins du monde, découvrant ainsi de nouvelles espèces et de nouveaux écosystèmes. Nous comprenons maintenant de quelles façons ils interagissent et vivent ensemble. Nous avons pu constater que la surpêche, même lorsqu’une seule espèce est concernée, peut avoir des effets dévastateurs sur un écosystème tout entier et nous comprenons que la protection de nos océans ne peut s’opérer dans des zones isolées ou viser des espèces individuellement. Avec votre aide, nous avons envoyé les bateaux de Greenpeace parcourir les mers, faisant escale pour mettre fin à la destruction et défendre nos océans.

Au Japon, nous travaillons pour faire cesser la pêche à la baleine depuis que notre bureau a ouvert ses portes il y a 20 ans. La pêche à la baleine au Japon est l’un des exemples les plus extrêmes des pertes inutiles de vies dans l’océan. Il y a deux ans, mon collègue Toru et moi avons pris des mesures pour tenter de renverser la vapeur concernant la pêche à la baleine chez nous au Japon. Et depuis deux ans, nous payons le prix de cette protestation pacifique. Nous avons été arrêtés et détenus sans inculpation pendant 23 jours, attachés à des chaises alors que nous étions interrogés sans la présence d’un avocat. Nous avons été accusés de vol et de violation du droit de propriété en raison des mesures que nous avons prises pour obtenir la preuve d’un marché noir organisé et de détournements de fonds aux plus hauts paliers du gouvernement. Je sais que j’ai fait la bonne chose et je ne suis pas le seul à être de cet avis. Le groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé que notre enquête avait été effectuée dans le cadre de la légalité, que les poursuites engagées contre nous étaient de nature politique et que nos droits humains avaient été violés. Malgré cela, et en dépit des innombrables voix qui se sont élevées à travers le monde entier, Toru et moi risquons toujours une peine de prison pouvant atteindre dix ans.

Notre affaire n’est pas le seul exemple de répression de manifestations pacifiques. La même chose commence à se produire dans d’autres prétendues démocraties. Que Toru et moi vous servions d’avertissement ; si votre droit d’agir pour défendre l’environnement vous tient à coeur, cette affaire de persécution politique à l’encontre des militants de Greenpeace doit être la dernière.

Je compte donc sur vous, chers amis « combattants de l’arc-en-ciel », pour vous assurer que la voix de Greenpeace sera clairement entendue ici au Japon. Rendez-vous sur le site Internet pour envoyer une lettre à votre ministre des Affaires étrangères et lui demander de poursuivre les vrais criminels de la pêche à la baleine et de défendre notre droit de sauver la planète.

- Junichi Sato, au nom des « Deux de Tokyo »-