Page - 26 juin, 2009
La surpêche est l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins. Notre appétit pour les poissons et fruits de mer est largement supérieur à la capacité de régénération des océans, ce qui a des conséquences désastreuses sur les écosystèmes marins, la sécurité alimentaire et la survie des 200 millions d’êtres humains qui travaillent au sein de l’industrie de la pêche.
Prises à bord d’un chalut de fond de l’UE, le Ivan Nores, dans la région du banc Hatton de l’Atlantique Nord, à 660 kilomètres au nord-ouest de l’Irlande. Les chaluts de fond, provenant pour la plupart des pays de l’UE, traînent des engins de pêche pesant plusieurs tonnes sur le fond marin, détruisant la vie sauvage marine et dévastant la vie dans les montagnes sous-marines – ou « monts sous-marins ».
La surpêche est un cycle autodestructeur, alimentée par la
demande mondiale sans cesse croissante pour les poissons et fruits
de mer. Cette demande ainsi que le développement technologique
permettant aux navires de poursuivre et pêcher un nombre sans
précédent d'espèces marines ne laissent presque plus aucun refuge
aux les poissons.
La pêche moderne se résume à une industrie qui s'impose par des
navires de pêche dépassant de loin la capacité de Mère Nature à
régénérer les stocks de poissons. De nos jours, les immenses
flottes commerciales sont surtout des usines flottantes, équipées
pour extraire d'énormes quantités d'espèces marines, pouvant les
transformer et les emballer, avant même qu'elles n'aient atteint le
port. Les poissons n'ont simplement aucune chance face aux systèmes
de repérage sophistiqués, aux méthodes de pêche irresponsables et à
la très grande capacité de stockage des bateaux.
Pour aggraver la situation, la dynamique des populations de
poissons est souvent mal comprise et il est quasi impossible de
gérer efficacement les eaux internationales. Surgissent alors des
problèmes tels que la pêche illégale, le transbordement (la
décharge des prises d'un navire à un autre en mer) et la
déclaration banalisée des prises.
Les espèces ayant la plus grande valeur marchande sont
généralement les grands prédateurs comme le thon, le marlin, la
morue et l'aiglefin. Une fois ces stocks épuisés, l'industrie se
tourne vers les espèces qui sont à la base de la chaîne alimentaire
et pêche ainsi de plus petits poissons. L'écosystème tout entier
en est bouleversé ainsi que le fragile équilibre établi depuis des
centaines de milliers d'années d'évolution. Cette situation
entraîne la prolifération des plus petits organismes. Dans
certaines parties de l'océan Pacifique, par exemple, les oursins
ont complètement dévasté les groupements d'algues marines
(laminaires), conséquence de la surpêche de leurs prédateurs.
Verra-t-on dans nos assiettes des poissons de plus en plus
petits?
À travers le monde, les répercussions sociales de la surpêche se
sont fait sentir dans les communautés côtières où la pêche est à la
base de l'économie et donc de leur survie. Par exemple, les flottes
européennes, après avoir épuisé les stocks de leurs propres eaux,
ont envahi celles de l'Afrique de l'Ouest, passant des accords avec
plusieurs gouvernements nationaux pour y pêcher. Les communautés
côtières qui vivent de la pêche traditionnelle, et pour qui le
poisson représente la plus grande source de protéines, sont
démunies face à la soudaine baisse de leurs prises. Une fois les
eaux vidées des espèces les plus lucratives, les flottes
commerciales continuent leur chemin, laissant derrière eux les
petites communautés, leurs filets et leurs ventres vides.
Au Canada, l'effondrement de la pêche à la morue de Terre-Neuve
et le moratoire qui a suivi ont entraîné de graves répercussions
sur l'économie locale et provinciale. Ce cas est loin d'être isolé
et risque de se multiplier de par le monde si l'industrie continue
de fermer les yeux et de ne s'intéresser qu'à ses profits à court
terme.