Protocole de Kyoto : l’engagement du Canada

Page - 7 juillet, 2009
<p>Les gouvernements fédéraux successifs n'ont pas lutté efficacement contre les changements climatiques parce qu'ils n'ont pas réussi à réduire les gaz à effet de serre.</p><p>Le Canada avait pourtant accept&eacute; de r&eacute;duire substantiellement ses &eacute;missions d'ici 2012 en signant le Protocole de Kyoto. </p><p>Le Canada ne va pas respecter ses engagements internationaux.</p>

Les bénévoles KYOTOplus à la marche des travailleurs en mai 2008.

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Un des principaux objectifs de la conférence sur le climat à Copenhague est l'élaboration d'une entente consolidant et prolongeant le Protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Protocole se termine en 2012. Une nouvelle entente permettrait de couvrir la période de 2013 à 2017.

Malgré la ratification du Protocole de Kyoto, les gouvernements canadiens qui se sont succédé ont failli de réduire les émissions du Canada. À Copenhague, le Canada présentera l'un des dossiers les plus honteux en matière de réchauffement climatique parmi tous les pays participants.

Des échecs à répétition

Les gouvernements libéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin avaient promis d'agir en matière de changements climatiques, mais ils n'ont pas tenu parole.

De son côté, le gouvernement du premier ministre Stephen Harper avait déclaré lors de la prise du pouvoir par les Conservateurs en janvier 2006 que les cibles du Protocole de Kyoto étaient «inatteignables ».

Compte tenu que les émissions de gaz à effet de serre du Canada sont 34 pour cent plus élevées que notre cible fixée dans le cadre de Kyoto, le pays est en bonne voie de manquer à sa promesse envers le reste du monde.

La Position du Canada concernant le Protocole de Kyoto depuis 1992

 

1992 - 189 pays réunis au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, comprenant le Canada et d'autres membres du G8, adoptent la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

1995 - Conscients que la CCNUCC ne suffirait pas à protéger le climat, le Canada et d'autres pays membres des Nations Unies entament des négociations dans le but de rédiger un « protocole » à la convention doté de cibles et de calendriers juridiquement contraignants permettant de réduire les gaz à effet de serre, considérant l'urgence du problème.

1997 - Lors de la Troisième Conférence des Parties à la CCNUCC au Japon, le Canada et d'autres nations acceptent le Protocole de Kyoto.

2002 - En décembre 2002, le Canada ratifie le Protocole de Kyoto, s'engageant par le fait même à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2008-2012.

2005 - Le Protocole de Kyoto prend effet le 16 février 2005 et a donc force d'obligation pour le Canada et les autres pays l'ayant ratifié.

2005 - En décembre 2005, le Canada accueille à Montréal la première réunion des parties au Protocole de Kyoto et la 11e Conférence des Parties à la CCNUCC.

Le plan de Stephen Harper est une succession d'échecs

Le gouvernement Harper a déposé en 2007 un plan intitulé « Prendre le virage » dont le but est de lutter contre les changements climatiques. Or ce plan est beaucoup trop timide.

Le plan Harper propose une réduction de 20 % par rapport au niveau de 2006.

Le plan Harper cherche délibérément à confondre les Canadiens en utilisant 2006 comme année de référence plutôt que 1990, année de référence du Protocole de Kyoto. Les 20 % du plan Harper par rapport à 2006 représentent moins de 3 % par rapport au niveau de 1990, c'est-à-dire beaucoup moins que la cible de 25 % sous le niveau de 1990 telle que préconisée par KYOTOplus.

Autrement dit, le plan Harper ne permettrait même pas d'atteindre en 2020 l'objectif auquel le Canada s'est engagé devant la communauté internationale pour 2012 en vertu de Kyoto. Même au cas où l'on parviendrait à réaliser ces réductions, le Canada émettrait quand même 133 millions de tonnes de plus de dioxyde de carbone par année qu'en adoptant les cibles de KYOTOplus.

KYOTOplus fonde ses arguments sur des données scientifiques établies

Le plan Harper ne s'inspire aucunement de la science associée aux changements climatiques. Ses cibles totalement arbitraires ne servent que d'expédient politique.

Au contraire, les cibles de KYOTOplus se fondent sur l'avis des experts internationaux ayant participé au Quatrième Rapport d'Évaluation (AR4) du Groupe international d'experts sur l'évolution du climat, publié en 2007.

Les objectifs de KYOTOplus représentent le minimum nécessaire à accomplir pour éviter l'aggravation du réchauffement planétaire et les changements climatiques catastrophiques qui en découleraient. Le plan KYOTOplus demande aux pays développés de :

  • réduire leurs émissions de gaz d'au moins 25 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2020;
  • réduire ces émissions de 80 % d'ici 2050.

La Question économique

Le gouvernement Harper affirme à tort que de réduire les émissions de gaz à effet de serre en respectant le Protocole de Kyoto ne se traduirait pas un « désastre économique».

L'exemple du Danemark prouve le contraire. Le pays est parvenu à donner une forte impulsion à son économie en possédant des entreprises écologiques dynamiques et en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre de neuf pour cent par rapport aux niveaux de 1990.

Le Danemark illustre bien ce que des mesures efficaces peuvent accomplir.

En réalité, comme l'a démontré l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, c'est le fait de ne pas agir pour lutter contre les changements climatiques qui coûterait extrêmement cher - 20 fois plus que si nous agissons de façon préventive.

Le Canada se doit d'être leader et non retardataire à Copenhague

Lors de la conférence climatique de Copenhague, le Canada doit finalement faire preuve de leadership et convenir d'une entente juste et obligatoire visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Copenhague peut devenir le tournant de l'histoire environnementale de la planète si les dirigeants mondiaux décident de consolider et de prolonger le Protocole de Kyoto et d'adopter des objectifs comme ceux avancés par KYOTOplus.

Les Canadiens devront exercer de fortes pressions auprès du gouvernement Harper pour que ce dernier prenne des mesures indispensables à l'arrêt du réchauffement planétaire, et ce, pour que le Canada fasse figure de chef de file lors des réunions onusiennes.

Faire pression sur le gouvernement, KYOTOplus est la solution.

Agissez dès maintenant