Les bénévoles KYOTOplus à la marche des travailleurs en mai 2008.
Un des principaux objectifs de la conférence sur le climat à
Copenhague est l'élaboration d'une entente consolidant et
prolongeant le Protocole de Kyoto pour la réduction des émissions
de gaz à effet de serre. Le Protocole se termine en 2012. Une
nouvelle entente permettrait de couvrir la période de 2013 à
2017.
Malgré la ratification du Protocole de Kyoto, les gouvernements
canadiens qui se sont succédé ont failli de réduire les émissions
du Canada. À Copenhague, le Canada présentera l'un des dossiers les
plus honteux en matière de réchauffement climatique parmi tous les
pays participants.
Des échecs à répétition
Les gouvernements libéraux de Jean Chrétien et de Paul Martin
avaient promis d'agir en matière de changements climatiques, mais
ils n'ont pas tenu parole.
De son côté, le gouvernement du premier ministre Stephen Harper
avait déclaré lors de la prise du pouvoir par les Conservateurs en
janvier 2006 que les cibles du Protocole de Kyoto étaient
«inatteignables ».
Compte tenu que les émissions de gaz à effet de serre du Canada
sont 34 pour cent plus élevées que notre cible fixée dans le cadre
de Kyoto, le pays est en bonne voie de manquer à sa promesse envers
le reste du monde.
La Position du Canada concernant le Protocole de Kyoto depuis
1992
1992 - 189 pays réunis au Sommet
de la Terre à Rio de Janeiro, comprenant le Canada et d'autres
membres du G8, adoptent la Convention-cadre des Nations Unies sur
les changements climatiques (CCNUCC).
1995 - Conscients que la CCNUCC ne suffirait pas à
protéger le climat, le Canada et d'autres pays membres des Nations
Unies entament des négociations dans le but de rédiger un «
protocole » à la convention doté de cibles et de calendriers
juridiquement contraignants permettant de réduire les gaz à effet
de serre, considérant l'urgence du problème.
1997 - Lors de la Troisième Conférence des Parties à la
CCNUCC au Japon, le Canada et d'autres nations acceptent le
Protocole de Kyoto.
2002 - En décembre 2002, le Canada ratifie le Protocole
de Kyoto, s'engageant par le fait même à réduire ses émissions de
gaz à effet de serre de 6 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici
2008-2012.
2005 - Le Protocole de Kyoto prend effet le 16 février
2005 et a donc force d'obligation pour le Canada et les autres pays
l'ayant ratifié.
2005 - En décembre 2005, le Canada accueille à Montréal
la première réunion des parties au Protocole de Kyoto et la 11e
Conférence des Parties à la CCNUCC.
Le plan de Stephen Harper est une succession d'échecs
Le gouvernement Harper a déposé en 2007 un plan intitulé «
Prendre le virage » dont le but est de lutter contre les
changements climatiques. Or ce plan est beaucoup trop
timide.
Le plan Harper propose une réduction de 20 % par rapport au
niveau de 2006.
Le plan Harper cherche délibérément à confondre les
Canadiens en utilisant 2006 comme année de référence plutôt que
1990, année de référence du Protocole de Kyoto. Les 20 % du plan
Harper par rapport à 2006 représentent moins de 3 % par rapport au
niveau de 1990, c'est-à-dire beaucoup moins que la cible de
25 % sous le niveau de 1990 telle que préconisée par KYOTOplus.
Autrement dit, le plan Harper ne permettrait même pas
d'atteindre en 2020 l'objectif auquel le Canada s'est engagé devant
la communauté internationale pour 2012 en vertu de Kyoto. Même au
cas où l'on parviendrait à réaliser ces réductions, le Canada
émettrait quand même 133 millions de tonnes de plus de
dioxyde de carbone par année qu'en adoptant les cibles de
KYOTOplus.
KYOTOplus fonde ses arguments sur des données
scientifiques établies
Le plan Harper ne s'inspire aucunement de la science
associée aux changements climatiques. Ses cibles totalement
arbitraires ne servent que d'expédient politique.
Au contraire, les cibles de KYOTOplus se fondent sur
l'avis des experts internationaux ayant participé au
Quatrième Rapport d'Évaluation (AR4) du Groupe international
d'experts sur l'évolution du climat, publié en 2007.
Les objectifs de KYOTOplus représentent le minimum
nécessaire à accomplir pour éviter l'aggravation du
réchauffement planétaire et les changements climatiques
catastrophiques qui en découleraient. Le plan KYOTOplus
demande aux pays développés de :
- réduire leurs émissions de gaz d'au moins 25 % par rapport aux
niveaux de 1990 d'ici 2020;
- réduire ces émissions de 80 % d'ici 2050.
La Question économique
Le gouvernement Harper affirme à tort que de réduire les
émissions de gaz à effet de serre en respectant le Protocole de
Kyoto ne se traduirait pas un « désastre économique».
L'exemple du Danemark prouve le contraire. Le pays est
parvenu à donner une forte impulsion à son économie en possédant
des entreprises écologiques dynamiques et en réduisant ses
émissions de gaz à effet de serre de neuf pour cent par rapport aux
niveaux de 1990.
Le Danemark illustre bien ce que des mesures efficaces
peuvent accomplir.
En réalité, comme l'a démontré l'ancien économiste en chef de la
Banque mondiale, c'est le fait de ne pas agir pour lutter contre
les changements climatiques qui coûterait extrêmement cher - 20
fois plus que si nous agissons de façon préventive.
Le Canada se doit d'être leader et non retardataire à
Copenhague
Lors de la conférence climatique de Copenhague, le Canada doit
finalement faire preuve de leadership et convenir d'une entente
juste et obligatoire visant la réduction des émissions de gaz à
effet de serre.
Copenhague peut devenir le tournant de l'histoire
environnementale de la planète si les dirigeants mondiaux décident
de consolider et de prolonger le Protocole de Kyoto et d'adopter
des objectifs comme ceux avancés par KYOTOplus.
Les Canadiens devront exercer de fortes pressions auprès
du gouvernement Harper pour que ce dernier prenne des mesures
indispensables à l'arrêt du réchauffement planétaire, et ce, pour
que le Canada fasse figure de chef de file lors des réunions
onusiennes.
Faire pression sur le gouvernement,
KYOTOplus est la solution.