Les négociations internationales sur la protection du climat sont souvent perçues comme rébarbatives. Elles sont, en effet, souvent très techniques et ardues, reflétant certes la complexité des changements climatiques, mais aussi le jeu diplomatique international et surtout les hésitations et les atermoiements des gouvernements.

La Conférence de l’ONU sur les changements climatiques se déroule à Poznan, en Pologne, du 1er au 12 décembre 2008. La conférence de Poznan met la table pour celle qui se déroulera à Copenhague en décembre 2009 et qui se veut une occasion historique de convenir d’un accord pour renforcer et prolonger le protocole de Kyoto.

Poznan, entre Bali et Copenhague

Fin 2007, les scientifiques du Giec ont publié un rapport dessinant un futur catastrophique. Lors de la conférence des Nations unies de Bali, les gouvernements se sont alors engagés à conclure un accord ambitieux d'ici à décembre 2009, à Copenhague, qui prendrait la suite du protocole de Kyoto expirant fin 2012. Un an plus tard, les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter et la fonte des glaces en Arctique comme en Antarctique a surpassé les pires scénarios établis par les scientifiques. Pourtant, aucun progrès significatif n'a été réalisé dans le sens d'un accord international…

À Poznan, les gouvernements doivent s'accorder sur :

  • Une « vision partagée du climat », qui intègre ce que la science exige, c'est-à-dire que les émissions mondiales de gaz à effet de serre, aujourd'hui en constante augmentation, commencent à décroître au plus tard à partir de 2015 ;
  • Un projet de texte pour le futur accord international, qui permettra le démarrage des négociations en mars 2009 ;
  • Un plan de travail détaillé susceptible d'aboutir à la conclusion d'un accord international à la Conférence des Nations unies de Copenhague, en décembre 2009.
  • Enfin les pays industrialisés doivent s'engager sur des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre situés dans le haut de la fourchette des recommandations du Giec, soit de 25 à 40 % d'ici à 2020.

INFORMEZ-VOUS SUR LA SITUATION DU CANADA

Des activistes de Greenpeace se sont rendus sur le site Aurora Nord de l'entreprise Syncrude et ont tenté de bloquer un tuyau de déversement d'eaux usées toxiques, qui se jette dans un bassin de rétention de plus de deux kilomètres de côté.Les activistes ont également suspendu une bannière sur laquelle on peut lire : « World's Dirtiest Oil: Stop the Tar Sands ».

Les sables bitumineux produisent le pétrole le plus « sale » du monde. Parmi les problèmes causés par sa production, on trouve la destruction de forêts, la contamination d'énormes quantités d'eau, l'utilisation d'une quantité démesurée d'énergie pour extraire le pétrole, l'émission de gaz à effet de serre et un impact négatif sur les Premières Nations et d'autres communautés.

Le Canada a échoué à respecter l'engagement qu'il a pris en signant le protocole de Kyoto, dans lequel il promettait d'adopter des mesures pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre de six pour cent par rapport au niveau de 1990 d'ici 2012. Les émissions énormes de gaz à effet de serre causées par les sables bitumineux rendent d'autant plus difficile pour le Canada le respect de ses obligations.

Quelques faits à propos des sables bitumineux :

  • C'est la source de GES qui croît le plus rapidement au Canada.
  • On s'attend à ce que la production atteigne de trois à cinq millions de barils de pétrole par jour d'ici 2020.
  • Ils produisent à eux seuls 40 millions de tonnes d'émissions de GES actuellement. C'est presque les émissions totales de la République tchèque.
  • Les émissions de GES causées par les sables bitumineux pourraient doubler d'ici 2015.
  • D'ici 2020, les émissions de GES causées par les sables bitumineux atteindront vraisemblablement 141 millions de tonnes, soit le double des émissions actuelles de tous les camions et automobiles au Canada.
  • Produire du pétrole à partir des sables bitumineux émet de trois à cinq fois plus de GES que produire du pétrole de sources conventionnelles et nécessite trois à cinq barils d'eau pour chaque baril de pétrole - du pétrole sale.
  • Chaque jour, les producteurs de pétrole fabriqué à partir des sables bitumineux brûlent 600 millions de pieds cubes de gaz naturel pour produire leur pétrole, soit assez de gaz naturel pour chauffer trois millions de foyers canadiens.
  • L'exploitation des sables bitumineux exige plus d'eau en une journée que les deux principales villes de l'Alberta (Calgary et Edmonton) combinées.
  • Quatre-vingt-dix pour cent de l'eau utilisée dans l'exploitation des sables bitumineux est hautement contaminée et se retrouve dans d'énormes bassins à résidus qui couvrent déjà 50 kilomètres carrés. On compte entre autres parmi les contaminants le mercure et l'acide naphténique.
  • Les bassins à résidus adjacents à des rivières constituent une menace grave de contamination de l'eau et de destruction de la faune.
  • Une vaste superficie de la forêt boréale est détruite par l'extraction des sables bitumineux, par les routes et par les pipelines, ce qui cause la fragmentation des forêts et de l'habitat des animaux, et force entre autres le caribou des bois à fuir son habitat.
  • Les communautés des Premières Nations qui se trouvent en aval des sables bitumineux ont signalé des taux élevés de cancers rares. La pollution causée par les sables bitumineux a été associée à des déformations de l'embryon, à la mortalité et à d'autres conséquences biologiques sur les poissons de la rivière Athabasca.

Des activistes de Greenpeace ont tenu une vigie à la chandelle autour de la Flamme du centenaire, à Ottawa, à l'occasion du 3ième anniversaire de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto. Ils ont voulu souligner l'inaction du gouvernement de Stephen Harper en matière de lutte aux changements climatiques et du besoin grandissant, au Canada, de véritables leaders en la matière.

Le Canada doit soutenir les efforts faits à l'échelle internationale pour parvenir à une entente sur les objectifs à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pour éviter que le monde entier subisse des changements climatiques catastrophiques.

Depuis la signature du protocole de Kyoto en 2002, le Canada n'a presque rien fait pour lutter contre le réchauffement de la planète. Les émissions de gaz à effet de serre sont maintenant 30 pour cent plus élevées que l'objectif du Canada selon le protocole de Kyoto. Avec l'exploitation effrénée des sables bitumineux, les émissions du Canada augmenteront encore davantage, et il sera d'autant plus difficile de les réduire.

Pour jouer un rôle de leader à Poznan et dans les négociations menant à la conférence de Copenhague, le Canada doit :

  • Adopter un objectif basé sur des études scientifiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin d'empêcher les changements climatiques catastrophiques qui menacent les gens et l'environnement ;
  • Adopter un plan d'action pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 25 pour cent par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020 ;
  • Convenir que les pays développés doivent s'engager à réduire leurs émissions de 25 à 50 pour cent par rapport au niveau de 1990 d'ici 2020 ;
  • Convenir que les objectifs de réduction des émissions à long terme doivent atteindre au moins 80 pour cent par rapport au niveau de 1990 d'ici 2050 ;
  • Appuyer un fonds pour les forêts pour les pays en développement afin de freiner la déforestation et la dégradation des forêts ;
  • Aider financièrement les pays en développement à s'adapter aux changements climatiques et à atténuer leurs effets ;
  • Financer le transfert de technologies vertes aux pays en développement ;
  • Appuyer l'élaboration, à Poznan, d'une proposition d'accord qui servira de base aux négociations en 2009 pour renforcer et prolonger le protocole de Kyoto à Copenhague ;
  • Contribuer à faire en sorte que l'augmentation mondiale de température soit aussi basse possible sous 2 degrés Celsius.

INFORMATION DE GREENPEACE INTERNATIONAL

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