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"Nos centrales nucléaires ne présentent aucun
risque. On pourrait les construire même sur la place Rouge. Elles sont plus
sûres que nos samovars."
Anatoli Alexandrov, Académicien russe.
Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de
Tchernobyl explosait, provoquant l’une des pires catastrophes nucléaires de
l’histoire. Un événement qui a malheureusement contredit tous les discours
rassurants des experts nucléaires qui, à l’Est comme à l’Ouest, clamaient qu’un
accident était impossible. L’accident de Tchernobyl égale l’explosion de 100 bombes d’Hiroshima !
Cette catastrophe a aussi montré, n’en déplaise aux autorités françaises, que
le nucléaire est bel et bien une menace planétaire, car le nuage radioactif a
fait le tour du monde, contaminant de nombreuses régions bien au-delà des
frontières de l’ex-URSS.
Que s’est-il passé ?
L’accident majeur s’est produit au sein de l’unité 4 de la centrale électrique
nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. L’équipe en place avait, ce jour-là,
l’intention de vérifier si les turbines produisaient suffisamment d’électricité
pour continuer à alimenter les pompes de refroidissement en cas de coupure de
courant.
Lors de ce test, la puissance du réacteur devait être réduite à 75 % de sa
capacité. Les éléments du réacteur comportant du combustible éclatèrent,
déclenchant une violente explosion. La couverture de protection de 2 000 tonnes
qui recouvrait le bâtiment fut soufflée. Les barres de combustible se mirent à
fondre, atteignant des températures de plus de 2 000 °C. Le graphite qui
couvrait le réacteur s’enflamma. Il brûla pendant neuf jours, dégageant 12 fois 1018
becquerels (1) de radiations rejetés dans l’environnement.
L’évacuation des habitants
Pripyat, était la ville des ouvriers de Tchernobyl et de leurs
familles (approximativement 50.000 personnes). C'est maintenant une ville
fantôme. La
centrale nucléaire de Tchernobyl est visible dans le fond.
L’évacuation des 45 000 habitants, dont 16 000 enfants, de
la ville de Pripyat, située à 3 km de la centrale, ne débutera que12 heures
environ après l’accident. L’évacuation est présentée aux habitants comme
nécessaire en raison d’une « situation radiologique défavorable »,
pour seulement 2 ou 3 jours. Personne ne se doutait alors que ce départ serait
définitif.
La ville de Tchernobyl ne sera alertée que le lundi matin et évacuée le
dimanche suivant. Au total, ce sont un peu plus de 110 000 personnes qui durent abandonner leurs
maisons et leurs villages.
Le travail des liquidateurs
Durant les premiers jours qui suivirent la catastrophe, des militaires à bord d’hélicoptères bouchèrent le trou béant du réacteur en lançant dessus du
plomb et des sacs de sable.
Entre 1986 et 1991, 800 000 jeunes Soviétiques ont été envoyés sur les lieux de
la catastrophe pour nettoyer le site. Ce sont les fameux liquidateurs, dont
personne ne sait réellement ce qu'ils sont devenus. Ces hommes qui,
insuffisamment protégés contre les radiations, ont fait preuve d’un
véritable héroïsme. Pour eux, les autorités vont se livrer à un coupable
trucage : les taux d’irradiation mortels sont revus à la hausse. Ainsi, alors
que le seuil mortel pour la durée d’une vie humaine était de 35 rems, le
plafond passe soudainement à 70 rems !
Sans le travail de ces liquidateurs, les conséquences de l’accident de la
centrale auraient été bien plus graves aux alentours, mais aussi dans toute
l’Europe.
De plus, la décontamination du lieu était illusoire, dans la mesure où nul ne
savait où transférer le terrain hautement contaminé.
Note :
(1) – L’unité de mesure de la radioactivité équivaut à une désintégration par
seconde.
16 novembre 2006