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Le Groenland

Le Groenland est l’île la plus grande et la moins densément peuplée au monde : à peine 57 000 personnes habitent un pays aussi grand que le Mexique. C’est vrai que 80 % de l’île est couverte de l’Inlandsis groenlandais, une calotte glaciaire inhabitable, mais même son territoire sans glace est dix fois plus grand que celui des Pays-Bas. Environ un quart de la population vit dans la capitale, Nuuk.

Le Groenland est situé entre le Canada et l’Islande. Il s’étend du nord au sud sur plus de 2 600 km (1 600 milles). La région la plus septentrionale de l’île, le cap Morris Jesup, se trouve à environ 740 km (460 milles) du pôle Nord géographique, et même la pointe la plus au sud de l’île se trouve environ à la même latitude que Whitehorse, Yukon et Oslo, Norvège. La majeure partie du pays se trouve au nord du cercle polaire arctique, ce qui signifie qu’elle connait le soleil de minuit en été et la noirceur continue en hiver.

L’Inlandsis groenlandais

Le Groenland est dominé par sa calotte glaciaire permanente, l’inlandsis groenlandais. Cette calotte glaciaire couvre plus de 1,8 million de kilomètres carrés (677 000 milles carrés) et atteint une épaisseur de presque 3 000 mètres (10 000 pieds) en certains endroits. Dix pour cent de l’eau douce de la planète est emmagasinée dans la calotte glaciaire du Groenland et si le réchauffement de la planète, causé par le brûlement des combustibles fossiles, se poursuit de manière effrénée, l’ensemble de l’inlandsis groenlandais risque de fondre. Si cela se produisait, le niveau des océans de la planète augmenterait de 7 mètres (23 pieds), inondant les villes côtières à basse altitude aux États-Unis et ailleurs dans le monde ainsi que l’ensemble du territoire du Bangladesh et de nombreuses îles du Pacifique.

Les scientifiques entrevoient des scénarios où le déclenchement de la fonte de l’inlandsis groenlandais est probable. Déjà, la température moyenne dans la majeure partie du Groenland a augmenté à un taux presque deux fois supérieur à celui de l’ensemble de la planète, causant une fonte sans précédent de la glace de mer, des glaciers et de la neige dans la région. Et même si l’ensemble de l’inlandsis groenlandais n’a pas commencé à fondre, les superficies soumises à la fonte ont augmenté de 16 % de 1979 à 2002. La fonte commence de plus en plus tôt chaque année et déjà, l’inlandsis groenlandais s’amincit d’environ un mètre par année en moyenne depuis 1993 dans certaines parties de sa limite sud et est.

Les températures plus chaudes influent sur l’inlandsis groenlandais de bien des façons. La fonte et l’amincissement de la glace de surface sont les effets les plus évidents mais il y en a d’autres. À mesure que la glace fond, l’eau s’infiltre par les fissures jusqu’à la surface rocheuse sous la glace où elle agit comme un lubrifiant entre la roche et la glace, accélérant le mouvement de la glace vers la mer. Une fois que la glace atteint la mer, elle se brise et libère des icebergs dans l’eau. À mesure que la calotte glaciaire s’amincit et qu’elle se déplace plus rapidement, son élévation s’abaisse, ce qui pourrait à son tour accélérer encore plus la fonte. De plus, à mesure que la glace et la neige fondent, plus de terre est exposée au soleil, causant une absorption plus grande de la chaleur solaire et augmentant à son tour le réchauffement de la planète. De la même manière, la neige mouillée absorbe jusqu’à trois fois plus d’énergie solaire que la neige sèche, ce qui pourrait accélérer encore plus la fonte.

La fonte de l’inlandsis groenlandais pourrait aussi contribuer à une importante perturbation des courants marins de l’Atlantique Nord, un élément clé du système mondial des courants océaniques connu sous le nom de « circulation thermohaline ». Le Gulf Stream pousse l’eau tiède, dense et salée des Caraïbes vers le nord et l’est jusqu’à l’autre côté de l’Atlantique. Lorsque cette eau s’approche du Groenland et entre en contact avec l’air frais arctique, elle se refroidit et s’enfonce dans l’océan, en créant un profond courant marin qui pousse les eaux froides vers le sud de l’équateur et éventuellement autour de l’Afrique australe et jusque dans l’océan Indien. Une augmentation de la quantité d’eau douce dans l’Atlantique Nord provenant de la fonte de la glace de mer et de l’inlandsis groenlandais pourrait ralentir et même arrêter cette grande pompe, ce qui aurait pour effet de déstabiliser et de perturber le climat en Amérique du Nord et en Europe.