Page - 6 mars, 2008
Le 31 janvier 2007, Greenpeace a demandé officiellement au gouvernement du Québec d’adopter sans plus tarder un moratoire de coupe et de développement industriel en forêt boréale intacte, le temps que le Québec se dote d’un véritable réseau d’aires protégées.
Le Canada détient l’une des dernières forêts anciennes du monde.
Il ne reste plus que 15 % de forêt intacte au Québec en forêt
commerciale. Il y a donc urgence d'agir… mais un manque de volonté
politique. Il importe de prendre le temps d'évaluer ce qu'on doit
protéger avant que les arbres des futures aires protégées ne soient
coupés par l'industrie. Parce qu'à l'heure actuelle, il n'y a que
2,9 % des forêts au sud de la limite nordique de coupe qui sont
protégées.
De plus, la grandeur moyenne des aires protégées au Québec est,
en ce moment, de moins de 100 km2. Par exemple, le mont
Orford fait 58,37 km2 et le parc de la Gaspésie fait
802 km2. La fragmentation des forêts fait du caribou des
bois et du carcajou des espèces menacées. Il est donc essentiel de
conserver de grandes étendues de plusieurs milliers
de km2 pour protéger la biodiversité et pour permettre à
ces territoires de faire face à de grandes perturbations
naturelles, tels les feux de forêt ou les changements climatiques.
Cela peut aussi servir de référence, ou témoin, pour mieux
comprendre et gérer les forêts.
En repoussant sans cesse la mise en place de la Stratégie
québécoise sur les
aires protégées et en n'annonçant aucun plan sur la protection
de la biodiversité québécoise, le gouvernement du Québec met la
forêt boréale et tout l'avenir du secteur forestier en péril.
En agissant de la sorte, le Québec va à l'encontre du rapport
Coulombe et de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité
biologique signée par Jean Charest, actuel premier ministre, lors
du sommet de la Terre de Rio en 1992, alors qu'il était Ministre de
l'Environnement du Canada. Selon cette entente internationale, ces
pays doivent créer, d'ici 2010, un réseau de grandes aires
protégées permettant de maintenir l'équilibre écologique
planétaire.
Le gouvernement du Québec affirme protéger 5,8 % du territoire.
Mais il compte, à tort, deux grandes aires de mises bas
(d'accouchement) du caribou forestier et une aire protégée sur
l'île d'Anticosti. Ces territoires ne sont pas conformes aux normes
internationales définies par l'Union internationale pour la
conservation de la nature (UICN). Le développement industriel et la
coupe forestière y sont tolérés. Pour mettre fin à ces
imprécisions, le gouvernement doit absolument publier le registre
sur les aires protégées, tel que le stipule la Loi sur la
conservation du patrimoine naturel. En Colombie-Britannique, le
gouvernement a annoncé l'an dernier la création de plus de
2 millions d'hectares d'aires protégées, la majorité d'entre elles
dans la forêt pluviale du Grand Ours.
Greenpeace demande donc au gouvernement du Québec d'adopter un
moratoire sur une étendue de près de 113 000 km2 en
forêt commerciale, et de près de 180 000km2 en forêt au
nord de la limite nordique de coupe. Ces territoires incluent
notamment l'habitat du caribou forestier. Cet arrêt momentané des
coupes en forêt boréale intacte va permettre au gouvernement
d'évaluer et de mettre en place des politiques publiques pour la
protection de la forêt boréale.
Par le biais de ce moratoire, Greenpeace souhaite obtenir du
gouvernement du Québec...
- qu'il mette en place un réseau d'aires protégées plus
nombreuses et plus larges
- qu'il établisse un processus scientifique crédible et
indépendant pour déterminer le % d'aires protégées nécessaires au
maintien de l'intégrité de la forêt boréale
- qu'il nous dise ce qui doit être protégé avant de nous dire ce
qui doit être coupé
- qu'il adopte des politiques publiques qui permettent une
diversification de l'économie des communautés forestières vers la
2e et la 3e transformation et qui facilitent la certification
FSC