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1. Vous dites que la forêt boréale est ancienne – quel âge ont ses arbres ?
La forêt boréale du Canada constitue l’une des plus vastes superficies de forêt de peuplement ancien intactes au monde. Pratiquement 80 % des forêts d’origine de la Terre ont été dénaturées ou entièrement détruites, ce qui rend la protection de notre forêt boréale d’autant plus importante. L’écosystème de la forêt boréale canadienne a plus de 10 000 ans, ce qui en fait l’une des dernières forêts anciennes au monde.
Lorsque l’on définit une forêt ancienne comme datant de plus de 10 000 ans, on précise les caractéristiques d’intégrité de l’écosystème et pas directement l’âge des arbres. Au Québec, le climat très rigoureux et les périodes de croissance courtes affectent les populations d’arbres. Ils peuvent atteindre de 300 à 500 ans, et sont alors considérés comme anciens.
2. Combien d’hectares de forêt boréale coupe-t-on à blanc chaque année au Canada ?
L’industrie forestière continue de couper chaque année plus de 290 000 hectares de forêt au Québec, 185 000 hectares en Ontario et 67 000 hectares en Alberta. Cela signifie qu’une superficie de forêt plus grande que l’île du Prince-Édouard est perdue chaque année, uniquement dans ces trois provinces.
3. Du point de vue écologique, quels sont les impacts de la coupe à blanc sur la forêt boréale ?
Les compagnies forestières possèdent des permis d’exploitation ou des droits de coupe sur environ la moitié de la forêt boréale. Les projets d’exploitation les plus lourds sont concentrés sur la bande méridionale de la forêt, qui constitue par ailleurs l’habitat faunique le plus productif. La disparition de la forêt a pour effet d’accroître les menaces sur la survie des espèces qui l’habitent. Déjà la martre du Labrador, le carcajou, le caribou des forêts et le loup de l’Est figurent sur la liste des espèces en voie de disparition. En plus d’être un puits de carbone essentiel pour la lutte contre les changements climatiques, la forêt abrite des centaines d’espèces sauvages d’une grande diversité. La forêt boréale canadienne assure le lien écologique entre la toundra nordique, les prairies et, encore plus au sud, les écosystèmes forestiers. Elle forme des paysages diversifiés d’une grande splendeur où affleurements rocheux, lacs, rivières et marais sont entrecoupés de forêts de pins, d’épinettes, de trembles et de peupliers.
4. Quelles méthodes les sociétés forestières peuvent-elles utiliser pour récolter les arbres de manière écologique ?
La gestion écologiquement responsable de la forêt, exigée en vertu de la certification FSC, a pour objet d’empêcher la dégradation de l’écosystème forestier et de limiter les volumes d’arbres qui y sont récoltés. Cette méthode d’exploitation réduit l’impact exercé sur la faune et la flore forestières. Greenpeace est un membre fondateur du FSC et participe activement à son rayonnement à l’échelle tant internationale, que nationale et régionale.
Pour en savoir plus sur la certification FSC
5. Qu’est-ce que la certification FSC, et où peut-on se procurer du bois certifié ?
Le sigle FSC signifie Forest Stewardship Council (en français « Conseil de bonne gestion forestière »). Il s’agit d’une association internationale sans but lucratif qui délivre des certificats attestant d’une saine gestion de la forêt. Cette association a été formée grâce aux efforts concertés de plus d’une centaine de participants représentant différents intérêts économiques, sociaux, autochtones et environnementaux. Étant donné que les consommateurs exigent de plus en plus des produits forestiers récoltés de façon durable, différents systèmes de certification ont été développés – souvent en vase clos par l’industrie. Mais certains labels tels que « SFI », « CSA » et « ISO » n’offrent tout simplement pas aux consommateurs l’assurance qu’ils recherchent. FSC constitue le seul système de certification accepté par Greenpeace et la majorité des organismes environnementaux. Si vous voulez appuyer la foresterie responsable, recherchez le label FSC. Pour en savoir plus sur la certification FSC
6. Est-ce que les sociétés forestières replantent les arbres après avoir coupé les forêts à blanc ?
La replantation permet-elle de restaurer les forêts à leur état original ? Au Québec, la régénération naturelle et les plantations fait suite aux coupes forestières. Cela dit, même dans le meilleur des cas, l’effort de replantation ne suffit pas à restaurer la diversité ou la santé qu’avaient à l’origine ces anciennes forêts. La replantation de semis de petites dimensions ne peut tout simplement pas remplacer un écosystème qui a mis 10 000 ans à évoluer.
7. Y a-t-il des espèces animales en danger qui ont besoin de la forêt boréale pour survivre ?
La santé des forêts boréales a une incidence sur la survie des espèces animales. L’orignal, le caribou, le lynx, l’ours et le loup dépendent des étendues boréales naturelles, alors que l’aigle, le faucon, le hibou, l’oie, 30 % des oiseaux chanteurs de l’Amérique du Nord ainsi que 40 % de ses oiseaux aquatiques nichent dans les forêts et les milieux humides. En fait, près de cinq milliards d’oiseaux migrent vers le Nord pour s’accoupler après avoir hiverné sous des climats plus cléments.
8. Quel rôle joue la forêt boréale dans la lutte contre les changements climatiques?
La forêt boréale joue un rôle essentiel pour contrer les changements climatiques. Les épaisses couches de mousse, de terre et de tourbe de la forêt boréale du Canada constituent l’un des plus importants puits de carbone terrestres au monde. Les forêts boréales du Canada et de la Russie renferment près de 40 % de tous les stocks de carbone de la planète.
Par ailleurs, les changements climatiques représentent une menace sérieuse pour la forêt boréale du Canada. Les scientifiques prévoient que certaines parties de la forêt subiront de fortes hausses de température, ce qui causera une augmentation des incendies de forêt et la prolifération des insectes.
9. Quels produits fabrique-t-on avec des arbres récoltés dans la forêt boréale ?
Au Canada, les forêts boréales sont coupées à blanc pour créer des matériaux de construction et des produits de consommation comme du papier hygiénique, du papier de bureau, des livres et des catalogues.
10. Combien de tonnes d’articles de papier jetables sont utilisées au Canada chaque année ?
Plus de 700 000 tonnes d’articles de papiers jetables sont utilisées chaque année au Canada. Des milliers d'autres tonnes de pulpe, destinées à la fabrication de papier à usage sanitaire, sont expédiées aux États-Unis et ailleurs à l'étranger.
11. Y a-t-il des articles de papier jetables qui ne contribuent pas à la destruction des forêts anciennes ?
OUI ! Par nos choix de consommation, nous pouvons protéger la forêt boréale. Il suffit d’opter pour des papiers faits à partir de fibres recyclées. Renseignez-vous sur les articles de papier jetables qu’il est préférable d’acheter.
Guide d'achat de papiers jetables.
12. Pourquoi Greenpeace cible-t-elle Kimberly-Clark en l’accusant de détruire la forêt ?
Greenpeace croit qu’il est néfaste de produire des articles à usage unique à partir de forêts anciennes. Chaque jour, des millions de consommateurs, à l’échelle du pays, évacuent littéralement la forêt boréale dans les toilettes. Greenpeace a lancé la campagne Anti-Kleenex, pour convaincre Kimberly-Clark – fabricant des produits Kleenex et un des plus grands destructeurs de la forêt boréale canadienne – de mettre ces pratiques au rebut. Kimberly-Clark doit augmenter le pourcentage de fibres recyclées de ces produits et cesser d’utiliser de la fibre provenant de forêts menacées.
Pour en savoir plus, visitez le site kleenexsosforet.com.
13. Quelles solutions Greenpeace propose-t-elle pour contrer la destruction de la forêt boréale ?
Greenpeace travaille en concertation avec deux autres groupes environnementaux sous la bannière d'ÉcoInitiatives. Essentiellement, nous incitons les sociétés à modifier leurs politiques d’approvisionnement pour protéger nos forêts de peuplement ancien. Au Canada, de nombreux éditeurs de revues et de livres utilisent désormais des papiers écologiques fabriqués dans le respect des forêts anciennes, et cette tendance prend de l’ampleur au fur et à mesure que les bureaux de Greenpeace du monde entier appliquent à leurs propres sociétés d’édition nationales, les leçons acquises au Canada.
Pour en savoir plus.