Historique des négociations

Page - 23 février, 2008
Depuis le début des années 1990, Greenpeace a déployé d’immenses efforts pour protéger la précieuse Forêt du Grand Ours, notamment en attirant l’attention de la communauté internationale.

Une action se déroule à Clayoquot Sound sur l’île de Vancouver, au Canada. Des militants de Greenpeace du monde entier sont venus ici empêcher la construction d’un chemin forestier.

1991

Greenpeace lance une campagne internationale afin de sensibiliser lepublic au fait que des compagnies forestières font des coupes à blancdans les forêts pluviales de la côte ouest duCanada.

1993

Il est question d'entreprendre des coupes à blanc dans les dernièresvallées intactes de Clayoquot Sound, la plus grande forêt pluviale del'île de Vancouver, ce qui déclenche une vive réaction à l'échelleinternationale. Greenpeace retient les services du groupe rock MidnightOil qui fait un concert pour la Forêt.

Au Canada,on arrête plus de1000 citoyens qui se sont interposés pour bloquer les coupes à blanc,ce qui constitue le plus important acte de désobéissance civile jamaiscommis au pays. En novembre, le directeur général de GreenpeaceInternational, de même que des dirigeants de différents bureaux deGreenpeace à travers le monde, sont emprisonnés pour avoir bloquél'accès aux forêts.

1994

À la suite de discussions avec Greenpeace, différents clients quifaisaient affaires avec la compagnie forestière responsable des coupesà blanc (notamment Scott Paper en Angleterre) décident de ne plusacheter de produits forestiers provenant de laColombie-Britannique.

L'objectif de cette stratégieest d'exercer une pression financière surla compagnie forestière pour la forcer à régler les problèmes àClayoquot Sound. D'autres clients en Autriche, en Allemagne et auxÉtats-Unis emboîtent le pas et font part de leurs inquiétudes à lacompagnie et au gouvernement de la Colombie-Britannique(C.-B.).

1995

Le gouvernement de la C.-B. appuie les conclusions d'un comitéscientifique indépendant qui recommande de mettre fin aux coupes àblanc à Clayoquot Sound et de suspendre toute forme de coupe dans lessecteurs intacts de la région.

Les dirigeants de lanation Nuxalk proposent à Greenpeace de faire une alliance pourprotéger leurs territoirestraditionnels.

1996

Le gouvernement de la C.-B. met sur pied un comité de planificationdont le mandat est de définir le ou les usages futurs d'une partie duterritoire de la Forêt du Grand Ours. Aucune organisation écologiste neparticipe aux réunions parce que le processus de planification selimite aux approches économiques et forestières traditionnelles. Lesécologistes dénoncent l'approche « talk and log » du comité parce queles coupes à blanc se poursuivent pendant le processus deplanification.

1997

Lancement d'une campagne principalement centrée sur les côtes centraleet nord de la Forêt. Les principales compagnies ciblées sont : WesternForest Products, Interfor (International Forest Products) et WestFraser Timber. Les chefs traditionnels de la nation Nuxalk font appelaux militants de Greenpeace pour les aider à protéger un de leurs sitessacrés contre les activités de coupe d'Interfor.

Après un blocus de 21jours, six autochtones de la nation Nuxalk et 18 autres personnes sontarrêtés et emprisonnés parce qu'ils ont essayé d'arrêter les coupes àblanc. Dans les pays européens, différentes entreprises condamnent lescoupes et les arrestations et elles commencent à exercer des pressionsauprès des trois sociétésforestières.

1998

Des clients en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni eten

Allemagne annulent leurs contrats avec les compagnies qui font descoupes sur la côte ouest. La campagne démarre aussi au Japon, avec leconcours d'un chef traditionnel Nuxalk. Les négociations entreprisespar Greenpeace et le Sierra Club auprès des compagnies de coupe mènentà l'adoption d'un moratoire temporaire sur la coupe dans les grandesvallées intactes de la côte centrale. Cette fois-ci, les organisationsenvironnementalistes participent au processus au sein du comité deplanification.

Novembre 1998

Création d'Iisaak, une coentreprise qui réunit la société Weyerhaeuseret les Premières Nations de Clayoquot Sound. La nouvelle entreprises'engage à utiliser uniquement les modes de coupes prescrits par leConseil de la bonne gestion forestière et à ne faire aucune coupe dansles principales vallées intactes. Les Nuu-chah-nulth possèdent 51 % del'entreprise, et Weyerhaeuser 49%.

1999

Après des mois de protestation par de nombreux groupesenvironnementalistes partout en Amérique du Nord, Home Depot s'engagefinalement à cesser progressivement d'acheter du bois extrait desforêts menacées (notamment le cèdre rouge de la forêt pluvialecanadienne). L'entreprise accepte d'acheter en remplacement desproduits certifiés par le Conseil de la bonne gestion forestière.

Lamême année, une délégation allemande composée de représentants del'industrie des journaux et magazines est invitée par Greenpeace àvenir constater sur place que, malgré les promesses creuses descompagnies de coupe, les ravages se poursuivent dans la Forêt du GrandOurs. Choqués par ce qu'ils découvrent, les membres de la délégationinforment les compagnies de coupe et le gouvernement qu'ils annulerontleurs contrats d'achat à moins que les compagnies forestières necessent les coupes à blanc et qu'elles adoptent un moratoire completsur la coupe dans toutes les grandes vallées encore intactes.

Ce n'estqu'à partir de ce moment-là que les sociétés forestières de la côtecommencent à négocier sérieusement avec Greenpeace et les autresorganisations environnementalistes pour officialiser le moratoire,adopter de nouvelles pratiques et définir les zones à protéger de façonpermanente.

2000

En mai, Interfor et West Fraser se retirent de la table de négociationset reprennent leurs activités de coupe dans des zones critiques de laforêt pluviale. Greenpeace lance alors une nouvelle campagne qui viseces deux sociétés et leurs investisseurs. Ethical Funds inc. réagitrapidement et retire sa participation dans West Fraser Timber. Endécembre, la Banque Royale du Canada et Friends Ivory Simes duRoyaume-Uni emboîtent le pas et se départissent de plus de 11 millions$ en actionsd'Interfor.

2001

De janvier à mars, Greenpeace organise des événements en Europe, enAmérique du Nord, en Chine et au Japon pour faire cesser la destructionde la Forêt du Grand Ours : interception de chargements de bois,protestations devant les ambassades, manifestations chez lesdétaillants, etc. Les grands clients d'Interfor réagissent : Amdega (leplus grand fabricant de jardins d'hiver au monde), Auspine, unimportateur australien de bois d'oeuvre, la chaîne italienne desupermarchés Coop, la fédération belge des importateurs de boisd'oeuvre, de même que plusieurs autres compagnies de Nouvelle-Zélande,de Chine et des Pays-Bas cessent de s'approvisionner en produitsd'Interfor. Au Japon seulement, plus de 70 sociétés, dont Mitsubishi etFujiya, cessent aussi d'acheter chezInterfor.

Avril 2001

Après des mois de discussions avec Greenpeace et ses alliés, Interforet d'autres compagnies acceptent un ensemble de mesures comprenant lacréation de zones protégées et l'implantation d'un processus de réformecontinu visant à améliorer les méthodes de coupe en fonction d'un modede gestion basé sur les écosystèmes. Le gouvernement de la C.-B.endosse cette entente.

2002

Les organisations écologistes, les entreprises de coupe et legouvernement partagent les coûts de financement d'un groupe derecherche scientifique indépendant appelé Coast Information Team. Cegroupe est reconnu par le gouvernement de la C.-B., les gouvernementsdes Premières Nations, l'industrie forestière, les organisationsécologistes, les communautés locales et du gouvernement du Canada. Lemandat du groupe est d'obtenir et d'analyser des données de sourcesindépendantes et diversifiées en vue d'implanter un mode de gestionbasé sur les écosystèmes dans la Forêt du GrandOurs.

2003

Premières rencontres de planification de la gestion du territoire etdes ressources pour le secteur de la côte nord et d'Haida Gwaii. Aucours de l'année, trois groupes de planification distincts seréunissent. Dans chacun, on retrouve des représentants d'un grandnombre de domaines d'activités reliées à la Forêt : organisationsécologistes, industrie forestière et minière, communautés locales,petites entreprises, travailleurs, industrie du tourisme et desloisirs. Greenpeace participe activement à l'élaboration des réunionset à la recherche d'unconsensus.

Décembre 2003

Atteinte d'un consensus au sein du groupe de planification pour lesecteur de la côte centrale. Les principales recommandations du groupesont les suivantes : création de zones protégées totalisant 988 000 ha,création de zones « de biodiversité » totalisant 545 000 ha etimplantation intégrale d'ici cinq ans du mode de gestion basé sur lesécosystèmes. Dans les zones de biodiversité, les considérationsrelatives à la biodiversité ont préséance, la coupe de bois et laproduction hydroélectrique sont interdites, mais l'exploitation minièreest permise.

Greenpeace a endossé cesrecommandations (et s'estabstenue de s'opposer dans le cas de l'exploitation minière pour éviterde bloquer l'ensemble de l'entente). Nous avons encore des réserves enqui concerne l'exploitation minière et nous sommes fortement endésaccord avec les politiques provinciales sur la chassesportive.

2004

Les rencontres se poursuivent pour le secteur de la côte nord etd'Haida Gwaii.

En ce qui concerne la côte centrale, le processus prévoit maintenantque le gouvernement provincial négocie avec les gouvernements desPremières Nations avant de donner force de loi aux recommandationsadoptées par le groupe. Pendant ce temps, malgré l'accord donné par lescompagnies forestières, l'implantation du mode de gestion basé sur lesécosystèmes progresse beaucoup plus lentement que prévu.

Les organisations environnementalistes recherchent activement des donset des sources de financement privées pour faciliter la mise en placed'une économie plus diversifiée pour les communautéslocales.

2005

Malgré son engagement maintes fois répété au cours de l'année, legouvernement de la C.-B. refuse d'entériner les ententes de la Forêt duGrand Ours. C'est donc encore l'incertitude. Quarante millesympathisants de Greenpeace envoient des messages personnalisés aupremier ministre pour le convaincre d'aller del'avant.

Plusieurs gouvernements des Premières Nations complètent leursnégociations avec le gouvernementprovincial.

2006

En février 2006, après plus de 10 ans de travail acharné de la part de

Greenpeace et de ses collaborateurs, le gouvernement de la C.-B.annonce enfin l'entrée en vigueur de l'Entente du Grand Ours. Enrésumé, cette entente permettra :

  • De mettre, de façon permanente, 2 millions d'hectares de forêt à l'abride la coupe
  • D'implanter, d'ici2009, des pratiques forestières moins agressives et plus écologiquessur tout le reste duterritoire
  • D'impliquer lesPremières Nations dans l'ensemble du processus de gestion sur tousleurs territoirestraditionnels
  • De développer uneéconomie plus diversifiée, basée sur laconservation. Jusqu'ici, on a obtenu à cette fin 30 millions $ dugouvernement provincial et 60 millions $ de donateurs privés. On attendmaintenant l'engagement officiel du gouvernement fédéral pour ladernière tranche de 30 millions$.

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(en anglais seulement)

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