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Une action se déroule à Clayoquot Sound sur l’île de Vancouver, au 
Canada. Des militants de Greenpeace du monde entier sont venus ici 
empêcher la construction d’un chemin forestier.

Une action se déroule à Clayoquot Sound sur l’île de Vancouver, au Canada. Des militants de Greenpeace du monde entier sont venus ici empêcher la construction d’un chemin forestier.

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Depuis le début des années 1990, Greenpeace a déployé d’immenses efforts pour protéger la précieuse Forêt du Grand Ours, notamment en attirant l’attention de la communauté internationale.

1991
Greenpeace lance une campagne internationale afin de sensibiliser le public au fait que des compagnies forestières font des coupes à blanc dans les forêts pluviales de la côte ouest du Canada.

1993
Il est question d’entreprendre des coupes à blanc dans les dernières vallées intactes de Clayoquot Sound, la plus grande forêt pluviale de l'île de Vancouver, ce qui déclenche une vive réaction à l’échelle internationale. Greenpeace retient les services du groupe rock Midnight Oil qui fait un concert pour la Forêt.

Au Canada, on arrête plus de 1000 citoyens qui se sont interposés pour bloquer les coupes à blanc, ce qui constitue le plus important acte de désobéissance civile jamais commis au pays. En novembre, le directeur général de Greenpeace International, de même que des dirigeants de différents bureaux de Greenpeace à travers le monde, sont emprisonnés pour avoir bloqué l'accès aux forêts.

1994
À la suite de discussions avec Greenpeace, différents clients qui faisaient affaires avec la compagnie forestière responsable des coupes à blanc (notamment Scott Paper en Angleterre) décident de ne plus acheter de produits forestiers provenant de la Colombie-Britannique.

L’objectif de cette stratégie est d’exercer une pression financière sur la compagnie forestière pour la forcer à régler les problèmes à Clayoquot Sound. D’autres clients en Autriche, en Allemagne et aux États-Unis emboîtent le pas et font part de leurs inquiétudes à la compagnie et au gouvernement de la Colombie-Britannique (C.-B.).

1995
Le gouvernement de la C.-B. appuie les conclusions d'un comité scientifique indépendant qui recommande de mettre fin aux coupes à blanc à Clayoquot Sound et de suspendre toute forme de coupe dans les secteurs intacts de la région.

Les dirigeants de la nation Nuxalk proposent à Greenpeace de faire une alliance pour protéger leurs territoires traditionnels.

1996
Le gouvernement de la C.-B. met sur pied un comité de planification dont le mandat est de définir le ou les usages futurs d’une partie du territoire de la Forêt du Grand Ours. Aucune organisation écologiste ne participe aux réunions parce que le processus de planification se limite aux approches économiques et forestières traditionnelles. Les écologistes dénoncent l’approche « talk and log » du comité parce que les coupes à blanc se poursuivent pendant le processus de planification.

1997
Lancement d’une campagne principalement centrée sur les côtes centrale et nord de la Forêt. Les principales compagnies ciblées sont : Western Forest Products, Interfor (International Forest Products) et West Fraser Timber. Les chefs traditionnels de la nation Nuxalk font appel aux militants de Greenpeace pour les aider à protéger un de leurs sites sacrés contre les activités de coupe d'Interfor.

Après un blocus de 21 jours, six autochtones de la nation Nuxalk et 18 autres personnes sont arrêtés et emprisonnés parce qu’ils ont essayé d'arrêter les coupes à blanc. Dans les pays européens, différentes entreprises condamnent les coupes et les arrestations et elles commencent à exercer des pressions auprès des trois sociétés forestières.

1998
Des clients en Autriche, en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne annulent leurs contrats avec les compagnies qui font des coupes sur la côte ouest. La campagne démarre aussi au Japon, avec le concours d'un chef traditionnel Nuxalk. Les négociations entreprises par Greenpeace et le Sierra Club auprès des compagnies de coupe mènent à l’adoption d’un moratoire temporaire sur la coupe dans les grandes vallées intactes de la côte centrale. Cette fois-ci, les organisations environnementalistes participent au processus au sein du comité de planification.

Novembre 1998
Création d’Iisaak, une coentreprise qui réunit la société Weyerhaeuser et les Premières Nations de Clayoquot Sound. La nouvelle entreprise s’engage à utiliser uniquement les modes de coupes prescrits par le Conseil de la bonne gestion forestière et à ne faire aucune coupe dans les principales vallées intactes. Les Nuu-chah-nulth possèdent 51 % de l’entreprise, et Weyerhaeuser 49 %.

1999
Après des mois de protestation par de nombreux groupes environnementalistes partout en Amérique du Nord, Home Depot s'engage finalement à cesser progressivement d'acheter du bois extrait des forêts menacées (notamment le cèdre rouge de la forêt pluviale canadienne). L'entreprise accepte d’acheter en remplacement des produits certifiés par le Conseil de la bonne gestion forestière.

La même année, une délégation allemande composée de représentants de l’industrie des journaux et magazines est invitée par Greenpeace à venir constater sur place que, malgré les promesses creuses des compagnies de coupe, les ravages se poursuivent dans la Forêt du Grand Ours. Choqués par ce qu’ils découvrent, les membres de la délégation informent les compagnies de coupe et le gouvernement qu’ils annuleront leurs contrats d’achat à moins que les compagnies forestières ne cessent les coupes à blanc et qu’elles adoptent un moratoire complet sur la coupe dans toutes les grandes vallées encore intactes.

Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que les sociétés forestières de la côte commencent à négocier sérieusement avec Greenpeace et les autres organisations environnementalistes pour officialiser le moratoire, adopter de nouvelles pratiques et définir les zones à protéger de façon permanente.

2000
En mai, Interfor et West Fraser se retirent de la table de négociations et reprennent leurs activités de coupe dans des zones critiques de la forêt pluviale. Greenpeace lance alors une nouvelle campagne qui vise ces deux sociétés et leurs investisseurs. Ethical Funds inc. réagit rapidement et retire sa participation dans West Fraser Timber. En décembre, la Banque Royale du Canada et Friends Ivory Simes du Royaume-Uni emboîtent le pas et se départissent de plus de 11 millions $ en actions d'Interfor.

2001
De janvier à mars, Greenpeace organise des événements en Europe, en Amérique du Nord, en Chine et au Japon pour faire cesser la destruction de la Forêt du Grand Ours : interception de chargements de bois, protestations devant les ambassades, manifestations chez les détaillants, etc. Les grands clients d’Interfor réagissent : Amdega (le plus grand fabricant de jardins d'hiver au monde), Auspine, un importateur australien de bois d'oeuvre, la chaîne italienne de supermarchés Coop, la fédération belge des importateurs de bois d'oeuvre, de même que plusieurs autres compagnies de Nouvelle-Zélande, de Chine et des Pays-Bas cessent de s'approvisionner en produits d'Interfor. Au Japon seulement, plus de 70 sociétés, dont Mitsubishi et Fujiya, cessent aussi d'acheter chez Interfor.

Avril 2001
Après des mois de discussions avec Greenpeace et ses alliés, Interfor et d’autres compagnies acceptent un ensemble de mesures comprenant la création de zones protégées et l’implantation d’un processus de réforme continu visant à améliorer les méthodes de coupe en fonction d’un mode de gestion basé sur les écosystèmes. Le gouvernement de la C.-B. endosse cette entente.

2002
Les organisations écologistes, les entreprises de coupe et le gouvernement partagent les coûts de financement d’un groupe de recherche scientifique indépendant appelé Coast Information Team. Ce groupe est reconnu par le gouvernement de la C.-B., les gouvernements des Premières Nations, l’industrie forestière, les organisations écologistes, les communautés locales et du gouvernement du Canada. Le mandat du groupe est d’obtenir et d’analyser des données de sources indépendantes et diversifiées en vue d’implanter un mode de gestion basé sur les écosystèmes dans la Forêt du Grand Ours.

2003
Premières rencontres de planification de la gestion du territoire et des ressources pour le secteur de la côte nord et d’Haida Gwaii. Au cours de l’année, trois groupes de planification distincts se réunissent. Dans chacun, on retrouve des représentants d’un grand nombre de domaines d’activités reliées à la Forêt : organisations écologistes, industrie forestière et minière, communautés locales, petites entreprises, travailleurs, industrie du tourisme et des loisirs. Greenpeace participe activement à l’élaboration des réunions et à la recherche d’un consensus.

Décembre 2003
Atteinte d’un consensus au sein du groupe de planification pour le secteur de la côte centrale. Les principales recommandations du groupe sont les suivantes : création de zones protégées totalisant 988 000 ha, création de zones « de biodiversité » totalisant 545 000 ha et implantation intégrale d’ici cinq ans du mode de gestion basé sur les écosystèmes. Dans les zones de biodiversité, les considérations relatives à la biodiversité ont préséance, la coupe de bois et la production hydroélectrique sont interdites, mais l’exploitation minière est permise.

Greenpeace a endossé ces recommandations (et s’est abstenue de s’opposer dans le cas de l’exploitation minière pour éviter de bloquer l’ensemble de l’entente). Nous avons encore des réserves en qui concerne l’exploitation minière et nous sommes fortement en désaccord avec les politiques provinciales sur la chasse sportive.

2004
Les rencontres se poursuivent pour le secteur de la côte nord et d’Haida Gwaii.

En ce qui concerne la côte centrale, le processus prévoit maintenant que le gouvernement provincial négocie avec les gouvernements des Premières Nations avant de donner force de loi aux recommandations adoptées par le groupe. Pendant ce temps, malgré l’accord donné par les compagnies forestières, l’implantation du mode de gestion basé sur les écosystèmes progresse beaucoup plus lentement que prévu.

Les organisations environnementalistes recherchent activement des dons et des sources de financement privées pour faciliter la mise en place d’une économie plus diversifiée pour les communautés locales.

2005
Malgré son engagement maintes fois répété au cours de l’année, le gouvernement de la C.-B. refuse d’entériner les ententes de la Forêt du Grand Ours. C’est donc encore l’incertitude. Quarante mille sympathisants de Greenpeace envoient des messages personnalisés au premier ministre pour le convaincre d’aller de l’avant.

Plusieurs gouvernements des Premières Nations complètent leurs négociations avec le gouvernement provincial.

2006
En février 2006, après plus de 10 ans de travail acharné de la part de Greenpeace et de ses collaborateurs, le gouvernement de la C.-B. annonce enfin l’entrée en vigueur de l’Entente du Grand Ours. En résumé, cette entente permettra :

  • De mettre, de façon permanente, 2 millions d’hectares de forêt à l’abri de la coupe

  • D’implanter, d’ici 2009, des pratiques forestières moins agressives et plus écologiques sur tout le reste du territoire

  • D’impliquer les Premières Nations dans l’ensemble du processus de gestion sur tous leurs territoires traditionnels

  • De développer une économie plus diversifiée, basée sur la conservation. Jusqu’ici, on a obtenu à cette fin 30 millions $ du gouvernement provincial et 60 millions $ de donateurs privés. On attend maintenant l’engagement officiel du gouvernement fédéral pour la dernière tranche de 30 millions $.
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(en anglais seulement)