Depuis trop longtemps déjà, la vie marine a été exposée à l’exploitation de l’Homme. Or, le développement rapide de la technologie a fait en sorte qu’aujourd’hui la capacité et la puissance des navires de pêche et de leur équipement dépassent la capacité de Mère Nature à maintenir la vie. Les conséquences se manifestent déjà sur l’environnement marin, les espèces qui y vivent et les gens qui en dépendent.
Pêche au hareng autour de 1550. Les bancs de harengs étaient si denses que la légende voulait que si on lançait une hache en plein cœur d’un banc, celle-ci allait rester plantée bien droite.
Les plus récentes données sur la vie aquatique montrent que les
océans regorgeaient autrefois de poissons, de mammifères marins,
d'oiseaux de mer et de tortues avec une telle abondance
qu'aujourd'hui nous avons peine à y croire. Dans la région du nord
est, des preuves archéologiques remontant à plusieurs milliers
d'années montrent que les pêcheurs de la préhistoire attrapaient
des variétés de poissons qui surpassent celles d'aujourd'hui. En
Asie, les prises étaient de 40 % plus élevées qu'à l'heure actuelle
.
Les premiers voyageurs arrivés sur les côtes atlantiques du
Canada ont décrit qu'ils pouvaient pêcher la morue en plongeant un
panier dans l'eau. Ils n'avaient nul besoin de crochet pour pêcher.
Les baleines étaient présentes en si grand nombre qu'il semble que
les navires entraient en collision avec des baleines lorsqu'elles
émergeaient des eaux. Dans la mer, des huîtres et des moules
empilés en abondance, mesurant jusqu'à 30 cm, filtraient lentement
le plancton de l'eau, l'aidant à demeurer limpide.
Rampant sur les fonds marins et se cachant sous les roches, des
homards pesant de 35 à 55 kg étaient pêchés par centaines.
D'immenses formations d'aloses tyrans, de capelans, de harengs et
d'autres petites espèces nageaient ensemble, se nourrissant de
planctons et servant de nourriture aux plus grosses espèces. Un
nombre impressionnant de poissons, notamment des saumons de 1,8
mètre et des esturgeons de près de 5,5 mètres pouvaient être pêchés
par millier, par million… et ils l'ont été!
La pêche moderne est une industrie qui domine par ses navires
qui prennent plus à la mer que ce qu'elle est capable de donner.
D'immenses bateaux, équipés de sonars de pointe, sont capables de
repérer rapidement et précisément des formations de poissons. Ces
bateaux ressemblent à d'immenses usines flottantes. À bord, on y
trouve des machineries pour la transformation et l'emballage,
d'imposants systèmes de congélation et de puissantes machines
servant à mettre à l'eau les énormes instruments de pêche.
Autrement dit, les poissons ne font pas le poids face à tout cet
attirail.
L'exemple le plus dramatique de mauvaise gestion des pêches est
sans aucun doute celui de l'effondrement des bancs de morue, près
de Terre-Neuve. En 1992, cet effondrement engendra l'arrêt de la
pêche à la morue et la perte de près de 40 000 emplois. Depuis, la
pêche n'a toujours pas repris.
Les stocks de morues des mers du Nord et de la Baltique semblent
suivre le même cours et se rapprochent de l'épuisement commercial.
À défaut de trouver des solutions à long terme, l'industrie de la
pêche se tourne vers le Pacifique, mais là n'est pas la solution.
Les politiciens continuent de nier l'avis des scientifiques sur la
façon de gérer les pêches et sur le besoin de pêcher les espèces
menacées de manière durable.
L'effondrement de la pêche à la
morue