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Page - 16 juin, 2008
Depuis trop longtemps déjà, la vie marine a été exposée à l’exploitation de l’Homme. Or, le développement rapide de la technologie a fait en sorte qu’aujourd’hui la capacité et la puissance des navires de pêche et de leur équipement dépassent la capacité de Mère Nature à maintenir la vie. Les conséquences se manifestent déjà sur l’environnement marin, les espèces qui y vivent et les gens qui en dépendent.

Pêche au hareng autour de 1550. Les bancs de harengs étaient si denses que la légende voulait que si on lançait une hache en plein cœur d’un banc, celle-ci allait rester plantée bien droite.

Les plus récentes données sur la vie aquatique montrent que les océans regorgeaient autrefois de poissons, de mammifères marins, d'oiseaux de mer et de tortues avec une telle abondance qu'aujourd'hui nous avons peine à y croire. Dans la région du nord est, des preuves archéologiques remontant à plusieurs milliers d'années montrent que les pêcheurs de la préhistoire attrapaient des variétés de poissons qui surpassent celles d'aujourd'hui. En Asie, les prises étaient de 40 % plus élevées qu'à l'heure actuelle .

Les premiers voyageurs arrivés sur les côtes atlantiques du Canada ont décrit qu'ils pouvaient pêcher la morue en plongeant un panier dans l'eau. Ils n'avaient nul besoin de crochet pour pêcher. Les baleines étaient présentes en si grand nombre qu'il semble que les navires entraient en collision avec des baleines lorsqu'elles émergeaient des eaux. Dans la mer, des huîtres et des moules empilés en abondance, mesurant jusqu'à 30 cm, filtraient lentement le plancton de l'eau, l'aidant à demeurer limpide.

Rampant sur les fonds marins et se cachant sous les roches, des homards pesant de 35 à 55 kg étaient pêchés par centaines. D'immenses formations d'aloses tyrans, de capelans, de harengs et d'autres petites espèces nageaient ensemble, se nourrissant de planctons et servant de nourriture aux plus grosses espèces. Un nombre impressionnant de poissons, notamment des saumons de 1,8 mètre et des esturgeons de près de 5,5 mètres pouvaient être pêchés par millier, par million… et ils l'ont été!

La pêche moderne est une industrie qui domine par ses navires qui prennent plus à la mer que ce qu'elle est capable de donner. D'immenses bateaux, équipés de sonars de pointe, sont capables de repérer rapidement et précisément des formations de poissons. Ces bateaux ressemblent à d'immenses usines flottantes. À bord, on y trouve des machineries pour la transformation et l'emballage, d'imposants systèmes de congélation et de puissantes machines servant à mettre à l'eau les énormes instruments de pêche. Autrement dit, les poissons ne font pas le poids face à tout cet attirail.

L'exemple le plus dramatique de mauvaise gestion des pêches est sans aucun doute celui de l'effondrement des bancs de morue, près de Terre-Neuve. En 1992, cet effondrement engendra l'arrêt de la pêche à la morue et la perte de près de 40 000 emplois. Depuis, la pêche n'a toujours pas repris.

Les stocks de morues des mers du Nord et de la Baltique semblent suivre le même cours et se rapprochent de l'épuisement commercial. À défaut de trouver des solutions à long terme, l'industrie de la pêche se tourne vers le Pacifique, mais là n'est pas la solution. Les politiciens continuent de nier l'avis des scientifiques sur la façon de gérer les pêches et sur le besoin de pêcher les espèces menacées de manière durable.

L'effondrement de la pêche à la morue

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