Des épaulards de la famille A30, dans le détroit de Johnstone, le long des côtes de Colombie-Britannique. Courtoisie d'Orcalab - www.orcalab.org.
L'Ocean Research and Education Society (ORES) et
OrcaLab sont cités ici-bas comme étant deux exemples
d'organisations qui effectuent de la recherche portant sur deux des
importantes populations de baleines que l'on retrouve au Canada :
soit l'orque résidente du nord de la Colombie-Britannique, et la
baleine de minke de la région du Saguenay-Saint-Laurent.
OrcaLab
OrcaLab est une petite station de recherche sur les baleines
située à l'île Hanson dans les eaux du « passage intérieur » du
nord de l'île de Vancouver en Colombie-Britannique. La station fut
fondée en 1970 par le docteur Paul Spong. Celui-ci inspira la
première campagne de Greenpeace portant sur les baleines et fut un
militant dévoué des premières campagnes. Le travail
d'OrcaLab est centré autour de l'idée qu'il est possible
d'étudier des animaux dans leur habitat sauvage sans interférer
avec leur vie ou leur habitat. Un réseau d'hydrophones positionné
autour de l'habitat central des orques aide à suivre leurs
mouvements nuits et jours, à longueur d'année, tant que les orques
sont dans la région. En plus des données acoustiques, il y a les
observations visuelles d'orques qui passent près d'OrcaLab,
ainsi que les rapports provenant d'autres chercheurs et
d'observateurs de baleines durant la saison estivale. Mise
ensemble, cette information permet à OrcaLab de compiler un
historique portant sur la communauté d'orques résidente du nord de
la Colombie-Britannique, et ce, depuis 1970.
Depuis 1994, OrcaLab opère également une station de surveillance
vidéo sur Cracroft Point à Johstone Strait. Adjacente à une forêt
de varech, son utilité est d'obtenir des images sous-marines et des
images de surface non obstruées d'orques et d'autres espèces
marines. De 2000 à 2005, OrcaLab et la corporation Japan
NTT Data diffusèrent la vie des orques au quotidien, en direct,
sur internet (www.orca-live.net). Cette
diffusion attira une public provenant de plus de 70 pays. Une
version auditive provenant des données d'OrcaLab continue
d'être diffusée, en direct, sur l'internet.
OrcaLab continuera également à observer attentivement les orques
au cours des prochains mois et des prochaines années afin d'évaluer
l'impact du déversement de diesel à Robinson Bight qui s'est
produit le 20 août 2007. Pour en apprendre davantage au sujet du
travail d'OrcaLab, visitez www.orcalab.org.
À propos des baleines
L'orque résidente du nord de la Colombie-Britannique est
classifiée comme étant une espèce menacée en vertu de la Loi
concernant la protection des espèces sauvages en péril au Canada.
Il en est ainsi pour l'orque résidente du sud de la
Colombie-Britannique. Ces deux espèces sont visées par un plan de
rétablissement mis en place par Pêches et océans Canada dans
le but d'évaluer la menace à laquelle l'espèce fait face. Les
orques ou épaulards sont devenus des icônes de la côte ouest et
leur style de vie communautaire et coopératif intrigue les
chercheurs.
ORES
L'Ocean Research and Education Society (ORES) fut créé par Ned
Lynas en 1978. L'organisation sans but lucratif est située à Les
Bergeronnes, au Québec, et travaille en proche collaboration avec
plusieurs autres organisations de recherche sous la surveillance de
Pêches et océans Canada et de Parcs Canada (Parc
marin du Saguenay-Saint-Laurent). L'ORES utilise des méthodes non
envahissantes, qui comportent un degré minime d'intrusion, pour
effectuer l'étude de l'écologie et des conditions de l'habitat de
diverses espèces de baleines, de dauphins et de marsouins incluant
les baleines à nageoire, les baleines bleues et les baleines à
bosses.
L'organisation a un projet spécial dédié à la sensibilisation de
la population au sujet des baleines de minke qui résident dans la
région du Saguenay-Saint-Laurent. Le travail de l'ORES attire
chaque été des étudiants et des chercheurs provenant de partout
dans le monde. Ceux-ci aident dans la collecte d'informations
scientifiques. La directrice et seule chercheuse à temps complet,
Ursula Tscherter, passe ses étés à travailler sur différents
projets de recherches. Deux de ces projets examinent la méthode
unique d'alimentation des baleines de minke du Fjord du Saguenay et
essaient d'identifier les raisons pour lesquelles les minkes qui
visitent l'estuaire du Saint-Laurent sont presque exclusivement des
femelles.
Les minkes ont généralement tendance à développer une préférence
pour s'alimenter dans une certaine région et ensuite adaptent leur
stratégie d'alimentation pour s'ajuster à cette région. Le Fjord du
Saguenay a des caractéristiques physiques très uniques et offre aux
minkes la possibilité d'employer des méthodes distinctives
d'alimentation. Des recherches d'identification par photographie
ont démontré que certaines minkes retournent à une certaine région
sur une base régulière pour s'alimenter. D'autres études ont
examiné leur comportement à la surface, tel que leur unique méthode
de rassemblement de proies près de la surface en utilisant des
coups de tête, des exhalations sous-marines lorsqu'ils plongent et
en claquant leur tête contre l'eau.*
Leur comportement alimentaire est différent de ceux des minkes
du chenal Laurentien où, par exemple, les caractéristiques
naturelles requièrent que les minkes utilisent différentes
manœuvres et n'ont que rarement à rassembler leurs proies.
Certaines observations portent à croire que les minkes partagent
entre eux leurs techniques d'alimentation étant donné que le nombre
de baleines qui utilisent une même méthode d'alimentation augmente
d'année en année.
Le second projet a pour but d'identifier le sexe des minkes dans
l'estuaire du Saint-Laurent. À ce jour, plus de 30 minkes
identifiées par les chercheurs de l'ORES et presque toutes les
carcasses échouées furent de sexe féminin. On peut identifier le
sexe de la baleine pendant les manœuvres d'alimentation lorsque les
parties génitales de la baleine sont exposées. On croit que cette
inégalité de sexe existe parce que la femelle adulte, la femelle
juvénile et souvent le mâle juvénile préfèrent les eaux des côtes,
alors que le mâle adulte préfère les eaux du littoral.
L'ORES développe un programme, qui comporte un degré d'intrusion
minime, pour prélever des échantillons de peau et de gras afin
d'effectuer des analyses d'ADN qui permettront de déterminer plus
précisément le sexe des baleines. Le programme permettra également
d'étudier d'autres aspects de la structure de la population, sa
distribution, son abondance et sa toxicologie. On espère que ceci
aidera à résoudre plusieurs mystères. Pour en apprendre davantage
au sujet d'autres projets de recherche, visitez le www.ores.ch.
À propos des rorquals
Malgré le fait que l'on retrouve des baleines minkes à travers
le monde, elles ne sont pas souvent étudiées, ni bien comprises.
Les baleines minkes suscitent un intérêt puisqu'elles sont la cible
première de la pêche commerciale à la baleine. Les baleines que
l'on retrouve dans les régions visées par les études de l'ORES ne
sont pas des populations ciblées par cette pêche commerciale, mais
la question subsiste à savoir si ces minkes peuvent migrer vers les
régions où l'on pratique la chasse à la baleine.
*Claquer la tête contre l'eau consiste à
pousser la tête et une partie du thorax hors de l'eau pour ensuite
les laisser tomber énergiquement contre la surface de l'eau.