Rorquals communs (finbacks) dans le Golfe du Saint-Laurent, au Québec. Courtoise d'Ursula Tscherter - www.ores.org.
Au Canada, les réserves marines sont communément appelées zones
de protection marine (ZPM). Les ZPM prennent plusieurs formes et se
subdivisent en plusieurs catégories : zones de protection marine,
refuges d'oiseux migrateurs, réserves nationales de faune, aires
marines nationales de conservation et réserves écologiques. Elles
sont désignées ou réglementées par les ministères des gouvernements
fédéral ou provincial. Le Canada a aussi des engagements
internationaux quant à la protection de sa biodiversité, de ses
ressources et de ses environnements côtiers et marins en vertu de
la Convention sur la diversité biologique (1992) ainsi que
la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de
1982.
Les zones de protection marine ont été créées au Canada afin de
préserver des écosystèmes uniques et vulnérables ainsi qu'aider les
espèces et leurs habitats à se rétablir de la destruction et de la
surexploitation. À l'heure actuelle, six ZPM ont été établies au
Canada, lesquelles représentent une superficie de 2536 kilomètres
carrés. Cela représente seulement 0,0005 pour cent des 5 millions
de kilomètres d'environnement marin sous juridiction canadienne.
Des zones d'intérêt additionnelles ont été proposées et sont
actuellement à l'étude.
En 2003, la première zone de protection marine, le champ des
cheminées hydrothermales Endeavor, a été établie dans l'océan
Pacifique, au sud-ouest de l'île Vancouver, en
Colombie-Britannique. Le champ des cheminées hydrothermales
Endeavor compte 12 espèces qui lui sont uniques et qui n'existent
nulle part ailleurs sur la planète et de nombreuses espèces qui
existent seulement dans cette région et ses environs . En 2005, la
zone de protection marine d'Eastport a été créée et comprend la
péninsule d'Eastport dans la Baie de Bonavista, dans le nord-est de
Terre-Neuve. On retrouve dans ces eaux productives un stock
abondant de homards, lequel est d'une grande importance économique
pour la population locale. La pression croissante sur la pêcherie
de la morue, en raison de l'effondrement de celle-ci et du
moratoire imposé en 1992, a suscité des préoccupations chez les
pêcheurs quant à l'état des stocks. Une stratégie de conservation a
été développée et une étude a été menée sur la relation entre
l'interdiction de pêche, la protection de l'habitat et les
conséquences pour la pêcherie de cette région . L'établissement des
ZMP a pour objectif de faire avancer ces études et de protéger le
stock de la surexploitation et des dommages à son habitat.
La zone de protection de Gully, le plus grand canyon marin dans
la partie ouest de l'Atlantique Nord a été créée sur le bord du
plateau néo-écossais, près de l'île de Sable en Nouvelle-Écosse. Le
Gully est un écosystème très productif et vulnérable où se trouvent
des coraux abyssaux, une grande variété de poissons, des dauphins,
des espèces de baleines et des habitats uniques. Les abysses du
canyon sont un habitat crucial pour la population de baleine à bec
commune du plateau néo-écossais, lequel est protégé par la Loi sur
les espèces en péril. Les règlements du Gully interdisent tout
dérangement, dommage, destruction ou prélèvement d'espèces marines
vivantes ou d'habitat dans la zone de protection marine; toutefois,
ces règlements autorisent un nombre restreint d'activités humaines
.
Renseignements additionnels sur les ZPM établies au Canada
Deux zones de protection marine ont été créées, l'une en
Ontario, l'autre au Québec. À long terme, Parcs Canada s'est donné
pour objectif d'établir des zones de protection marine dans
29 régions s'étendant dans les Grands Lacs et sur les trois océans
qui nous bordent. Plusieurs refuges d'oiseaux migrateurs et
réserves nationales de faune ont aussi été établis dans plusieurs
provinces. Aucune zone de protection marine n'a été établie à ce
jour, mais plusieurs sites possibles sont à l'étude. Des zones
protégées ont été établies au plan provincial. Par exemple, la zone
de gestion faunique de Eastern Shore Islands en Nouvelle-Écosse
comprend 116 kilomètres carrés d'environnement marin et un peu plus
de cinq kilomètres carrés de terres humides côtières. La chasse et
la pêche y sont permises en saison, mais l'accès aux îles est
interdit du 1er avril au 15 août afin de ne pas déranger les
oiseaux en période de reproduction. De l'autre côté du Canada, les
réserves écologiques de la C.-B. couvrent environ 476 kilomètres
carrés d'eaux marines protégées par la loi.
Malheureusement, le fait de réglementer et de créer des zones de
protection marine ne signifie pas toujours une véritable
protection. Le faible pourcentage des zones de protection marine au
Canada diminue encore davantage lorsque l'on tient compte du fait
qu'une grande partie de cette zone est désignée récréative et
permet l'activité humaine. Lorsque les humains sont autorisés à
entrer ou à s'approcher des limites des zones protégées, les
espèces et les environnements marins sont atteints, comme cela a
été observé pour la chasse à la baleine (dont certaines espèces
sont menacées) dans le Sanctuaire des baleines de l'océan Austral.
Même les sanctuaires des baleines au Canada sont confrontés à des
dangers, comme on a pu le constater en août 2007 lors du
déversement de diesel dans la réserve écologique du chenal Robson.
Une meilleure protection des limites des réserves et plus
d'attention à ces écosystèmes fragiles sont nécessaires afin
d'assurer que les zones de protection ne sont pas simplement
établies, mais qu'elles protègent réellement les espèces marines et
les habitats pour lesquels elles ont été créées.
Pour de plus amples informations sur le déversement de diesel
dans la réserve écologique du chenal Robson,
cliquez ici.
Pour de plus amples renseignements au sujet de lois
nationales et provinciales.