Page - 6 juillet, 2009
Le consommateur a un rôle clé dans la survie des océans. Il peut évidemment faire pression sur les supermarchés pour que ceux-ci prennent leurs responsabilités et cessent d’offrir à leurs clients des produits de la mer non durables. Il peut aussi lui-même faire des choix qui auront un impact positif sur les océans.
Comment mieux consommer ?
- D'abord en évitant d'acheter les poissons de la Liste
rouge. C'est un excellent premier geste à poser. Mais cela ne
suffit pas. La Liste rouge se borne malheureusement à énumérer les
espèces les plus importantes d'un point de vue commercial, mais
bien d'autres espèces risquent fort d'être capturées en mer ou
élevées en milieu aquacole selon des méthodes non durables.
- En choisissant des poissons et fruits de mer capturés grâce
à des engins de pêche sélectifs. Lisez l'étiquette ou consultez
votre poissonnier pour savoir si les poissons ont été pêchés à la
main, avec un harpon, une ligne à main ou avec des casiers. Ces
méthodes ont l'avantage de ne capturer que les cibles visées. Cela
évite notamment le risque de prises accessoires, c'est-à-dire de
prise d'espèces qui ne sont pas visées dans le cadre de cette
pêche. Les méthodes de pêche sélective nécessitent aussi souvent
moins de carburant que le chalutage de fond ou la pêche à la senne.
Elles constituent donc de meilleurs choix écologiques.
Quelques exemples de « bons choix » spécifiques au Canada : les
crevettes de Colombie-Britannique pêchées avec des casiers,
l'espadon de la Nouvelle-Écosse pêché au harpon et les mollusques
pêchés à la main.
- En limitant sa consommation de produits de la mer. Nous
prélevons deux fois et demie plus de poissons que la mer peut en
fournir durablement. Il va de soi que globalement, nous devons
réduire notre consommation de poissons afin de diminuer le volume
des prises et permettre aux stocks qui sont au bord de l'épuisement
de se régénérer.
- En achetant des produits locaux. Il est souvent plus
facile d'obtenir des renseignements sur ce qui a été élevé ou pêché
dans votre pays ou votre province. C'est aussi une bonne manière de
diminuer votre empreinte écologique en réduisant les émissions
liées aux transports des aliments. Le transport par fret aérien du
poisson et des fruits de mer engendre deux fois plus d'émissions
que le transport par bateau, généralement utilisé pour le poisson
congelé ou en conserve. Pour réduire davantage son empreinte
carbone, mieux vaut choisir des produits dont les emballages sont
réduits à leur strict minimum.
- En préférant les mollusques d'élevage, comme les moules et
les pétoncles. Ils sont souvent préférables aux mollusques
pêchés ou récoltés dans des milieux sauvages. Si cela est possible,
mieux vaut choisir des mollusques indigènes de la région aquacole,
provenant d'un élevage en suspension plutôt qu'élevé au fond de la
mer.
- En accordant votre préférence à des poissons d'élevage qui
ne sont pas nourris avec des poissons capturés en milieu
sauvage. Vous réduirez ainsi la pression à laquelle les stocks
sauvages sont soumis. Le tilapia est un bon exemple de poisson
d'élevage omnivore dont l'alimentation consiste surtout en
protéines végétales. Il est donc préférable d'acheter du tilapia
élevé en Amérique du Nord plutôt que du tilapia élevé en Asie car
la réglementation y est plus efficace.
- En mangeant des espèces situées au bas de la chaîne
alimentaire. En général, ces espèces (palourdes, huîtres et
sardines par exemple) sont moins menacées parce qu'elles se
reproduisent plus vite, sont plus abondantes et s'alimentent aussi
plus bas dans la chaîne alimentaire.
Vous trouvez que c'est encore très
difficile de faire des choix responsables en matière de produits de
la mer ?
Vous avez raison ! Pour faire de bons
choix, il faut d'abord être bien informé.
Malheureusement, à l'heure actuelle
- Il est encore difficile de savoir si le poisson qu'on achète a
été capturé selon des méthodes durables parce qu'il n'existe pas
de système de certification fiable permettant d'identifier les
produits recommandables;
- Dans beaucoup de pays, dont le Canada, l'étiquetage des
poissons laisse encore beaucoup à désirer, de sorte que le
consommateur est incapable de connaître la provenance des poissons
et les méthodes de capture employées.
Il est donc indispensable d'exiger des pouvoirs publics et des
chaînes de supermarchés plus d'informations sur les produits de la
mer que nous consommons et les conséquences sociales et
environnementales qui en découlent.
Faites pression maintenant sur votre
supermarché