Page - 6 juillet, 2009
Le climat mondial connaît des changements et nos océans ne sont pas en reste. Les océans couvrent 70 pour cent de la surface terrestre. Ainsi, de petits changements dans la température des océans se traduisent par des effets graves et répandus sur le climat et la stabilité des écosystèmes marins.
Carte simplifiée de la « Ceinture océanique » et des grands courants marins. Courtoisie de l’ACIA.
Liens manquants dans la circulation thermohaline
L'eau de nos océans est en mouvement constant, pas seulement en
surface, mais aussi dans les grandes profondeurs, dans un
« transporteur » faisant lentement circuler les courants chauds et
froids autour du globe. Ce processus, connu sous le nom de
circulation thermohaline, est engendré par des écarts de
température et de salinité des masses d'eau. Il redistribue ainsi
la chaleur et les éléments nutritifs pour que la vie prospère dans
les milieux marins. En outre, il contribue à réguler le climat de
la Terre, en transportant la chaleur absorbée à l'équateur vers les
pôles.
Dans l'Arctique, les plateformes de glace et les glaciers
fondent à une vitesse sans précédent, déversant des quantités
phénoménales d'eau fraîche dans l'océan Atlantique Nord. Ce dernier
est un point essentiel de la circulation océanique. Ainsi, l'eau
qui a été poussée au nord par le courant de l'Atlantique Nord y est
refroidie et descend jusqu'à quatre kilomètres dans une gigantesque
chute sous-marine, avant d'entreprendre un long périple vers le
sud, bien au-dessous de la surface de l'océan.
La perturbation de ce processus pourrait entraîner de graves
répercussions sur la santé des écosystèmes marins. L'eau froide des
profondeurs est plus riche en éléments nutritifs que l'eau chaude
en surface, qui est quant à elle plus riche en oxygène. La
circulation océanique cause des remontées d'eau froide riche en
éléments nutritifs pour les animaux de surface comme le plancton,
qui est à la base de la chaîne alimentaire marine. L'absence de ces
remontées pourrait causer la stratification verticale de l'océan,
c'est-à-dire étouffer les couches profondes de celui-ci et priver
les couches supérieures d'éléments nutritifs.
Grâce à la circulation thermohaline, l'océan a été en mesure
d'absorber et d'enfermer une grande partie du CO2 émis
par les humains au cours des deux derniers siècles. Cependant, à la
vitesse à laquelle le CO2 est rejeté dans l'atmosphère,
nos océans ne suffisent plus à la demande, causant le
bouleversement de l'équilibre de leur pH et l'acidification de nos
océans. Par des procédés chimiques, le CO2 est
transformé en acide carbonique lorsqu'il se dissout, ce qui peut
entraîner la corrosion de la structure calcaire des récifs
coralliens existants et empêcher la formation de nouveaux coraux
ainsi que de mollusques et de crustacés.
Répercussion des eaux plus chaudes