Page - 16 juin, 2008
Les répercussions d’une circulation perturbée des courants océaniques sont aggravées par les températures à la hausse des océans. Les océans Pacifique et Atlantique au large des côtes du Canada se sont réchauffés au cours des vingt dernières années. Par endroits, ce réchauffement a atteint 1°C . Au nord du Canada, l’Arctique se réchauffe plus rapidement que partout ailleurs sur Terre.
Grande barrière de corail blanchie par l’effet de la hausse des températures de l’eau résultant du réchauffement du climat.
À mesure que les températures augmentent, les espèces
accoutumées à des températures plus froides sont forcées de se
déplacer vers le nord, tandis que les espèces tropicales pourraient
s'étendre dans nos eaux. Ainsi, les espèces invasives pourraient
rapidement devenir des organismes nuisibles faisant concurrence aux
espèces indigènes pour s'alimenter dans des écosystèmes où elles
n'ont aucun prédateur naturel.
De plus, les températures élevées pourraient facilement
bouleverser l'équilibre d'espèces indigènes. Le saumon du Pacifique
s'est révélé très sensible aux variations de température. Dans les
températures plus chaudes, les populations de saumon remontent vers
les mauvaises rivières pour frayer et sont en piètre condition
physique. De 1951 à 1993, une diminution de 70 pour cent des
espèces faisant partie intégrante de l'écosystème comme le
zooplancton a été observée, à mesure que les températures ont
augmenté .
Dans le nord, la glace hivernale se brise maintenant au moins
trois semaines plus tôt. Près d'un million de kilomètres carrés de
glace de mer a déjà disparu, empêchant les ours polaires de
capturer les phoques et détruisant leur habitat. À mesure que
l'océan Arctique sera plus facilement navigable, l'augmentation de
la circulation et de la pollution pourrait endommager davantage
l'écosystème.
Les glaces qui fondent et les températures à la hausse
pourraient causer l'élévation du niveau de la mer, bien que l'on ne
sache pas exactement de combien. Toutefois, une élévation d'un seul
mètre pourrait submerger les régions côtières basses et accroître
la sédimentation, les inondations et les glissements de terrain
dans les écosystèmes côtiers fragiles, où de nombreuses espèces
marines se rendent pour frayer ou s'alimenter.
À l'échelle mondiale, l'une des répercussions les plus
importantes du réchauffement océanique est le blanchissement
corallien. Les coraux sont très sensibles à la température.
Lorsqu'ils sont exposés à des températures au-delà de leur zone de
confort thermique, les coraux expulsent les algues qui leur donnent
leur couleur et les nourrissent. Des périodes prolongées de
blanchissement peuvent causer la mort de colonies de coraux
entières, entraînant des conséquences dévastatrices pour les
plantes et les animaux qui en dépendent.
En 1997 et 1998, pendant une période plus chaude, a eu lieu le
phénomène de blanchissement corallien le plus répandu à ce jour. En
effet, 16 pour cent des récifs de corail mondiaux auraient subi de
graves dommages . Plus récemment, en 2002, 60 à 95 pour cent de la
Grande Barrière en Australie était touchée par le blanchissement
corallien . On s'attend à ce que les graves épisodes de
blanchissement se multiplient à mesure que les températures
océaniques augmenteront, causant la perte d'une grande partie de
ces fascinants univers sous-marins.